Le DD par les mots

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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Mercredi 29 mars 2006
 Voilà un des mots les plus courants, sous cette forme ou des formes plus familières, telles que pognon, fric, ou encore oseille ou artich pour faire honneur au règne végétal.


L’argent est une de nos préoccupations premières, et il en a souvent fait oublier d’autres. Peut-on l’isoler de l’environnement ? peut-on défendre l’environnement sans se préoccuper de l’économie ? On est frappé de voir que l’équation environnement-économie est très mal posée, tant par les tenants de l’environnement que par ceux de l’économie.


Un exemple frappant nous est fourni par la traduction par la presse de conclusions d’une étude sur les données économiques de l’environnement dans une région. Il s’agissait de faire la somme de toutes les dépenses publiques et privées que l’on pouvait attribuer à l’environnement : alimentation en eau et assainissement, déchets, améliorations du cadre de vie, lutte contre le bruit et les nuisances, etc. Deux titres illustrent la difficulté d’interprétation de ces chiffres : pour un journal, l’environnement coûte tant d’euros, et pour un autre, il pèse tant d’euros. Ce sont les deux facettes de la même médaille, d’un côté une demande et la dépense correspondante, de l’autre l’activité économique nécessaire pour répondre à la demande ; d’un côté des prélèvements pour faire face, de l’autre des chiffres d’affaire et des emplois. Deux approches bien classiques, mais toutes deux fausses, bien sûr, car la valeur de l’environnement ne peut être réduite aux seules sommes que nos dépensons pour le préserver. Le coût du bruit, par exemple, est infiniment supérieur aux budgets alloués chaque année pour lutter contre ce fléau. Les coûts en santé, journée de travail perdues, troubles du sommeil, dépréciation de biens exposés, etc. n’ont rien à voir avec l’argent dépensé pour construire des murs antibruit, refaire quelques chaussées, et isoler quelques maisons.


L’équation économique est d’autant plus difficile à poser que les interférences sont nombreuses. Les dépenses pour l’environnement sont faciles à identifier dans les systèmes que l’on appelle souvent « bout du tuyau », quand il s’agit de traiter des pollutions que l’on n’a pu éviter, ou les déchets des ménages. Telle ville est tenue de réaliser un station d’épuration pour les eaux usées, et une usine de traitement des déchets de ses habitants. Mais une industrie peut choisir de réduire ses effluents à l’occasion d’une modernisation de ses process, et la réglementation acoustique va produire des logements moins exposés au bruit sans que, dans ces deux cas, on ne puisse affecter explicitement de dépenses à l’environnement.


De même pour l’emploi. Il y a bien sûr des emplois spécifiques de l’environnement, dans l’eau, les déchets, le paysage, la chasse et la pêche notamment, mais nombreux sont les emplois « ordinaires » qui ont une mission à remplir pour l’environnement. Quand un plombier réduit la consommation d’eau en installant une chasse d’eau à double vitesse ou en lutant contre des fuites, il rend un service à la fois économique et environnemental. De même quand un laboratoire met au point une technique performante d’un point de vue sensible, comme l’énergie, l’eau, ou pour substituer un matériau courant à une ressource rare ou à un produit toxique.


Séparer environnement et argent n’a pas de sens, et présente le risque de biaiser les raisonnements, d’amener à négliger tous les apports intégrés ou spontanés. Telle forêt qui protège une nappe d’eau alimentant toute une agglomération n’est jamais comptée comme usine de purification, tel marais qui régule le débit d’un fleuve n’est pas compté comme un équipement construit de main d’homme et intégré de ce fait dans l’économie, avec investissement et fonctionnement.


Mal posée, l’équation économique de l’environnement met en valeur des coûts plutôt que des valeurs, et néglige les apports de la nature, que ce soit des matières premières, dont la valeur est réduite au coût de leur extraction ou de leur cueillette, ou des services qu’elle nous procures (aménités, régulations, etc.). Elle freine l’évolution vers la « dématérialisation » de l’économie, pourtant une des voies privilégiées du développement durable. Elle conduit à rechercher des « compromis », à « concilier » des intérêts présentés ainsi comme contradictoires, alors qu'ils sont étroitement imbriqués, et que ce sont les modalités de calcul et d'analyse qui sont incapables de rendre compte de la convergence qui existe dans les faits. Argent et environnement sont inséparables, et seule une vision intégrée permet d’avancer.

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Lundi 27 mars 2006
Nous ne prendrons pas ce mot au sens littéral, celui d’un bidon de lait par exemple, mais au sens familier, où l’on considère une déclaration ou une décision comme « bidon », autrement dit « du pipo ! »


Car le développement durable, rapporté à la prose de Monsieur Jourdain, est parfois présenté comme un simple discours, sans intérêt sur le fond. C’est le sens du commentaire d’un internaute sceptique, sur le premier billet publié sur ce blog, le 29 janvier 2006. Et c’est vrai que pour beaucoup, le développement durable est devenu un thème à la mode, auquel il est bon de faire référence, mais qui ne change rien dans la pratique. Pour certains défenseurs de l’environnement, de son aspect biologique notamment, le développement durable tend à intégrer leur préoccupation principale dans un ensemble plus vaste, avec un tas de dimensions à faire cohabiter, ce qui autoriserait, selon eux, à faire n’importe quoi. Et il est vrai que l'un des maîtres mot du développement durable est « intégration », et que l’intégration peut facilement se transformer en dilution, en compromis dont des valeurs essentielles seraient les victimes. Le voisinage du pot de fer et du pot de terre, on sait ce que ça donne.


Et pourtant, si l’écueil existe bien, il ne faut pas en avoir peur. Le monde est complexe, et il est impossible d’isoler une dimension, sans la mettre en péril à plus ou moins long terme. De même qu’il est impossible de négliger une dimension importante sans qu’elle ne se manifeste à un moment ou à un autre. Ce devoir ou nécessité d’intégration est parfaitement défini dans l’article 4 de la déclaration de Rio (1992) : « Pour parvenir à un développement durable, la protection de l'environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément»


Le discours tiendrait donc, parfois, lieu d’actions, et le développement durable en serait une bonne illustration. Et bien chiche ! Le développement durable ne se décrète pas, comme beaucoup d’autres choses, mais il se construit progressivement, et collectivement. Et il n’y a pas de construction collective sans un beau discours mobilisateur. Tant pis s’il est opportuniste, il engage une dynamique.


On rapporte qu’une grande entreprise nationale avait lancé une politique environnementale pour répondre à une demande sociale, traduite dans les urnes par des scores écologistes favorables. La décision est partie d’en haut, de la direction générale, et a parfois été mal comprise de la base. Mais il a bien fallu s’exécuter, et adopter une nouvelle attitude vis à vis de l’environnement. Au premier fléchissement des scores écologistes, la direction a voulu revenir en arrière, et abandonner ces nouvelles pratiques, mais c’est alors la base qui a réagi : la dynamique était lancée, et ce qui n’était que de concessions de pure forme est devenu le point de départ d’une politique adoptée de fait par le gros des troupes. Le discours est bien souvent le début d’un mouvement, si celui-ci correspond à une attente, même exprimée avec beaucoup de maladresses. Il en est ainsi du développement durable, qui fait l’objet de nombreux abus, qui est parfois instrumentalisé, mais qui résiste malgré tout.


La présence de grands groupes industriels au sommet de Johannesburg, septembre 2002, a été parfois été prise pour une provocation, compte-tenu du rôle tenu par ces grands groupes dans la situation de la planète et des pays du Sud. Était-ce du bidon ? Il y a à l’évidence une attitude de récupération, qui ne surprendra que les naïfs, mais aussi une prise de conscience de nouveaux enjeux pour ces sociétés. Quand on sait la relation forte qui existe, au sein d’une entreprise, entre les communications externes et internes, on ne peut douter que cette présence ne puisse déplacer certains équilibres. Il faudra du temps, il y a encore bien des résistances aux changements, et la question est plutôt celle du rythme des transformations face à la vitesse des dégradations de la planète.


Le discours, c’est aussi un engagement public. Les promesses n’engagent, dit-on, que ceux qui y croient, mais sortons du champ de la morale, et adoptons le parti de l’efficacité. Le discours est la base des démarches « qualité », l’engagement de la direction dans une entreprise, première étape incontournable pour que les efforts des collaborateurs prennent un sens. Et ensuite on traduit ces engagements en actions que l’on décrit, ou plutôt que l’on écrit. « On écrit ce que l’on fait, et on fait ce que l’on a écrit », est la présentation synthétique des démarches qualité. Le défaut de cette présentation est que ça tourne facilement en rond si la qualité n’est pas orientée par un objectif d’ordre général, qui mobilise les troupes et donne son sens à l’action du groupe. Le développement durable constitue à la fois cet objectif et une sorte de démarche qualité, et le discours, même bidon au départ, peut se révéler un bon détonateur. Et « faites semblant de croire, et bientôt vous croirez » !


Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Samedi 25 mars 2006

On apprend qu’à Paris, la circulation a baissé de 15%. C’est un objectif largement partagé que de réduire la place de la voiture en ville, et notamment à Paris. Plus une ville est dense, plus ça doit être facile de proposer d’autres modes de déplacement, transports en commun, vélo, ou taxi, sans oublier la marche à pied, si on trouve près de chez soi l’essentiel de ce dont on a besoin. Et derrière cet objectif de réduction de la circulation automobile, il y a la santé, valeur qui fait facilement l’unanimité.


Mais que représentent ces 15% ? 15% de kilomètres en moins parcourus par des voitures, ou 15% de voitures en moins sur le périmètre de Paris, en moyenne ou à des moments stratégiques, comme les heures de pointe. Nous voilà confrontés à la question des indicateurs. Des chiffres sont lâchés, ils sont parfois impressionnants, mais que signifient-ils ? Je ne saurais dire ce que représentent ces 15% tel qu’il sont présentés, à l’état brut. Sans précisions, ce chiffre ne peut qu’alimenter les polémiques : le nombre de kilomètres parcourus en voiture ne veut pas dire grand chose en termes de pollution, car c’est la présence d’une voiture en marche plutôt que le nombre de kilomètres qu’elle parcoure qui est important. Réduire le nombre de kilomètres parcourus par la congestion et les embouteillages peut être une contre-performance en matière de pollution.


Il faut donc être plus précis, et fournir un indicateur sans ambiguïté, et bien corrélé au phénomène étudié : si c’est la santé, des indicateurs de pollution, construits à partir de mesures prises par des capteurs, sont bien préférables. Si c’est la « reconquête » des espaces publics autrefois dédiés à l’automobile, alors parlons d’hectares récupérés et ouverts au public, notamment pour la qualité de la vie de quartier. Et s’il s’agit de transport et de mobilité, allons dans le vif du sujet, et voyons si l’efficacité du système de transport s’est améliorée : moins de mobilité inutile ou contrainte, moins de circulation de camions pour satisfaire aux besoins des commerces, plus de facilité pour chacun pour atteindre une destination particulière, pour aller de son domicile au travail, ou dans un lieu de loisir par exemple.


On a besoin d’indicateurs fiables. Le développement durable se construit tous les jours, et collectivement. Il faut des repères, qui permettent de mesurer le chemin parcouru, de juger de la pertinence de telle pou telle politique, de tel ou tel effort demandé aux citoyens ou à une catégorie particulière d’acteurs. Des indicateurs simples et fiables, clairs et parlant pour tout le monde.

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Jeudi 23 mars 2006
Après le camion, les kilomètres. 


Une publicité pour de l’essence nous affirme que l’on va parcourir plus de kilomètres avec un plein. Les essences ne se valent donc pas toutes, il y en a de plus efficaces que d’autres. Nous le savons bien, le problèmes des pétroliers est qu’ils vendent tous le même produit, et qu’ils ont le plus grand mal du monde à se différencier les uns des autres. La qualité du produit pourrait donc être une occasion de se distinguer, mais la qualité ne se mesure pas facilement.


On remarquera que la publicité en question reste bien floue : on ne dit pas combien de kilomètres en plus, et il n’est donc pas possible de vérifier si l’opération est rentable : si je paye mon essence 3% de plus, il faut que je parcoure au moins 3% de kilomètres en plus avec la même quantité d’essence. La publicité reste discrète sur ce point, ce qui la rend bien peu crédible. Mais revenons à la question de la qualité, et de la difficulté à l’évaluer. C’est une question centrale pour le développement durable, car nous savons que la croissance quantitative conduit à l’impasse : la planète ne pourra satisfaire tous les besoins si ceux-ci se manifestent uniquement par une consommation accrue de matières premières, par des prélèvements supplémentaires sur les ressources, avec les rejets, des déchets, toujours en augmentation. La croissance peut-elle s’exprimer par la qualité ? par exemple, il est difficile, dans nos sociétés, de manger plus, mais peut-on manger mieux ? une nourriture plus équilibrée, plus saine, mieux cuisinée ? il n’y aurait pas plus de prélèvements, même plutôt moins avec une agriculture plus respectueuse de l’environnement, et on aurait une valeur ajoutée, une richesse créée, toujours en hausse du fait de la qualité des produits et du savoir faire du cuisinier.


La qualité a un grand défaut, elle ne se mesure pas avec un litre, ou une chaîne d’arpenteur. Elle s’apprécie en fonction des circonstances, de la culture des utilisateurs, de leur capacité à en tirer profit. L’usage est ainsi placé au cœur du débat, et c’est bien normal puisque, quel que soit le produit, c’est sur son utilité et sa capacité de répondre à une attente qu’il doit être jugé. Revenir à la qualité d’usage n’est pas spontané. Des raisonnements partiels viennent souvent troubler le jeu. Prenons l’exemple d’une construction. On parle souvent du « coût global », en associant le coût de la construction et celui du fonctionnement du bâtiment. Mais on oublie de parler de son utilité. On sait que la qualité des ambiances offertes aux employés d’un bureau peut faire varier leur productivité de plus de 10%, en intégrant les maladies du travail et l’absentéisme. Il y a là des sommes d’argent considérables, et bien plus importantes (au moins cinq fois) que le prix à payer pour un surplus de qualité. On change alors d’échelle. Au coût de l’équipement, on doit opposer sa valeur, marchande mais aussi d’usage. On sort alors d’une économie unijambiste, celle où l’on ne considère que les dépenses, pour retrouver l’équilibre sur deux jambes, avec d’un côté les dépenses, et de l’autre, en regard, les utilités, la valeur, les richesses créées. Une posture indispensable pour avancer sur la piste du développement durable.

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Mardi 21 mars 2006
 Malgré l’expression bien connue « beau comme un camion », le camion est mal aimé des écologistes. Il a beaucoup de défauts : il consomme un maximum de carburant, il use terriblement les routes, il est à l’origine de la plus grande partie des accidents de la route, il fait du bruit et il pollue ; etc. Pour d’autres arguments, adressez-vous aux riverains des routes qui conduisent aux grands tunnels, comme celui du Mont Blanc…


Et pourtant, il se développe. Il a donc quelques vertus, pour ses utilisateurs. Certaines sont sans doute suspectes, car liées au mode de fonctionnement d’un milieu économique très diversifié, avec des phénomènes de concurrence sauvage, et le recours à une main d’œuvre peu exigeante, mais d’autres sont incontournables : la souplesse d’utilisation, la capacité d’aller d’un lieu à un autre dans le monde entier, sans avoir à décharger. Les systèmes de transport « de masse », comme le chemin de fer, sont autrement plus lourds, plus rigides, et moins réactifs.


Une évolution souhaitable est donc à deux niveaux : d’une part, améliorer la souplesse et l’efficacité des systèmes lourds (train, péniche ou bateau de haute mer), et faciliter les connexions entre ces systèmes et le camion, ce qui permet de bénéficier des avantages du camion tout en réduisant l’inconvénient à des parcours de faibles distances ; d’autre part, à améliorer la technique du camion, à la fois sur son mode d’exploitation (le soft) et sur l’objet lui-même.


Restons sur ce deuxième point, l’amélioration de la technique du camion. Les vendeurs par correspondance, tenus par des délais de livraison de 48h chrono1, ont compris tout l’avantage d’une gestion très fine de la logistique, et les a amenés à se regrouper pour remplir les camions2. Il vaut mieux un camion plein que deux à moitié pleins, aussi bien pour le business que pour l'écologie. Pour les livraisons en ville, des progrès considérables pourraient être réalisés en favorisant certains modes : une étude de l’ADEME montre qu’un gros camion, paradoxalement sans doute, est beaucoup plus efficace qu’un petit, si l’organisation des livraisons est bien faite. Un gros camion équivaut à 8 petits camions en capacité de livraison, et il est bien plus efficace, en énergie, bruit et encombrement, pour peu que le tissu urbain peut l'accepter. Des techniques nouvelles de dispatching sont testées actuellement à Paris avec Chronopost, alliant gros camion et desserte locale « douce » . Pour en savoir plus sur ce point, on se reportera sur le blog « développement durable et communication » (lien dans la case ad hoc, sur la gauche).


Mais les progrès de la technique du véhicule ne sont pas négligeables non plus, et les pressions environnementales se montrent dans ce domaine comme dans bien d’autres, moteur de ces progrès. Aux USA, des travaux sur « l’hybridation » des moteurs et des auxiliaires du moteur (suppression de tous les entraînements par courroie) laissent espérer, dans un premier temps, une réduction de 30% des consommations. En France, Michelin travaille sur la qualité des pneus : « l’emploi de pneumatiques « basse résistance au roulement » pour une flotte de 200 camions parcourant 100 000km en usage autoroutier peut se chiffrer à 457 tonnes de CO2 non rejetées dans l’année, et une économie financière d’environ 170 000 euros (avec un gazole à 1 € le litre) »3. Excellente affaire que cette nouvelle technique, où l'on économise 372 € pour chaque tonne de CO2 évité, alors qu'en général, il faut payer pour obtenir ce résultat : tout le monde y gagne, l’environnement et l’économie.


Ne crions pas victoire trop vite, le progrès ne se diffuse pas instantanément, il y a des inerties, des résistances de tous genres. Et on a souvent vu le bénéfice de certains progrès repris par des exigences nouvelles des consommateurs, comme l’efficacité des moteurs des voitures équilibrant tout juste l’augmentation de la taille et du poids des voitures. Mais n’abandonnons pas pour autant les ressources de la technique. Sans elle, l’appel unique au civisme et aux modifications de comportement auraient bien du mal à répondre aux défis qui nous sont proposés ; Le développement durable, c’est parier à la fois sur la technique et la culture.

1 Mais pourquoi 48h ? n’est-ce pas une exigence sans intérêt réel, résultat d’une concurrence exacerbée, qui conduit les firmes à se différencier par tous les moyens : la course aux délais de livraison a donné ce résultat de 48h pour une livraison, mais sans que le prix environnemental n’est ait été pris en considération... On peut se demander ce que donnerait un délai de trois ou quatre jours : cela donnerait de la souplesse aux modes d’acheminement des marchandises vers les clients, et cette souplesse peut-elle être source d’économies en termes environnementaux et énergétiques, d’une part, en conditions de travail des personnels d’autre part ?

2 On pourra se reporter sur ce point au témoignage de Rémy Souchon, dans « Tous gagnants, la dynamique du développement durable », page 124

3 Extrait d’un article de J.C. Trichet dans Energie Plus n°361, du 1er mars 2006, « Les camions propres et économes sont gagnants-gagnants »

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

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