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Les mots de la semaine : Comment être prudent ?
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Edito : De l’utilité des désastres
Les incendies de forêt sont bons pour la biodiversité. Ils permettent une meilleure régénération du milieu, à condition toutefois de ne pas se répéter trop souvent. On apprend également que le président de la Russie a suspendu un projet d’autoroute qui menace une forêt. Est-ce la conséquence des incendies de cet été, qui ont mis en évidence la mauvaise gestion des forêts russes ? Un début de sagesse, mais le prix payé a été bien lourd. (30 août 2010)
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Bienvenue sur Le site du DD, où vous trouverez avec 400 mots (complétés et mis à jour régulièrement) autant de portes d’entrées dans l’univers du développement durable. Ils sont accessibles en cliquant, dans la barre des titres, sur "Tous les mots". Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce site pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue. Vous y trouverez aussi des billets d’actualité, des liens vers des partenaires, une présentation des livres, des rapports et des articles que j’ai publiés sur le développement durable, avec notamment les dernières chroniques parues sur des blogs partenaires, et toutes les indications utiles sur ma société Dominique Bidou Développement durable, DBDD.
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Dominique Bidou |
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Écrit par Dominique Bidou
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Lundi, 30 Août 2010 17:54 |
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Le principe de preécautoin alimente les polémiques. Sa grande soeur, la Prévention, est plus discrète. Elle n'en est pas moins un des piliers du développement durable.
L’usage abusif du principe de Précaution, ou plutôt son évocation trop légère, crée une polémique déjà évoquée sur ce site, fille d’une réelle confusion. Le Débat est moins vif sur le principe de prévention. Il s’agit là de réduire des Risques avérés, dont on connaît les causes avec certitude. Là est la différence principale avec le principe de précaution, pour lequel on ne dispose pas de preuves ni de connaissances partagées, mais de présomptions fortes portant sur les risques graves et irréversibles. Dans le cas de la prévention, il ne s’agit aussi que de risques, affectés d’une probabilité d’occurrence, et non d’une certitude de châtiment en cas de mauvaise conduite. Une zone inondable n’est pas inondée systématiquement, une zone sismique ne sera pas forcément sujette à tremblement de terre au cours des prochaines années. La mémoire étant courte, et les besoins pressants, il arrive que l’on accepte des risques inconsidérés, en contradiction avec le principe de prévention. Surtout si ceux qui seront amenés à payer les dégâts, en cas de malheur, ne sont pas les mêmes que ceux qui profitent des décisions. Il reste à savoir si le Prix de la prudence est proportionné aux risques, et si la réponse apportée doit être abrupte, obligation ou interdiction pures et simples ou bien si des gradations sont envisageables, ou la recherche de solutions sur mesure, adaptées à chaque circonstance. La loi Robien sur les Ascenseurs, votée au lendemain d’accidents dramatiques, est aujourd’hui l’objet de bien des critiques. Elle grèverait lourdement les capacités de modernisation de l’habitat collectif. Dans d’autres contextes, un dispositif d’alerte semble suffisant, si la nature du danger permet d’anticiper au moment où il se manifeste, et si le prix à payer reste modique par rapport aux avantages attendus. Des crues lentes, par exemple, donnent le temps d’évacuer la population et de protéger les biens matériels les plus précieux. Faut-il encore s’y être préparé, que l’alerte parvienne aux intéressés dans les délais voulus, que chacun sache ce qu’il a à faire, que les lieux de repli soient accessibles, etc. Les crues soudaines et violentes, de type cévenol, ne peuvent être traitées de la même manière, et exigent une mise à l’abri permanente du risque. Le débat a été remis à l’ordre du jour en France à la suite des inondations en Vendée et Charente maritime provoquées par la tempête Xynthia en février 2010. Il est reposé régulièrement quand une catastrophe se produit, comme un incendie meurtrier dans un tunnel ou le débordement dévastateur d’un torrent. Les mesures de prévention ont-elles bien été respectées, sont-elles suffisantes, etc. Dans un entretien récent publié par le journal Le Monde(1), le directeur de la stratégie internationale pour la réduction des catastrophes se montre très sévère à l’encontre des politiques menées dans beaucoup de pays. « L’aménagement du territoire et la politique de construction portent une responsabilité essentielle dans la fabrication des catastrophes. Elles ne sont pas naturelles. C’est l’action de l’homme qui transforme l’alea naturel en désastre ». Salvano Briceno illustre ce constat de nombreux exemples, au Pakistan, à Haïti, en Russie et en Chine, cette dernière étant « bien meilleure pour gérer les catastrophes que pour gérer les risques ». Il y a parfois un réel manque de moyens pour la prévention, mais c’est souvent la volonté qui fait défaut. Le « court termisme » est à l’origine de bien des arbitrages imprudents, ainsi que le besoin d’action. Dans une économie où seul le volume d’activité est comptabilisé, mieux vaut construire un village et le protéger par un barrage que dédier les terres à risque à des activités non ou peu sensibles à la crue. La prévention est victime d’une sorte d’activisme, et peine à trouver sa place, notamment dans les sociétés émergentes, avides de croissance et désireuses de progresser dans l’échelle des nations. Les points de croissance sont plus faciles à obtenir en négligeant les risques, en espérant que ceux-ci ne se manifesteront pas, ou le plus tard possible. Les incendies de l’été en Russie ont peut-être favorisé une prise de conscience du risque, souvent minimisé dit-on par les autorités. La mauvaise exploitation des forêts a été mise en évidence. Peut-être est-ce la raison de la suspension du projet d’autoroute qui devait traverser une forêt protégée aux alentours de Moscou. La prévention se ferait-elle une santé sur les fumées qui ont envahit Moscou ? Le réchauffement climatique hausse le niveau de risque. Les engagements de Copenhague prévoient une aide importante (même si elle semble encore insuffisante) pour l’adaptation aux effets du réchauffement climatique. Les pays les plus riches vont ainsi aider les plus pauvres à s’organiser, ce qui n’a rien d’impossible si on en croit les lauriers attribués par Salvano Briceno au Bengladesh qui a « fait des choses incroyables pour diminuer la mortalité lors des cyclones ». La prévention doit être intégrée aux projets et aux équipements. Ce n’est pas une couche supplémentaire, exogène mais une dimension de chaque opération. Comme le développement durable.
1 - Daté du 28 août 2010
Chronique mise en ligne le 30 août 2010
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Mise à jour le Lundi, 30 Août 2010 18:04 |
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Écrit par Dominique Bidou
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Lundi, 23 Août 2010 19:08 |
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On ne parle plus de « plan », le mot semble avoir été banni. Chassez le naturel, il revient au galop ! Le concept perdure sous de nouvelles formes.
Nous ne sommes plus aux grandes heures de la planification soviétique, avec ses célèbres plans quinquennaux. Nous les avons remplacés par des engagements, des grandes messes suivies de déclarations solennelles, ou encore des directives européennes. Des perspectives ambitieuses sont annoncées, et l’environnement n’échappe pas à la règle : réduction drastique de telle émission de gaz nocif, ou augmentation spectaculaire de telle performance. Le Grenelle de l’environnement illustre bien cette méthode de travail, qui n’a rien à envier aux bons vieux plans, la fameuse « ardente obligation » selon De Gaulle. Y compris un certain scepticisme : Il est courant de s’interroger sur les chances de parvenir aux ambitions affichées en matière d’environnement. L’on oublie souvent que les objectifs sont moins importants que l’organisation et la motivation nécessaires pour les obtenir. C’est la dynamique qui compte, et celle-ci peut entraîner les acteurs bien au-delà des résultats annoncés. 20% d’énergies renouvelables (ou même plus), est-ce bien raisonnable ? Il va falloir booster les courbes actuelles de progression, et le simple prolongement des tendances passées ne permet d’assurer un tel résultat. Mais le fait de l’afficher conduit à s’interroger sur les facteurs de progrès et les facteurs limitant, d’élaborer des stratégies, de fixer un cadre pour que chacun des acteurs s’accorde avec les autres. Planifier consiste à faire ces inventaires et voir la manière de conjuguer les interventions de différents partenaires, chacun dans leur rôle : l’Etat sous ses différentes formes, les professionnels du secteur concerné sur toute la chaine, du fournisseur de matières première au distributeur et au service après-vente, les institutions financières, banques et assurances, etc. La question, fréquemment posée, des chances d’atteindre les objectifs n’a pas de sens en soi. Qu’importe de les atteindre avec un an de retard si la dynamique est enclenchée, si les acteurs ont pris conscience que leur intérêt est dans cette direction, si des habitudes de coopération sont prises. La directive européenne des « trois vingt », 20% de baisse de la consommation d’énergie, 20% d’économies d’énergie, 20% d’énergies renouvelables, est avant tout un cadre pour organiser un progrès collectif. C’est ça un plan moderne, et non pas la fixation autoritaire d’objectifs arbitraires. Il peut être tentant de charger la barque, de pousser les curseurs, et de renforcer l’ambition affichée. Pourquoi pas, si les décideurs sentent que les premiers objectifs sont à portée de main, et qu’il faut aller plus loin, mais attention à bien entraîner l’ensemble des acteurs, et à ne pas en décourager. Une autre formule consiste à se donner des rendez-vous réguliers, qui pourront rehausser le niveau des exigences en fonction des premiers résultats et des perspectives qui se dégagent. Il est bon de pousser au dépassement de soi, mais pas à l’exclusion des moins bien préparés à l’effort. Le Grenelle de l’environnement dans le bâtiment, avec la règlementation thermique qui la traduit, est apparu à beaucoup comme une aimable utopie. Un saut qualitatif impossible à réaliser en quelques années, avec les techniques, les professionnels, et les produits dont nous disposons. Il serait prématuré d’affirmer que les performances attendues seront intégralement obtenues, mais chacun s’accorde sur le « coup de fouet » que ces décisions ont eues sur les métiers du bâtiment. La « gouvernance à 5 » a eu ses effets, à la mesure de l’investissement politique lié au Grenelle. Les commissions du Plan, où toutes les parties étaient représentées, répondaient aux mêmes principes, et ont été fructueuses, mais elles ont perdues leur crédit, et ne pouvaient plus produire les mêmes effets. Il fallait renouveler le genre, mais il s’agit bien du même produit, avec un emballage rénové. Ces chiffres qui figurent dans les « plans » ne sortent pas d’un chapeau. Ils correspondent à des exigences macro économiques, ou des contraintes physiques comme la maîtrise du réchauffement climatique. Il faudra bien s’y conformer d’une manière ou d’une autre, même si les signaux qui guident les acteurs économiques sont d’ordre micro et non macro économiques. Le plan donnera une vision claire des écarts entre ces deux points de vue, et proposera des moyens de les accorder si nécessaire. Le marché donne les indications pour les transactions, mais il est myope, dit-on. Il ne voit ni loin ni large. Le plan apportera aux intervenants les signaux complémentaires pour intégrer la durée et les nécessaires solidarités. Le développement durable a besoin de plans. Non pas d’oukases brutaux, mais de réflexions partagées sur la manière de relever, tous ensemble, les défis que le monde moderne nous propose, le réchauffement climatique comme la lutte contre l’extrême pauvreté, la richesse biologique des océans comme le vieillissement de la population mondiale. Ce sont des combinaisons de volontés et de savoir faire qui fonctionnent, beaucoup plus que des décisions individuelles, quel que soit le talent de chacun. Un bon plan met ces talents en scène, pour les mettre en résonnance et à les amplifier.
Chronique mise en ligne le 23 août 2010
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