Le DD par les mots

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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Lundi 31 mars 2008

Ne parlons pas ici de la lutte pour le Pouvoir, avec un grand P, celui des grands de ce monde. Restons humblement dans l’actualité avec le pouvoir d’achat[1]. Récemment, à la radio, le président d’une chaîne de grands magasins, interrogé sur le pouvoir d’achat, évoquait son complément inévitable, le « vouloir d’achat ». Il est vrai que, pour stimuler la consommation, et par suite la croissance, il n’est pas surprenant que l’offre de produits et de services fasse le maximum pour exacerber ce vouloir d’achat, pour donner envie d’acheter toujours plus. Les moyens pour cela sont bien connus, publicité, modes et besoin de se conformer à certains canons, plaisir de s’identifier à une vedette, nécessité ressentie de se différencier ou, au contraire, de se couler dans un moule rassurant. Le développement durable doit répondre aux besoins essentiels, et nous admettons tous que ces besoins ne sont pas que les besoins vitaux au sens biologique, le manger, le boire, le loger et le blanchir, et encore la santé et l’éducation. Les besoins sont aussi d’ordre culturel, sociétal comme on dit aujourd’hui, et prennent la forme de chaussures de marque ou de téléphone portable.

Faut-il, dans la stimulation du désir de consommer, aller jusqu’à stigmatiser la non possession d’un bien, jusqu’à condamner au déshonneur et à l’exclusion d’un groupe la personne qui ne peut montrer les bons signes extérieurs de reconnaissance ? Dans les années 1970, une célèbre marque de jeans avait affiché une publicité où quelques jeunes gens bien pensant, en jean bien entendu, montraient du doigt un pauvre homme en complet veston. Cette publicité avait amené une revue satirique à la reprendre en accolant une étoile jaune sur le complet veston. Fin de la publicité en question. Séduisez avec des modèles attractifs, mais laissez tranquille ceux qui n’y sont pas sensibles, ou qui préfèrent vivre autrement ! Et ne parlons pas des cibles  de ces pressions, d’autant plus vulnérables que ce sont des personnes peu structurées, sans repères stables comme des enfants ou des personnes déracinées qui ont hâte de se doter des signes extérieurs d’appartenance à un groupe. Nous sommes au cœur d’une question d’éthique, avec des pressions sur le mode de consommation, et finalement le mode de vie qui font passer au second plan des besoins qui semblent plus importants, comme la santé et le logement.

Le pouvoir d’achat est en bonne partie hypothéqué dès le départ par des dépenses obligatoires, comme le loyer et le remboursement d’emprunts. Il en reste une part, libre a priori, et c’est sur cette part que s’exercent toutes les tentatives de captation. Le résultat est que les dépenses « de base » sont compressées, chacun essayant de retrouver une marge supplémentaire pour des consommations de plaisir. L’amélioration de l’habitat est ainsi un parent pauvre de la consommation. Je préfère avoir froid que de me priver du téléphone portable, de quoi aurais-je l’air auprès des copains ? La question se pose aujourd’hui avec acuité du fait de la hausse des prix de l’énergie. Il n’y a pas beaucoup de publicité pour la qualité de la maison, si ce n’est pour des éléments de prestige, le marbre dans l’entrée et la cuisine intégrée. Depuis que le prix de l’énergie est à la hausse, ajoutons les vendeurs de fenêtres[2], qui déploient une offre franchement agressive, qui ne serait pas si mauvaise s’il y avait la médiation d’un conseil indépendant, pour aider le propriétaire à faire les bons choix dans sa recherche d’économies d’énergie.

Le pouvoir d’achat est sérieusement écorné par de bien mauvais choix, dont le consommateur n’est le plus souvent que la victime. Certaines consommations sont obligatoires, bien au-delà du raisonnable. Des maisons mal isolées entraînent pour leurs occupants des dépenses excessives, difficilement évitables sauf à accepter de vivre dans le froid et l’humidité, ce à quoi certaines familles sont réduites. L’éloignement oblige des ménages à s’acheter plusieurs voitures, avec des dépenses qui s’envolent avec le prix du pétrole. La disparition de services de proximité, et notamment de commerces, entraîne aussi des dépenses obligatoires, qui pèsent sur la pouvoir d’achat. La manière de consommer varie bien sûr selon le niveau de revenu, les biens nécessaires à la vie courante étant plus fortement représentés chez les populations les plus modestes. Le panier de la ménagère fortunée n’est pas le même que celui de son homologue smicarde. L’indice des prix n’a pas le même sens pour ces différentes populations, et ne tient pas compte de la capacité de certains à répondre à leur besoins hors marché, par de l’auto production ou par des choix de vie spécifiques. Un peu comme le PIB : Tout le monde le critique, mais il reste la référence. De nombreux indices ont été proposés pour le remplacer[3], mais sa simplicité est sa force, même si elle entache fortement son intérêt. Le pouvoir d’achat est assurément un bien piètre indice de qualité de vie, mais tant qu’il n’y en aura pas d’autre, il s’imposera et brouillera les cartes. Le développement durable a besoin d’instruments nouveaux, notamment de règles économiques et de systèmes d’évaluation mieux adaptés aux enjeux du 21e siècle, capable de rendre compte à la fois des la réalité immédiate, vécue au jour le jour, et des défis planétaires.


Prochaine chronique : Défaut                                            



[1] Achat, chronique du 03/12/2007

[2] Fenêtre, chronique du 07/02/2006 et n°26 dans Coup de shampoing sur le développement durable, www.ibispress.com

 

[3] Voir notamment sur ce point le mot Bonheur publié sur ce blog le 28/07/2006, et n°5 dans Coup de shampoing

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
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Jeudi 27 mars 2008

Quand j’entends dire que le développement durable est simple affaire de bon sens, je me méfie. C’est comme les Monsieur Jourdain qui en font sans le savoir. Je pense alors à Esope et à sa langue, la meilleure et la pire des choses.

La meilleure, parce qu’il arrive effectivement, et c’est heureux, que certaines pratiques courantes soient empreintes de sagesse, que le « bon sens populaire »  ait intégré depuis toujours des règles que quelques esprits forts prétendent aujourd’hui pouvoir enfreindre sans problème. Qu’une bonne partie de nos habitudes et de nos règles de comportement soient spontanément « durable » est une bonne chose, à préserver et à amplifier si possible.

Attention toutefois à la dérive conservatrice. Le bon sens devient vite la répétition sans discussion des pratiques anciennes, on fait comme on a toujours fait ! Et l’homme de bon sens de regarder de haut celui qui s’escrime à imaginer des choses nouvelles, à explorer des voies nouvelles. Le développement durable s’appuie assurément sur quelques règles de bon sens, mais il a énormément besoin d’innovation. Il a même parfois besoin de transgression, sous contrôle, avec précaution[1], pour aller voir au-delà de ce que l’on imagine. Gardons nous de l’affirmation c’est du bon sens, jetée comme démonstration pour masquer l’absence d’argument sérieux, fondés sur l’observation ou la déduction.

Il faut remettre le bon sens en question, régulièrement. Il véhicule des croyances, des modèles culturels, il correspond à l’état des connaissances en un lieu et en un temps donné. Les règles du bon sens ne sont pas absolues. Nous admirons Parmentier, l’homme de la pomme de terre, qui a su faire preuve d’une grande astuce pour convaincre ses contemporains de l’intérêt de ces tubercules. Tout homme de science qu’il fût, il a défendu fermement que l’eau de la Seine à Paris, qui recevait directement toutes les saletés de la ville, était meilleure pour la santé que l’eau de source. Si les buveurs d’eau voulaient goûter avec attention celle de la Seine, ils trouveraient sans doute de la différence dans l’eau puisée au dessus de Paris ou dans son enceinte : cette dernière a évidemment plus de ténuité, de légèreté, et de saveur ; ce n’est point qu’elle renferme une plus grande quantité de matières salines et extractives, mais elle possède une surabondance d’air, qui s’y forme au moyen du mouvement augmenté dans son passage par l’impulsion que lui communique l’arrivée des matières qu’on y jette[2]. Bon sens hier qui ne l’est plus aujourd’hui. Sans doute rira-t-on dans quelques siècles de certaines de nos croyances trop facilement appelées bon sens.

Si ce fameux bon sens nous porte à la prudence, il faut s’en féliciter. Les usages traditionnels ont leurs fondements, et il ne faut pas s’en écarter sans avoir évalué les risques encourus. Connaître les mécanismes qui ont conduit aux règles de bon sens est à ce titre une des voies du progrès.

A l’inverse, si le bon sens conduit de fait à la paralysie, en prenant toute la société à témoin de certitudes qui n’en sont pas, le bon sens devient l’ennemi du développement durable.

Développement durable et bon sens sont donc faits pour s’entendre, pourvu que l’on dépasse un fétichisme du bon sens, qu’on le désacralise. Prenons-le alors comme un signal, une borne que l’on ne franchit pas sans adopter une politique de prudence, ou précaution, réversibilité, étude d’impact, sont des maîtres mots.


prochaine chronique : Pouvoir 

 

 



[1] Précaution, chronique du 28/02/2006 n°57 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

[2] Antoine Augustin Parmentier, Dissertation physique, chimique et économique sur la nature des eaux de la Seine, Paris, 1775, cité par Françoise Nowak dans Ces métiers qui donnent de l’eau aux Parisiens, Editions du pavillon de l’eau, Paris, 2007 disponible sur

http://www.waternunc.com/fr2007/publica_paris_metiers_eau_potable_2007.htm

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Développement Durable
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Lundi 24 mars 2008

Pour le lundi de Paques, un mot de circonstance : Parabole !

 

La parabole, c’est la mondialisation. Répandue sur nos toits et nos balcons, elle symbolise l’universalité de la communication. Chacun peut, ou que ce soit dans le monde, entrer en communication avec un autre, écouter et voir d’autres personnes, participer à des communautés totalement éclatées géographiquement mais bien soudées par des messages et une culture partagés. Grâce à la parabole, s’est constitué le village mondial. Disons plutôt les villages mondiaux, composés de personnes reliées par un domaine d’intérêt, mais situés à des milliers de kilomètres les uns des autres. Le mot village est sympathique, mais la multiplication[1] des paraboles est bien dommage pour nos paysages[2], bien enlaidis par ces prothèses[3] qui pullulent sur nos immeubles. La parabole est aussi ambiguë côté culture. L’éclatement fréquent des spectateurs, leur isolement, leur éloignement les uns des autres, les rend vulnérables. La magie de la télévision, la force de l’image, l’attraction ou même la fascination que peut exercer une forte personnalité à l’écran, ne trouve pas de modération. La communication à sens unique est d’autant plus un problème que l’émetteur du message est inaccessible.

En géométrie, la parabole évoque une courbe qui colle à sa base, et qui décolle progressivement et grimpe de plus en plus vite. C’est la progression géométrique, et on se souvient de la présentation de Malthus, avec la courbe des richesses disponibles qui suit une progression linéaire, tandis que celle de la population suit cette progression géométrique. Une ligne droite d’un côté, une parabole de l’autre. Au début, tout va bien,  la droite monte plus vite que la parabole, et tout le monde est content, et puis, un beau jour, la droite est rattrapée, la parabole la coupe et s’envole. C’est alors la catastrophe, la machine s’emballe, la population ne parvient pas à maintenir son niveau de consommation, faute d’avoir su enrayer sa propre progression. C’est la dure loi de la parabole. La population alors retombe brutalement, et se retrouve parfois à des niveaux très bas. La fameuse peste noire de la fin du moyen âge a ainsi fait retomber la population européenne d’un quart ou d’un tiers…

On retrouve ce phénomène dans d’autres cas, quand, par exemple, on protège une population de cerfs et de chevreuils dans une forêt, en en supprimant les prédateurs. Au lieu d’augmenter le nombre d’animaux, en se gardant le gibier pour les chasseurs humains, c’est le résultat inverse qui s’est trouvé : le surpâturage des bois par les cerfs et les chevreuils a entraîné un appauvrissement du milieu, qui n’a plus pu supporter une population aussi nombreuse qu’avant. Le prédateur n’est pas un concurrent, mais un régulateur bien utile !

L’image de la parabole, illustrant la progression géométrique chère à Malthus, peut être inversée. Le progrès des idées, des techniques, est aussi de type géométrique. La prise de conscience des dangers de l’effet de serre est lente au départ, elle se répand difficilement, ses relais sont peu nombreux. Et puis, petit à petit le message passe mieux, et tout s’accélère. La question devient la comparaison de deux courbes, toutes les deux paraboliques, celle des prélèvements, des rejets, des dégradations que connaît notre planète, et celle de notre réveil, des changements d’attitude qui s’imposent, de l’éclosion et de la diffusion de nouveaux modèles de comportement, avec les organisations sociales, économiques adaptées à ces nouvelle donnes, et des techniques pour aller avec. L’inertie des comportements et des modèles de société est immense, mais les forces de mouvement sont aussi commandées par des modèles culturels très puissants. Faisons en sorte que la parabole du changement aille plus vite que celle des dégradations, qu’elle comble le retard et la rattrape. Le moteur du changement doit être plus puissant que celui qui alourdit notre empreinte écologique. Pour le matheux, c’est une histoire de dérivées[4] secondes, à laquelle il faut se consacrer d’urgence.

Une parabole, c’est aussi une manière de parler, un peu comme les fables. Une manière de rendre plus palpables des discours d’ordre général, de les rendre concrets et compréhensibles, avec une morale à la fin comme conclusion de la parabole ou de la fable. Un détour qui conduit à un point d’arrivée qui en devient évident. C’est une manière de diffuser des idées, qui a fait ses preuves de multiples manières. C’est une technique de communication, exploitée sans vergogne dans ce blog.


Prochaine chronique : Bon sens

[1] Multiplication, chronique du 30/11/2006

[2] Paysage  chronique du 16/04/2007

[3] Prothèse, chronique du 17/10/2006 n°59 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

 

[4] Dérivée (18/10/2007)

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
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Jeudi 20 mars 2008
Nous ne parlerons pas ici du contraire des succès, ce serait trop triste. Il faudrait en outre en parler dans une réflexion générale sur l’évaluation, dans une démarche de progrès[1], ne serait-ce que pour reprendre espoir ! L’innovation suppose des risques[2], et par suite des échecs, et le problème ne réside pas tant dans l’échec lui-même que dans la nature des réactions qu’il provoque, et la capacité à en tirer des enseignements.

 

Prenons donc le mot Echecs d’une autre manière, comme un jeu. Un jeu qui a acquis depuis des siècles ses titres de noblesse, avec ses origines indiennes ou persanes, ou encore chinoises, et son immigration en Europe avec les arabes à l’époque de Charlemagne. Les échecs sont un jeu de stratégie. Il faut comprendre des enchaînements, prévoir des réactions aux mouvements des pièces adverses, ne pas se laisser surprendre. Voilà qui nous prépare bien au développement durable, lequel conduit également à s’interroger en permanence sur les conséquences de telle ou telle décision, à anticiper par rapport aux décisions des autres et aux évènements, à apprendre comment réagir en cas d’imprévu. Le jeu d’échecs, c’est entrer dans l’esprit de l’adversaire, comprendre sa manière de raisonner, sa logique interne, de même qu’il n’y a pas de politique de développement durable sans connaissance fine du jeu des acteurs, sans recherche de leurs motivations, sans étude de leurs logiques de fonctionnement.

Pour ceux qui n’ont jamais joué aux échecs, sachez que vous disposez de pions et de pièces avec lesquels vous manœuvrez, forcément habilement. Vous menacez sans cesse les positions de l’adversaire, pour vous rapprocher de son roi et le mettre en difficulté, en échec précisément, en échec et mat pour finir. Quand une pièce est menacée, deux attitudes sont envisageables : soit son détenteur la déplace pour déjouer la menace, soit il met en place une dissuasion, une autre menace qui neutralise celle de l’adversaire. Les deux formules sont bonnes selon les circonstances, mais la seconde est beaucoup plus exigeante, car il faut maintenir en permanence une capacité de riposte, ce qui entraîne souvent une perte de disponibilité de ses forces pour attaquer l’adversaire.  Le développement durable consiste bien sûr à réduire des risques exagérés par rapports aux enjeux, à ne pas se laisser surprendre, à ne pas laisser s’accumuler des menaces fortement consommatrices d’énergie, de réserves et d’attentions pour y faire face efficacement. Il faut aussi garder de l’influx pour gagner la partie. Le développement durable, c’est aussi aller de l’avant, innover, trouver des réponses originales aux questions nouvelles qui se posent tous les jours comme aux questions récurrentes aux ramifications multiples et enchevêtrées. Il faut donc des arrières solides, une défense qui « assure », pour se permettre de prendre les risques de la découverte, de l’exploration de futurs.

Les échecs se jouent sur un échiquier de 64 cases, pas une de plus, et dont les limites[3] sont vite atteintes comme nous entrevoyons aujourd’hui celles de la planète. L’attaque et la défense puisent sur les mêmes forces, ce sont les mêmes pièces qui protègent le roi et qui tentent d’encercler le roi adverse. Ces forces ne se renouvellent pas, elles s’épuisent au fur et à mesure que la partie avance, et l’économie des moyens devient une des clés du combat. Comment utiliser au mieux les forces dont je dispose, comment les organiser, comment leur faire occuper le terrain, pour viser à la plus grande efficacité ? Question au cœur du développement durable, à laquelle le jeu d’échecs nous prépare. Le mot Echec, si triste et porteur de mauvaises nouvelles, trouve avec le jeu une toute autre résonnance, un sens offensif et plein d’énergie. C’est la magie du développement durable qui opère !

Prochaine chronique : Parabole (pour le lundi de Paques !)



[1] Progrès, chronique du 02/10/2006

[2] Risque, chronique du 26/06/2006 et n°64 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

 

[3] Limites, chronique du 06/09/2007

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 17 mars 2008
Les algues vertes sont un vrai fléau pour la Bretagne. Elles envahissent les plages et les baies, compliquent la vie des conchyliculteurs, et dégagent des odeurs bien désagréables. Elles sont essentiellement la conséquence des excès de nitrates qui se déversent dans les estuaires. Une agriculture qui ne contrôle plus ses effluents, les déjections des dizaines de milliers d’animaux élevés hors sol notamment. Les pratiques de biogaz à la ferme, développées en Allemagne et dont ce blog s’est fait l’écho en septembre 2006[1], ont du mal à progresser en France, mais voici enfin un projet intéressant de ce point de vue, à Ploërmel en Bretagne, précisément en forêt de Brocéliande. Il s’agit d’une raffinerie fonctionnant avec des algues, des déchets végétaux et des déjections animales, conçue et réalisée par une société Morbihannaise, OLMIX[2]. L'algue verte envahit les côtes depuis 30 ans, et atteint aujourd’hui des productions de 300 à 400 000 tonnes. Pour des raisons sanitaires, il faut en retirer 70 000 tonnes par an, dont on ne sait pas toujours quoi faire. Et bien elles vont produire du méthane, associées à d’autres déchets animaux et végétaux. D’un mal faisons un bien. On annonce que cette centrale, qui s’appelle Morgane, produira de l'ordre d'un mégawatt d'électricité, du gaz naturel composé à 65% de méthane, et de l'eau chaude pour le chauffage, ainsi que des engrais et des fongicides naturels pour l'agriculture.

Voilà une bonne nouvelle, qui ne doit pas faire oublier toutefois que les algues vertes sont indésirables. Espérons que ce prototype permettra aussi de tester différentes formules de production d’énergies renouvelables, à partir de composants différents. Il serait dommage qu’une technologie qui semble prometteuse soit dépendante d’une matière première aussi contestable que l’algue verte. D’une part parce que il faudrait bien exploiter les déchets agricoles ailleurs qu’en Bretagne, et d’autre part parce que, en Bretagne, il faudrait bien éliminer les causes qui produisent les algues vertes. Faire du mal un bien, parfait, si ça ne rend pas dépendant du mal. Un des premiers développements à imaginer serait d’envoyer directement les lisiers dans ce digesteur, au lieu de les laisser filer dans le milieu, polluer les eaux de surface et souterraines pour finir sous la forme d’algues envahissantes et nauséabondes, avant de revenir à la case départ. D’autant que pour les récolter, il faut des engins et de l’énergie, à décompter du bilan final. Il semble que cette évolution, celle de la récupération directe des lisiers plutôt que des algues, soit aussi à l’étude, tous les espoirs sont donc permis.

Nous demandons aujourd’hui à l’agriculture de fournir de la nourriture, des vêtements, des matières premières de toutes sortes, et de l’énergie, tout ça en respectant les milieux et le paysage. Beau challenge qui bouleverse les professions et les techniques traditionnelles. Il y a le retour au passé, souvent évoqué avec nostalgie, il y a aussi une vision plus moderne de l’évolution d’une profession dont les consommations et les rejets ont fortement dégradé le bilan tout compris d’une production mesurée exclusivement en quintaux ou en hectolitres. Transformer ces rejets pour réduire les consommations et produire de l’énergie offre une voie de progrès bien séduisante. Longue vie, donc, à ces nouvelles techniques, à ces jeunes entreprises innovantes qui mettent la chimie au service de la nature, et non l’inverse comme on l’a vu trop souvent.

Autre exemple de progrès conjuguant chimie et biologie : la fabrication d’hydrogène par les termites. Ces petites bêtes ont un tube digestif très performant, habité d’une faune microbienne fort habile. L'intestin des termites est minuscule mais fonctionne comme un bioréacteur d'une efficacité étonnante, affirme Andreas Brune, de l'institut Max Planck pour la microbiologie terrestre à Marburg (Allemagne) dans le numéro de novembre de la revue Nature. Après les algues vertes et les lisiers qui deviennent des sources d’énergie, voilà les termites qui se transforment en centrales biologiques, fournissant de l’énergie et des matières premières à partir de fibres de bois. C’est un nouveau monde qui naît sous nos yeux, des solutions inédites qui émergent des laboratoires et qui vont prendre la relève de nos solutions datées d’une époque ou la pollution était considérée comme l’indice d’une bonne santé des entreprises. Le développement durable est en marche.

Prochaine chronique : Echecs

 

 



[1] Voir la chronique Gaz, du 25/09/2006 et n°27 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Développement Durable
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DBDD

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, Dominique Bidou Développement durable, est le support juridique (SARL) de mes interventions en tant que consultant. DBDD s’adresse aux collectivités, aux administrations, aux entreprises publiques et privées. Toutes les activités sont concernées, chacune avec ses spécificités qu’il convient d’intégrer dans les interventionsDBDD propose un accompagnement dans l’élaboration des politiques de développement durable, diagnostic, choix de lignes directrices, mobilisation des acteurs, personnels et partenaires, contrôles et évaluation.  contact@db-dd.org Pour une présentation plus complète, cliquer sur l'icône 
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quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

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