Le DD par les mots

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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Jeudi 28 mai 2009

Venus du Nord, les éco quartiers envahissent nos villes. C’est certainement une bonne chose, mais on ne sait pas trop ce que ça veut dire, tant les définitions sont multiples. Il y a eu les Ecopolis du rapport Attali,  et les éco quartiers du Grenelle. L’Etat, la Caisse des dépôts, les Régions, les grandes organisations d’élus et d’aménageurs, différents clubs et groupes de réflexion, le monde universitaire,  chacun y va de sa définition, voire de sa contestation.

Il est vrai que le terme est maladroit, mais comment résumer tant d’exigences en une seule expression ?

Le quartier[1]. Un nouveau quartier n’a pas de sens en soi. Ce n’est qu’un morceau d’une ville, d’une agglomération, au sens bassin de vie plutôt qu’administratif. C’est à cette échelle que le quartier doit manifester ses vertus écologiques. Il y a bien des manières de le faire, mais il faut le vouloir, et non se regarder le nombril en cherchant un optimum au sein d’un périmètre étroit. C’est le « programme » d’un nouveau quartier qui répond à cette exigence. Comment le nouveau venu va-t-il compléter la ville existante, à quels besoins particuliers doit-il répondre pour améliorer les conditions de vie de ceux qui sont déjà sur place ? Un éco quartier n’est pas un être à part, il s’inscrit dans un tissu, avec ses caractéristiques, ses projets, sa population. Il offre aussi l’occasion de faire bouger le reste de la ville : nouvelles techniques, nouveaux services, vitrines d’un possible auquel l’ancienne ville n’aurait pas pensé, ou dont elle n’aurait pas osé rêver. Intervention sur un quartier, mais influence sur toute une ville, le mot quartier ne doit pas restreindre le champ de la pensée.

Eco, pour écologique. Nous voilà avec une belle panoplie de techniques écologiques. Pour les maisons, d’abord, à basse consommation d’énergie, en attendant celles qui produiront plus d’énergie qu’elles n’en consommeront. N’oublions pas les autres qualités d’une maison, la qualité des ambiances et les garanties pour la santé[2]. Quittons les maisons. Les rues, les espaces publics, les infrastructures sont sollicitées. Pour des réseaux de toutes sortes, chaleur et froid, eau et assainissement, déchets, télécommunications, transports. Les formes urbaines, l’organisation de l’espace, les hauteurs d’immeubles, constituent une autre famille d’enjeux forts : en dépendent largement la diversité biologique, qui a toute sa place en ville, le besoin et les types de transports, le micro climat local et la dispersion de la pollution atmosphérique que nous n’aurons pas su éviter, la concentration des eaux de pluie, et leur stockage éventuel, pour parler d’éléments techniques, auxquels il faudrait ajouter le paysage et les ambiances vécues, l’accès aux services publics et aux commerces, et bien d’autres choses encore.

Les techniques de l’écologie et de l’énergie sont en progrès rapide, et il serait bien dommage que les éco quartiers n’en soit pas la vitrine et le lieu idéal de mise en œuvre. Mais ne nous laissons pas aveugler par la technique. Ce qui doit être écologique, ce n’est pas le quartier ni même la ville, mais le mode de vie de leurs habitants. La technique n’en est que le support matériel. C’est très important, et il ne faut pas se tromper, car ce support est là pour longtemps. Il engage l’avenir, mais ce n’est pas la finalité du projet. On a parfois l’impression que les éco quartiers sont des assemblages de procédés et de matériaux performants. Il faut aller au-delà, c’est la vie des gens, et leur capacité à créer des valeurs économiques et sociales, qui est l’objectif véritable. On ne construit pas une maison pour faire des économies d’énergie, mais pour offrir à ses futurs habitants un cadre de vie agréable, sain, propice à une vie sociale créative. L’économie d’énergie n’est qu’une contrainte, une obligation externe, qu’il faut bien sûr respecter, et le mieux possible.

Certains éco quartiers semblent parfois taillés sur mesure pour des habitants très motivés, des écolos ou équivalents. Il n’est pas surprenant, en période d’innovation, de constitution du concept, qu’une population particulière s’y trouve très impliquée. Ce serait grave si cette situation perdurait. Les éco quartiers sont pour tout le monde. Bien sûr, on ne vit pas dans un éco quartier exactement comme dans un quartier traditionnel, mais ce n’est pas un préalable. Ce n’est que la conséquence d’une bonne conception des aménagements et des services, d’une organisation sociale adaptée, d’une qualité des relations sociales. L’éco attitude doit venir naturellement, et elle prendra des formes bien différentes selon les cultures et les origines des habitants de ces nouveaux quartiers, avant de déteindre sur les environs. C’est une dynamique[3] qui est lancée, il serait bien présomptueux d’en décrire l’aboutissement. N’enfermons pas les habitants dans un modèle étroit : le développement durable doit ouvrir le champ des possibles.

Les éco quartiers témoignent d’une grande ambition. Les villes traditionnelles se sont construites avec le temps, un luxe dont nous privent aujourd’hui  le nombre de mal logés et l’exigence de la lutte contre l’effet de serre. Il faut toutefois accepter que le temps joue son rôle. Nous commençons à maîtriser quelques instruments, mais le plus souvent nous les juxtaposons, au lieu de les conjuguer. Nous sommes en période d’apprentissage [4]collectif, traduit part le désordre apparent sur l’appellation même d’éco quartier, parfois dénommés quartier durable. Le nombre d’apprentis et d’écoles d’apprentissage est plutôt encourageant, pourvu que chacun admette ses limites, qu’ils se parlent, croisent leurs expériences, et s’insèrent dans un processus d’appropriation par tous de ces avoir faire en devenir.


Prochaine chronique : Terrasse 

  Cet article a été publié part ailleurs sur le site http://energie.lexpansion.com/



[1] Quartier, chronique du 19/07/2007

[2] Santé (11/03/2006 et n°66 dans Coup de shampoing sur le développement durable, www.ibispress.com )

[3] Dynamique (21/07/2006 et n°22 dans Coup de shampoing)

[4] On pourra se reporter au mot Apprenti (18/06/2007)

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 25 mai 2009

L’organisation sociale en pyramide n’est-elle pas totalement dépassée ? La pyramide a donné des formes architecturales de toute beauté, elle est bien utile pour les démographes et tous ceux qui veulent, d’un coup d’œil, découvrir la structure d’un groupe, mais comme principe d’organisation, elle semble bien archaïque.

Nous sommes à l’heure de l’informatique, de la circulation de l’information, des réseaux[1]. Et par suite de l’initiative décentralisée, qui allie à la fois la créativité personnelle et l’ouverture sur le monde. Appartenir à une communauté sans être inféodé à un système hiérarchisé, voilà la clé de l’innovation au XXIe siècle. XXL est dépassé[2].

C’est une chance pour la France. Fini l’époque d’une domination par le nombre, comme au temps de la révolution de 1789 où la population de la France lui permettait de dominer l’Europe, ou par la technique et l’organisation, qui a permis à l’Europe occidentale de coloniser une bonne partie du monde. Nous ne pesons qu’à peine 1% de la population mondiale, et notre technologie n’a plus le même rayonnement qu’aux siècles de Pasteur, Lesseps et d’Eiffel, pour ne prendre que quelques exemples. Si le génie français est proportionnel à la taille de la communauté France, il est bien compromis. Il nous reste un héritage que l’on fera prospérer vaille que vaille, comme un siège au conseil de sécurité des Nations Unies, des villes historiques et des paysages[3] qui font de notre pays une destination touristique de première importance. Pour combien de temps encore ? Il nous faut donc innover, jouer la carte de la qualité, de la fluidité et de la créativité, et non celle des grandes machines ou des dinosaures.

La logique XXL ne nous est pas favorable, à moins que l’on ne soit un adepte du pour vivre heureux, vivons cachés, car nous serons effectivement de moins en moins visibles à l’aune volumétrique. C’est pourtant cette logique qui semble privilégiée aujourd’hui. Sans doute faute d’une meilleure idée, peut-on craindre. XXL, avec les économies d’échelles qui doivent aller avec, tel est le principe qui semble gouverner la réforme de notre administration, comme celle de nos territoires. Toujours plus grand, avec des structures en pyramides ramenant les décisions à leur sommet, où siège le chef. L’émiettement, les découpages historiques, constituent effectivement des obstacles à l’innovation. Rompre les cloisonnements, faire éclater les isolats, bien sûr. Pour construire de grandes citadelles, réputées mieux armées, rien n’est moins sûr. Cela ressemble à un modèle qui aurait pu être le nôtre au XXe siècle, mais surement pas à un idéal pour le XXIe. Il n’y a pas que la taille pour ouvrir le jeu, pour démultiplier les échanges, pour croiser les cultures et les expériences. La société que certains appellent « de la connaissance », fonctionne sur d’autres principes.

La multiplicité des centres de décision peut être un obstacle à la bonne gestion de domaines ou de territoires, à la diffusion du progrès. Mais elles témoignent d’engagements de nombreuses personnes, très proches des territoires, et il serait bien dommage de s’en priver. Faut-il des pyramides, avec un pouvoir centralisé, ou bien une organisation plus horizontale, avec une circulation de l’information et des procédures adaptées de prise de décision ? La question doit être débattue en se reportant aux modes de communication de demain, et non ceux d’hier. La pyramide n’est pas forcément la bonne solution pour bénéficier du maximum d’engagement et de créativité, tout en assurant une cohérence d’ensemble et une résonnance, au sens physique du terme, entre les forces présentes sur un territoire ou dans une collectivité d’intérêt.

 

La répartition des compétences entre Paris, sa région et les départements qui la composent, les communes limitrophes, les syndicats spécialisés (eau, déchets, énergie, transports), et l’Etat sous toutes ses formes, présente assurément une difficulté majeure à surmonter pour assurer une bonne dynamique de notre capitale. La concurrence internationale est rude, Paris et l’Ile-de-France perdent des points. Faut-il pour autant un Grand Paris, toujours XXL, ou une région communicante, de la connaissance et du dialogue. Un bassin de vie où l’on se parle, où la résolution des problèmes communs prenne le dessus face aux conflits politiciens et à l’affirmation d’égos, ou des structures de dialogue et de résolution de conflits soient mises en place. Faut-il un grand projet, ou une multitude d’innovations portées par une multitude d’acteurs reliés entre eux ? François-Hélène Jourda en appelle à l’urgence du doute[4], et préconise de ne jamais penser définitif. Les défis du développement durable ne trouveront pas de réponse imposée, mais d’une adhésion de tous à de nouveaux modèles de développement. De grandes perspectives aident à se figurer l’avenir, et permettent de réagir. L’initiative du Grand Paris est formidable à ce titre. Mais elle ne fait qu’ouvrir le débat, elle ne le clôt pas.


prochaine chronique : Villes

[1] Réseau, chronique du 26/05/2008

[2] On pourra se reporter sur ce point aux chroniques Masse (21/02/2008) Petit (25/12/2006 et n°52 dans Coup de shampoing sur le développement durable, www.ibispress.com )

[3] Paysage (16/04/2007)

[4] L’urgence du doute, de Françoise-Hélène Jourda, dans les Cahiers de l’observatoire de la ville, n° 3, décembre 2008, Peut-on faire du développement durable un levier d’attractivité pour la région capitale ?

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
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Jeudi 21 mai 2009

Les taxes[1] ont mauvaise presse. C’est bien normal, nous avons souvent l’impression d’être des vaches à lait, des cochons de payeurs, pour rester dans l’allégorie agricole. L’Etat impécunieux fait flèche de tout bois, et l’environnement arrive à point pour justifier de nouveaux prélèvements. La fiscalité écologique ne serait qu’un nouvel avatar de la recherche effrénée d’argent pour alimenter le puits sans fond des dépenses publiques.

Cette présentation entraînerait le refus par principe de toute nouvelle taxe proposée au titre de l’environnement. Cette position ne serait pas durable. Ne rien faire consiste dans les faits à adopter et renforcer une forme de taxe discrète mais perverse. Les personnes victimes des nuisances en payent elles-mêmes les conséquences. C’est le régime du pollué payeur, de la double peine. Le bruit du aux transports coûte environ un demi point de PIB chaque année. Payé par qui ? Par les riverains des routes, des voies ferrées, des aéroports. Payé en dépression et problèmes de santé, en dépréciation des biens, en dégradation des relations sociales, en retards scolaires, etc. Créer une taxe n’est pas créer une nouvelle charge. Elle est déjà payée, de manière diffuse, sans bruit si l’on ose dire. Créer une taxe ne fait que révéler  la charge, et c’est la faire payer par ceux qui la provoquent et non par ceux qui en sont victimes. Il est normal que ce transfert provoque quelques remous, mais il n’en reste pas moins légitime. Il permet en outre de disposer de l’argent nécessaire pour attaquer le problème au fond, ou plutôt à la source, et de le réduire progressivement, au lieu de le laisser prospérer. Car tant que ce sont les pollués qui payent et non les pollueurs, pourquoi ces derniers feraient-ils des efforts ?

La fiscalité écologique consiste en général à taxer des comportements défavorables, pour trouver l’argent nécessaire pour faire des travaux  préventifs, ou bien remettre en état ce qui a été dégradé. On appelle cette formule pollueur – payeur, pratiquée en France depuis la loi sur l’eau de 1964, érigée en principe du développement durable, à Rio en 1992, et en 2005 dans notre constitution, avec la Charte de l’environnement. Pourquoi, en effet, une personne respectueuse de l’environnement devrait-elle payer pour celui qui s’en fiche ?

Au-delà du principe, sur lequel un consensus peut aisément être trouvé, il reste la manière de faire. Commet évaluer le préjudice et répartir la charge, dans un environnement fiscal touffus, dont le citoyen a du mal à décrypter le sens profond.

Pour éviter de créer des prélèvements supplémentaires, l’idée a germé du bonus-malus. L’argent payé par les uns doit compenser les efforts consentis par les autres, l’Etat assurant le prélèvement d’un côté, la redistribution de l’autre, avec les ajustements nécessaires. Le tout devant s’équilibrer, de manière à ne provoquer en moyenne aucun prélèvement supplémentaire. Certains reprochent des effets pervers à ces dispositifs.  Le pollueur devenu le payeur, n’achète-t-il pas le droit de polluer ? Le riche pourrait ainsi dégrader l’environnement sans vergogne, le pauvre étant proportionnellement beaucoup plus taxé, eu égard à son pouvoir d’achat.

Tout est dans la manière de procéder. Comment traire habilement cette fameuse vache à lait ? Les systèmes marteau pilon, ou rouleau compresseur, ont le mérite de la simplicité, mais leur large spectre peut provoquer des dégâts collatéraux. Il vaut mieux du sur mesure, si on en a les moyens. Et d’abord, que faut-il taxer ? La possession d’une voiture, par exemple, ou son utilisation ? Les deux, la première avec la TVA[2] et de nombreux frais fixes, comme les assurances elles-mêmes taxées, la seconde avec la TIPP et les consommations courantes, entretien, huile, etc. Contrairement au fisc, les assureurs sont en concurrence, et doivent trouver des formules vendeuses. Ils offrent des produits à la carte, pour ajuster le prix au risque réel. L’électronique moderne permet de proportionner le tarif au nombre de kilomètres effectivement parcourus.  C’est le contrat pay as you drive. Une voiture qui ne roule pas occupe de l’espace, mais elle ne fait pas de bruit, ne pollue pas l’air, n’use pas les routes, ne provoque pas d’accident. Faut-il la taxer autant que sa sœur jumelle qui roule des milliers de kilomètres[3] chaque mois ?

La location[4] pourrait être favorisée. Non qu’une voiture louée pollue moins qu’une en pleine propriété, mais la location favorise un usage plus adapté de la voiture. La location d’un bien, au coup par coup, est une décision à prendre à chaque fois, ce qui permet d’ajuster le tir en fonction des circonstances. Je suis seul, sans paquets, dans une ville bien desservie par les transports en commun, pourquoi louer une voiture, qui coûte très cher ? Alors que si j’ai ma voiture qui m’attend, avec mes petites affaires, ma radio, mes habitudes, la tentation est forte de toujours la prendre. S’il faut un signal prix pour favoriser la location de la voiture plutôt que son achat, la souplesse de l’usage plutôt que la rigidité de la possession, la TVA pourrait-elle être modulée ?

A l’inverse, on pourrait se dire qu’une grosse cylindrée est un luxe. C’est une affaire de statut social, un bijou que l’on s’offre. Le nombre de kilomètres parcourus n’a pas d’intérêt pour établir la base d’imposition. Une TVA luxe[5] pour les grosses bagnoles, à moins de pouvoir justifier son usage. Le médecin de campagne peut garder une TVA ordinaire pour sa 4x4, alors qu’il n’y a pas de raison de ne pas surtaxer la même 4x4 achetée par un couple parisien.

Il  y a donc bien des manières de procéder, de fonder une fiscalité écologique. Il faut de l’imagination, et de la curiosité pour voir comment nos amis étrangers ont procédé. L’empirisme, l’observation des effets des choix retenus, les orientations générales d’une politique, doivent guider les décideurs vers la meilleure formule. Les effets pervers des dispositifs brutaux sont à éviter, tout comme la lourdeur d’usines à gaz dont personne ne comprend le fonctionnement. Le développement durable secrète progressivement une nouvelle économie, et la fiscalité en est un des piliers. Traire les vaches à lait est un art.

Nota : Cette chronique est en partie reprise d’un débat sur le bonus-malus, publié sur le site  http://energie.lexpansion.com/articles/prospective/2009/05/Le-fond-du-debat-bonus-malus--taxer-ou-pas-/ 

prochaine chronique : Pyramide 

 



[1] Taxe, chronique du 20/11/2006 et n°72 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com )

[2] TVA (10/07/2008)

[3] Kilomètres (23/03/2006 et n°36 dans Coup de shampoing)

[4] Location (07/03/2006 et n°37 dans Coup de shampoing)

[5] Luxe (27/12/2007)

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 18 mai 2009

Les ruches envahissent Paris. Après le traditionnel jardin du Luxembourg et son école d’apiculture, on a vu le Conseil régional d’Ile-de-France, et plus récemment le Grand Palais, l’Opéra, et  bien d’autres installations plus modestes mais tout aussi bourdonnantes. La banlieue n’est pas en reste. Les apiculteurs deviennent la coqueluche des grandes agglomérations.

La raison en serait la pollution. Non pas celle des villes, mais celle des campagnes. Peut-être parce que de nombreux services municipaux des parcs et jardins, à Paris et dans de grandes villes, réduisent leur consommation de produits phytosanitaires, l’air urbain est plus respirable par les abeilles que l’air des champs. On nous affirme que le miel de nos ruches citadines est exempt de toute pollution urbaine. Bonne nouvelle, qui ne compense guère la mauvaise, à savoir que les abeilles ne sont plus persona grata à la campagne.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel phénomène se produit. Telle petite ville de Bretagne a conservé ses haies dans son espace bâti, la partie cultivée les ayant perdues à l’occasion d’un remembrement trop brutal. Résultat : les oiseaux sont plus dans la ville que dans les champs, et les citadins sont heureux d’entendre leurs gazouillis au printemps dès 5 heures du matin. La nature en ville, quel bonheur !

 

Les paradoxes de ce type sont nombreux. Les zones les plus artificielles deviennent des conservatoires de biodiversité. Une illustration intéressante de ce retournement de situation est donnée par les parcs zoologiques. Au début, on est dans le spectacle. Des animaux sauvages, voire féroces, sont donnés à voir, pour procurer des émotions et éveiller votre curiosité. Nous sommes dans l’exotisme, la découverte de ce monde qu’il nous est donné de conquérir, de domestiquer. Le prix à payer est lourd. Pour la nature, bien sûr. Des aventuriers se lancent dans ce business, braconnent à volonté, tuent les mères pour récupérer des petits. Ce sont les grandes chasses qui ont nourri le cinéma à une certaine époque. L’épopée des grands explorateurs et l’aventure coloniale sont implicitement présents dans ces zoos dont l’objectif premier était de montrer le maximum de bêtes sauvages dans le minimum d’espace. Les conditions[1] de vie des animaux étaient souvent déplorables. Elles interdisaient dans les faits leur reproduction, et provoquaient une forte mortalité. Il fallait donc prélever dans la nature, encore et encore, pour satisfaire la curiosité[2] et l’envie de frisson des populations de nos contrées. Le volet scientifique, naturaliste, était bien secondaire, surtout dans les nombreux établissements privés, plus proches du cirque et du parc d’attraction que de l’observation des mœurs animales.

 

Les choses ont bien changé. Des conventions internationales régissent la manière de prélever des animaux sauvages dans la nature ; la loi, en France et dans de nombreux pays, impose des garanties sur le traitement des animaux en captivité, de manière à leur laisser l’espace nécessaire pour une vie en bonne santé et pouvoir se reproduire. Et il se passe un autre phénomène, du type abeilles en ville. Ces zoos sont devenus des conservatoires de la biodiversité. Ils détiennent et protègent les derniers spécimens d’espèces en danger, parfois même en voie de disparition. C’est le triste constat de l’appauvrissement de certains milieux, ou de leur évolution en peau de chagrin, comme des forêts primaires durement touchées par le défrichement.

Une partie du patrimoine génétique, animal ou végétal, qui y prospérait, a été quasiment éliminé, et ne subsiste aujourd’hui que dans des parcs, bien loin de leur milieu d’origine. Ces parcs sont devenus les dépositaires de ce patrimoine, de ce qu’il en reste. Ils ont créé des réseaux d’échange, de manière à préserver la diversité génétique, en croisant tel mâle vivant à Los Angeles avec telle femelle de Saint Petersburg. Le petit nombre d’animaux restants oblige à une gestion très fine de ces unions, pour éviter toute dégénérescence.

Des abeilles qui se plaisent mieux en ville que dans les champs, des haies urbaines comme buttes témoins des haies des champs, des parcs d’attraction plutôt malsains devenus des hauts lieux de la biodiversité, voilà bien des curiosités. Nous pourrions nous réjouir, si elles marquaient des avancées. Hélas, elles ne sont souvent que le reflet de dégradations à grande échelle, à peine compensées par ces quelques réactions. Espérons juste que celle-ci, malgré leur caractère dérisoire par rapport aux reculs observés, joueront un rôle régénérateur d’une nouvelle perception de la nature et de ses apports, et fondateur d’une nouvelle culture, du développement durable, évidement !


prochaine chronique : Vache à lait

[1] Condition, chronique du 30/07/2007

[2] Curiosité (27/04/2009)

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Développement Durable
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Jeudi 14 mai 2009

Dès 1964, la conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) le dit clairement : Le commerce, pas la charité. Le mouvement de que l’on appelle aujourd’hui le commerce équitable est né dans des milieux chrétiens militants, aux Etats Unis de l’après guerre. C’est une approche morale[1], qui évolue ensuite au fil des années pour s’affirmer équitable. Ce ne sont pas des bonnes œuvres, mais le respect de la déclaration universelle des droits de l’Homme (article 23) : Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante, lui assurant ainsi qu’à sa famille, une existence conforme à la dignité humaine. Cette belle affirmation ne va pas de soi. Les règles traditionnelles des échanges, à toutes les échelles, font la part belle aux acteurs dominants. Allez en parler aux jeunes agriculteurs français, en négociation permanente avec les grands groupes alimentaires et les grandes surfaces. Sans parler des subventions aux agriculteurs du Nord, qui leur permettent d’envahir le Sud et de marginaliser l’agriculture[2] locale. Le résultat est le creusement du fossé qui sépare les riches et les pauvres : Les 2% les plus riches de la population adulte du monde possèdent aujourd’hui plus de la moitié de la richesse des ménages du monde alors que les 50% les plus pauvres n’en possèdent qu’à peine 1%[3].

De grands économistes, tel le prix Nobel Joseph Stiglitz, mettent la communauté internationale en garde contre cette situation qui semble s’accentuer, et produit sporadiquement des émeutes de la faim. On peut se demander si le maintien et l’exploitation de telles inégalités n’est pas en soi source de gigantesques problèmes. Des tensions sociales qui provoquent la création de murs[4] de toutes sortes, pour protéger les riches du déferlement des pauvres, le gâchis des nombreuses ressources –naturelles et humaines - laissées en friches pour cause de non rentabilité, la dégradation de l’environnement qui résulte de la concentration de la production. Tout ça n’est pas très durable, toute affaire de morale mise à part.

Les promoteurs du commerce équitable ne font pas non plus de morale. Ils feraient plutôt de la politique, au sens plein du terme. Leur tête d’affiche, Max Havelaar, est un aventurier, genre Robin des Bois. Il se bat au XIXe siècle contre un système oppressant, dont les producteurs indonésiens de café étaient les victimes. Un héros de roman, un héros populaire qui marche bien, à voir la progression du chiffre d’affaire des produits équitables, +30% en France en 2007, + 70% en Grande Bretagne. Ces chiffres ne peuvent être obtenus que parce que l’on part de bien bas, 3,2 euros par habitant et par an en France, mais 13 en grande Bretagne et 20 en Suisse.

Côté producteurs, ça finit par compter. Le chiffre d’affaire du commerce équitable reste très modeste, mais dans certaines régions ou dans certains pays, il a permis des avancées certaines, au-delà du cercle des producteurs eux-mêmes. Des populations sont stabilisées, de nouveaux cadres sont formés. L’influence prise par une fédération locale de commerce équitable dans les Yungas de Bolivie, la Fecafeb, 25% du marché, a conduit de nombreux intermédiaires à s’aligner pour préserver leur source d’approvisionnement. Le commerce équitable fait tâche d’huile.

Ne crions pas victoire, il reste du chemin à parcourir, mais on voit se dessiner un mouvement qui pèse dans le commerce mondial, et pourrait influencer ses règles de fonctionnement.

Le commerce équitable se construit en réaction à un marché brutal et à courte vue, mais il s’inscrit dans ce marché, et cherche à y multiplier ses points de vente. Tout comme le micro crédit lancé en 1976 au Bengladesh par Muhammad Yunus avec la Grameen bank, la banque du village[5]. Le micro crédit s’insère dans le système bancaire classique, en permettant à ceux qui en sont exclus d’y parvenir progressivement, à leur rythme et avec leurs moyens propres. Commerce équitable et micro crédit constituent par leur seule existence des contestations du marché et de la banque traditionnels, mais font avec[6], pour aller plus vite et plus loin. Un développement pragmatique, et durable à la fois.

 

Pour en savoir plus : Jean-Pierre DOUSSIN, Le commerce équitable, collection Que sais-je ? PUF, mai 2009, ouvrage d’où provient largement la science étalée dans cette chronique.


prochaine chronique : Miel

[1] Morale, chronique du 19/02/2009

[2] Agriculture (08/05/2008)

[3] Rapport mondial sur le développement humain du programme des Nations Unies pour le développement, (PNUD), 2006-2007.

[4] Mur (08/04/2006 et n°43 dans Coup de shampoing sur le développement durable, www.ibispress;com )

[5] Voir la chronique Hybride (14/01/2008)

[6]Faire avec (30/04/2009)

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
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quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

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