Le DD par les mots

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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Lundi 30 avril 2007

Dans le paradis terrestre, tout était gratuit, on n'avait pas à travailler pour bénéficier des biens que la nature offrait généreusement. Et bien, c'est toujours vrai, en grande partie. Nous ne nous en rendons pas compte. C'est peut-être parce que nous avons fait d'une malédiction - le travail – une vertu qu'il faut bien récompenser. C'est surtout parce que nous ne comptons pas ce qui tombe du ciel : les rayons du soleil et la pluie sont gratuits, de même que l'air que nous respirons et le chant des oiseaux. Toutes ces richesses sont acquises, nous les avons intégrées et elles ne comptent plus.

Nous sommes organisés en fonction d’une situation, de forces qui nous entourent, celles de la nature. Moulins à eau et à vent : juste la peine de ramasser cette énergie fournie par la nature ; en agriculture, le soleil casse les mottes, on joue avec le gel et le soleil pour préparer le sol, on favorise le travail des micro-organismes. Combien ça coûte de faire l’équivalent avec des engins pilotés par du personnel et consommant des énergies fossiles ? La vie microbienne dans les couches supérieures des sols joue un rôle central d’oxygénation, d'enrichissement et de structuration avec une chaîne comprenant les vers de terre, les taupes, les orvets et autres reptiles. C’est vivre avec la nature, profiter de ses éléments et des activités spontanées des habitants de la nature pour faire plus avec moins. Les services gratuits sont agaçants, car contraires à la vieille idée qu’il faut travailler pour produire, alors qu’il suffit d’observer et de faire preuve d’intelligence, en exploitant les phénomènes très puissants qui se déroulent sous nos yeux. L'apport gratuit de la nature, sous toutes ses formes, multiplie l'efficacité du travail humain. C’est faire aussi preuve de modestie, alors que l’Homme veut souvent manifester sa puissance. Pour ce faire, il ne va plus composer avec la nature, mais lui imposer sa loi. Mauvais calcul, qui l'envoie tout droit dans la malédiction du travail. Travailler avec la nature, comprendre son fonctionnement pour en tirer les fruits avec le minimum d'effort, c'est sans doute la seule manière de nourrir et de faire vivre convenablement les neuf milliards d'êtres humains qui peupleront durablement notre planète. Et pour commencer, l'important est de prendre conscience de cet apport formidable de la nature, de sa générosité, pour la cultiver, la laisser s'exprimer, et la respecter pour notre plus grand profit.

Il est vrai que la nature a son rythme, ses irrégularités, et que l'impatience est une caractéristique bien répandue au sein de l'espèce humaine. Une armoire à sécher, c'est quand même plus sûr et plus rapide que de laisser sécher le linge sur un fil !

Le cas des zone humides est particulièrement significatifs des apports de la nature : « bien que les champs cultivés représentent une surface près de 5 fois supérieure à celle des zones humides, ces dernières « rapportent » 40 fois plus à l’humanité en fonction des multiples services qu’elles rendent », nous dit le président de l'Institut français de la biodiversité, Jean-Claude Lefeuvre[1]. Les raisons en sont multiples : « Une valeur socio-économique a rapidement été associée aux différentes fonctions attribuées aux zones humides. Ces évaluations distinguent souvent « produits finis » (ressources d’origine animale ou végétale) et « services rendus » gratuitement. Parmi ceux-ci,  a largement été mise en avant ces dernières années leur capacité à éliminer une partie de l’azote (notamment nitrate) provenant des bassins versants en sachant que deux processus majeurs sont impliqués dans la rétention et l’élimination de ces composés nitrés : d’une part l’absorption par la végétation et les micro-organismes du sol et, d’autre part, la dénitrification, le seul processus qui permette une élimination complète de l’azote puisqu’il transforme l’azote minéral dissous sous forme de nitrate en azote moléculaire gazeux. Par ailleurs, l’analyse de leur rôle dans le contrôle des crues a montré qu’ils rendaient « gratuitement » plus de service que de nombreux barrages écréteurs de crues construits à grands frais. On a également pu évaluer le rôle que jouent les zones humides dans la stabilisation des rivages, la protection de certains ouvrages comme les digues à la mer….Quant aux produits finis, ils vont de la coupe du roseau – encore exploité par des structures agricoles en Camargue ou en baie de Seine - aux productions de poissons des rivières et des fleuves, ce qui représente parfois la source essentielle de protéines pour différents pays en voie de développement ».  Des économistes ont tenté de chiffrer le montant de ces apports gratuits, mais la tâche est difficile. Pour prendre d'autres exemples en France, on estimait, en 1998, que le secteur de La Bassée (Seine-et-Marne) joue un rôle de protection contre les inondations équivalent à un investissement de 2 milliards de francs (hors entretien), que les zones humides de la vallée de la Saône évitent une dépense de 30 à 72 MF/an pour traiter les nitrates et les pesticides[2]. On notera, pour fixer les idées à l'échelle de la planète, qu'une équipe de chercheurs, scientifiques et économistes[3] les a estimés au minimum à un ordre de grandeur équivalent au PNB mondial. Pour un euro de production marchande, la planète vous en donne au minimum un second !

Comme pour l'énergie[4], la difficulté est donc de prélever intelligemment une partie de cette richesse, et même de faire en sorte qu'elle s'accroisse régulièrement, de manière à pouvoir prélever un peu plus sans mettre en péril « la poule aux œufs d'or ». C'est le mode d'appropriation de cette richesse qui doit être examiné de près, et l'exemple donné par Jean-Claude Lefeuvre des fameux pré salés de la baie du Mont St Michel est éloquent : les marais sont bien plus productifs que les prés, mais « à la différence des agriculteurs, des chasseurs, des ornithologues et des protecteurs de la nature qui perçoivent directement, « visuellement » les « services » rendus par les marais salés pâturés, les pêcheurs, les mytiliculteurs, les ostréiculteurs ne peuvent se rendre compte, par manque de connaissances, du fait que le succès de leur productions, que leurs revenus peuvent en partie être tributaires de ces marais « ordinaires » qui, jusqu’à présent, étaient plus perçus comme une gêne qu’un atout. »

La nature est généreuse, mais sa production obéit à des lois qui traduisent des mécanismes complexes, des interactions. Les lois humaines ignorent souvent celles de la nature, et beaucoup de richesses sont ainsi perdues. La moitié des zones humides de la planète ont disparu en 30 ans. Le développement durable a besoin de ses instruments économiques, pour que l'activité humaine arrête de se substituer aux bienfaits de la nature, mais s'ingénie à les démultiplier.

Une affaire hautement rentable.

 Prochaine chronique : compétition


[1] Pour une réhabilitation de la nature ordinaire : la notion de services rendus par les écosystèmes. Pages 129-138. In La Charte de l’Environnement : enjeux scientifiques et juridiques. Actes du colloque du 13/03/03. Publ. MURS et AFAS. 141 p.

[2]     Michel Cohen de Lara et Dominique Dron, "Evaluation économique et environnement dans les décisions publiques", rapport au ministre de l'Aménagement du territoire et de l'environnement, La documentation française, 1998

[3]     Costanza et al. : The value of the world’s ecosystem services and natural capital. Nature/Vol 387/15 mai 1997. Pages 253-260.

[4]    Voir la chronique Abondance, du 19 mars 2007

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Jeudi 26 avril 2007

Quand j'entends le mot global, je sors mon revolver ! On a tôt fait, avec ce mot, de noyer le poisson, de faire croire que, tout étant dans tout et réciproquement, chacun doit s'occuper de tout, que tout le monde est compétent. Dans la foulée, le développement durable est vite considéré comme un concept valise, attrape-tout, puisqu'avec ses trois dimensions, il s'occupe de tout ! Il est vrai que chaque domaine présente des interfaces avec bien d'autres, et qu'il faut avoir une idée d'ensemble. Penser globalement est nécessaire. Mais si on ne l'assortit pas d'une exigence de rigueur dans la pensée, on risque fort de tomber dans une espèce de magma informe, où l'on parle de tout, mais sans décrypter les liens de causalité, les moteurs, les cycles, les actions-réactions, qui permettent de s'infiltrer dans la complexité de la vie, et d'y trouver son bonheur. La dérive que le mot global entraîne souvent est de se substituer au concept de système[1], avec des acteurs, des forces, des stratégies, des réactions.

La difficulté de traduire le mot global dans les actes est illustrée par les mésaventures du coût global. Un concept de bon sens, mais qui ne parvient pas à s'imposer. Comment un bon gestionnaire ne pendrait-il pas en compte le coût de fonctionnement des installations qu'il commande ? D'accord, il y a la rigueur des budgets et les risques d'endettement excessifs, mais les endettements qui font faire des économies valent mieux que les économies qui entraînent des dépenses incontrôlées. Il y a la manière de calculer, les taux d'actualisation, les incertitudes sur les prix des fournitures, bien sûr, mais les ordres de grandeur, les masses en présence, sont telles que ces incertitudes ne pèsent pas grand chose. La réticence à intégrer la durée semble être plus culturelle que comptable, à moins qu'elle ne soit le fruit d'une organisation des responsabilités qui fait que le comptable des dépenses ne constate jamais les effets desdites dépenses, ce qui l'entraîne à chercher exclusivement à les restreindre, à résister au penchant « irresponsable » des décideurs à toujours dépenser. C'est un peu comme la prévention, dont on voit le coût en argent sonnant et trébuchant, alors que les coûts évités de sont que le fruit d'un calcul, abstrait et toujours contestable.

La version du coût global limitée aux coûts d'investissement et de fonctionnement est réductrice. Elle évacue l'essentiel de la question, en concentrant l'attention sur le moyen, et en oubliant la finalité. On ne construit pas un ouvrage pour lui-même, on n'achète pas une voiture ou un matériel lourd pour tourner en rond ou faire les trous du sapeur Camembert. Ces investissements répondent à un besoin. La manière de répondre à ce besoin, la qualité du service rendu, constituent les données économiques premières à intégrer. Si vous construisez une école, c'est la performance scolaire qui est la première valeur à examiner, valeur qui se traduit en argent comme en intégration sociale, en « sociabilité ». Un redoublement coûte cher à l'institution, à la famille de l'élève, à l'élève lui-même qui perd un peu de la confiance en lui qu'il avait, avec le risque de décrochage progressif et d'une sortie sans diplôme et une moindre efficacité économique. Si la performance scolaire du bâtiment n'est pas intégrée dans l'équation économique, celle-ci a-t-elle encore un sens ? De nombreuses études, réalisées dans plusieurs pays, montrent que la qualité de la lumière, les qualités acoustiques, le confort thermique, le volume de renouvellement de l'air dans les classes, influencent les résultats scolaires. C'est par exemple la conclusion d’un séminaire international organisé par le programme de l’OCDE pour la construction et l’équipement de l’éducation[2], où il est affirmé que les bâtiments éducatifs contribuent de manière cruciale à l’amélioration des résultats.   (…) Les évolutions dans la conception de ces bâtiments se doivent de servir le processus éducatif et d’améliorer la qualité de l’environnement d’apprentissage. L'investissement nécessaire pour optimiser ces paramètres ne peut être compté dans la rubrique des coûts sans que les bénéfices obtenus ne soit comptés de leur côté. Une comptabilité, fut-elle publique, qui ne connaît que les coûts et ignore les services rendus est-elle légitime ? C'est sans doute à cause de cette césure que les résultats ne sont pas au rendez-vous : depuis la mise en œuvre de la décentralisation et l’investissement des collectivités, les réalisations se révèlent, à l’usage, malgré quelques réussites à souligner, souvent inadaptées à la vie scolaire quotidienne et fort coûteuses en maintenance et entretien. Les réhabilitations ne donnent pas plus de satisfaction au regard des pratiques pédagogiques. Il apparaît que la fonctionnalité, c'est-à-dire la vie quotidienne des élèves et des personnels, a souvent été oubliée ou mal conçue. (…) La force des habitudes, comme le poids des pressions multiples, empêche de concevoir l’école comme lieu de vie et de travail[3]. Peut mieux faire, dirait-on dans un livret scolaire. Encore un effort pour être durable.

Avec le PIB, c'est l'inverse, on ne compte que les productions, en oubliant les prélèvements nécessaires pour cette production. Le développement durable ne peut se piloter sans une vision comptable complète[4].

On l'a vu dans la chronique Lumière[5], le schéma traditionnel de présentation du développement durable, avec les trois cercles qui se recoupent, et leur intersection commune qui constitue le champ du durable, présente l'inconvénient d'être statique. L'objectif doit être de faire évoluer ces cercles pour que leur intersection soit de plus en plus grande, et que le champ du durable s'élargisse. Le pari peut être fait que ce serait le cas si tous les coûts, environnementaux et sociaux, étaient effectivement comptabilisés dans les calculs économiques. Les divergences d'appréciation selon l'angle d'attaque résultent souvent d'une prise en compte partielle des coûts  et des avantages réels. Le développement durable a besoin d'instruments économiques plus intégrateurs, qui rendraient fidèlement et complètement compte de la réalité dans toutes ses dimensions. Avec une vision globale.

 Prochaine chronique : Gratuit


[1]    Chronique du 2 avril 2007

[2] Londres, mai 2004

[3] Rapport d’étape au ministre de l’Education nationale 26 mars 2002 du Conseil national de l’innovation pour la réussite scolaire. On se reportera utilement sur ce point au dossier n° 177 du CERTU (centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques, www.certu.fr) Les groupes scolaires : vers des réalisations durables adaptées aux usagers, 2006.

[4]    On pourra se reporter utilement au guide Ouvrages publics et coût global publié en janvier 2006 par la Mission interministérielle  pour la qualité des constructions publiques (MIQCP), et téléchargeable sur le site www.archi.fr/MIQCP

[5]    Chronique du 14 décembre 2006

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Lundi 23 avril 2007

Deux approches distinctes peuvent inspirer ce mot. Tout d’abord, la valeur d’usage. Il était courant de dire que les biens qui ont une grande valeur d’usage, comme l’air que nous respirons, et qui est indispensable à la vie, n’avaient pas de valeur marchande puisqu’ils sont très abondants et que c’est la rareté qui fonde la valeur marchande. Il se trouve juste que l’abondance n’est plus au rendez-vous ! la hausse des consommations individuelles dans les pays industrialisés, et demain dans les pays dits émergents, fait que ces biens auront une valeur marchande, et feront l’objet d’échanges commerciaux. C’est une révolution qui se prépare, qui va à l’encontre de nombreuses cultures et d’habitudes. Comment les règles de l’économie vont intégrer cette nouvelle donnée, cette question est au cœur des réflexions pour un développement durable. La question de l’accès à l’eau potable est fortement portée par des ONG et fait l’objet de colloques internationaux, mais il faut l’élargir aux biens essentiels, avec dans le prolongement immédiat les débats sur les services publics. La question est d’importance, et mérite mieux que le recours à des positions simplistes préparées à l’avance, elle ne doit pas se résumer à offrir un nouveau champ de bataille à des protagonistes sûrs de leurs positions comme de dogmes immuables. L’enjeu quantitatif est considérable, et l’efficacité des organisations doit être assurée avec la même priorité que le bon usage de la ressource. La gratuité est mauvaise conseillère, tout comme le business est insupportable quand il s’exerce sur des biens vitaux. Voilà une contradiction qu’il faut savoir résoudre dans un esprit de développement durable, c'est-à-dire en en sortant par le haut, au-delà des préjugés, en sachant changer d’angle d’attaque, en conjuguant des paramètres que lourdeurs de pensée nous faisaient apparaître comme antagonistes. La confrontation de la valeur d’usage et de la valeur marchande est un des grands débats incontournable sur le chemin du développement durable.

La deuxième réflexion concerne les militants du développement durable. Ils commettent souvent l’erreur bien compréhensible de croire que ce sont eux qui font le développement durable. Bien sûr, ils ont un rôle important d’animateur, et peut-être de catalyseur, mais ne nous faisons pas d’illusion, ce sont les acteurs de la société, chacun dans sa fonction et avec ses intérêts et sa culture, qui font que le développement est durable ou non. Une des expressions de référence pour le développement durable est « penser globalement, agir localement », et il faut la traduire de manière moins philosophique mais plus opérationnelle : la macro économie est importante pour donner une idée générale des enjeux, mais la micro économie est essentielle pour entraîner les acteurs sur la voie du développement durable. En bref, on n’obtiendra aucun résultat durable sans répondre aux aspirations et aux objectifs personnels des différents acteurs concernés.

Cette évidence se décline de mille manières, notamment dans l’élaboration des documents d’urbanisme et dans les constructions, comme dans la conception et le design des produits d’usage courant[1]. On notera cependant que dans ce dernier cas, le consommateur est plus libre de choisir, et les industriels l’ont intégré, ce qui est moins vrai dans l’aménagement et la construction, où les concepteurs sont plus tentés d’imposer leur perception de la société durable.

On peut souhaiter voir les consommateurs et usagers vertueux[2], et il est certainement possible de leur donner les repères pour qu’ils le deviennent, mais si, sans attendre ce résultat, on leur impose un cadre où ils ne se reconnaissent pas, où ils ne trouvent pas leurs marques, les meilleures intentions du monde peuvent conduire à l’échec assuré. Il faut que l’usager, la personne qui va vivre dans le quartier ou la maison que l’on veut durable, adhère au projet qui lui est proposé, et pour cela, la seule manière est de bien répondre à ses besoins, et de privilégier la qualité d’usage. On ne construit pas une maison pour faire des économies d’énergie, on le fait pour satisfaire un besoin, celui de loger des gens par exemple, avec leurs familles, leurs modes de vie, leurs habitudes, leurs modèles culturels. Et on le fait dans les meilleures conditions environnementales, en privilégiant autant qu’il est possible les conditions de travail des personnels qui vont contribuer à l’ouvrage, de la carrière au chantier en passant par les usines et les transporteurs, et en soutenant l’économie locale. Mais n’inversons pas les priorités, la première est bien celle de satisfaire un besoin. Le concept de bâtiment durable n’a pas de sens. Ce qu’il faut, c’est un bâtiment dont les occupants pourront adopter un mode de vie durable. C’est le mode de vie qui doit être le point de départ, et non le bâtiment, dont les qualités ne peuvent s’analyser sans référence à l’usage qui en est fait. Le dialogue avec les usagers, qui commence par une écoute sans a priori, est un des ingrédients de base de tout projet de développement durable[3].

Les projets d’aménagement n’échappent pas à cette règle. On a pu voir des documents d’urbanisme vertueux, fondés sur des principes irréprochables, rester impuissants face aux aspirations des candidats à la construction. La maison individuelle est souvent mal vue dans les milieux environnementalistes, du fait de la consommation d’espace et d’énergie qu’elle provoque. Elle n’en est pas moins le modèle bien ancré dans les esprits, et constitue l’objectif principal de très nombreuses familles. Pour préserver le caractère vert des ceintures proches des villes, on a tenté d’en freiner l’urbanisation diffuse, avec le résultat que l’on observe du report de la construction au-delà des frontières du territoire contrôlé par les autorités d’agglomération. Beau résultat, qui conduit à un allongement des déplacements, sans restreindre pour autant la consommation d’espace.

La réponse à la question des extensions urbaines n’est pas dans les plans d’urbanisme, elle est dans l’offre de quartiers répondant à la fois aux aspirations des futurs habitants, et à des exigences environnementales fortes. C’est proposer des ensembles où chacun pourra adopter un mode de vie durable, et y trouvera de l’intérêt. Le projet de démarche de type HQE expérimenté actuellement sur une dizaine de ZAC et lotissements part bien de ce constat : l’analyse du contexte social et des usages figure en bonne place dans la première phase de l’opération, bien avant de prendre un crayon pour dessiner les grandes lignes du projet, avec le concours de sociologues et même d’anthropologues, pour insérer le projet dans la vie de la ville d’accueil, et intégrer les pratiques des habitants. Le jeu des acteurs est inséparable du plan.

Les gens votent avec leurs pieds, dit-on, et le développement durable, où se conjuguent le logement, l’accès aux services publics et à l’emploi, et aussi les loisirs, l’alimentation, les relations de voisinage, la relation personnelle avec la nature, les références culturelles, ne sera jamais le résultat d’une approche théorique. Ce sera le fruit d’une dynamique sociale fondée sur les usages, et les professionnels du design industriel, comme de l’aménagement et de la construction, et comme les militants du développement durable, doivent s’y insérer pour y participer utilement.

 Prochaine chronique : Global

 

 

[1] Sur ce point, on pourra se reporter à la chronique Clameur, du 12 février 2006,

[2] Voir la chronique Vertu, du 15 mars 2007,

[3] Voir à ce sujet la chronique Contrainte, du 8 février 2007


Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Jeudi 19 avril 2007

En période d’élection, il est toujours question des arbitres, ceux qui vont faire pencher la balance. On parle aussi du rôle du Président, à qui l’on attribue le rôle d’arbitre ou de joueur, en vertu des grands principes, comme dirait Guy Béart, et on tranche rapidement, en vertu des grands sentiments, en demandant tout au futur élu.

Pour le développement durable, la question est ouverte et largement débattue de la configuration du ministère qui en serait le garant. Quelle organisation administrative imaginer pour une politique qui doit irriguer toutes les autres ? L’affaire n’est pas simple. Le développement durable, par nature, doit faire apparaître les contradictions dont nos politiques sont fécondes, surtout si l’on vient à les croiser, à les envisager d’une manière synthétique et non plus sectorielle. C’est un des mérites attendus de la culture du développement durable, à instiller dans tous les ministères et services publics, pour ne parler ici, en cette veille d’élections, que de l’Etat. C’est que les contradictions doivent apparaître au grand jour, non pas pour montrer du doigt tel ou tel responsable, mais pour que l’on puisse en sortir, par le haut si possible. Rien ne serait pire que la non reconnaissance des conflits, qui empêche toute recherche de solutions innovantes, et pousse à choisir, au plus vite et dans la discrétion, la solution traditionnelle, ou celle portée par les plus gros intérêts.

Il faut donc que les conflits soient connus, pour être analysés, dépassés, ou tranchés en connaissance de cause, et que l’on puisse ainsi en tirer tous les enseignements utiles pour d’autres situations analogues qui pourraient se présenter.

C’est le sens du principe de précaution[1], qui demande que les risques soient mis sur la table, exposés, de manière à ce que les enjeux soient publics, et que la décision soit assumée par ceux qui l’ont prise. A défaut, ce sont des décisions occultes, prises par des groupes d’intérêts bien qu’elles engagent toute la société.

Pour les ministères, c’est pareil. On parle d’arbitrages, mais faut-il encore que l’arbitre ne soit pas un joueur, ou qu’il ne soit pas engagé auprès d’une équipe. L’Etat actionnaire trouve ainsi ses limites, ou alors l’Etat trop proche – ne serait-ce que par la culture dominante des dirigeants -  de certains acteurs.  Prenons deux exemples pour illustrer ce propos : ce sont souvent les mêmes écoles qui fournissent les patrons des grands groupes et des ministères ; quant à la tutelle d’activités jugées stratégiques, comme l’aviation ou l’énergie, elle semble bien légère. On a cru que la présence de l’Etat à la tête des grandes entreprises de ces domaines, comme actionnaire et comme fournisseur de dirigeants, assurait en soi l’intérêt général. Parlez-en aux riverains des grands aéroports, et aux locataires d’immeubles HLM dotés d’un ruineux chauffage électrique, sans oublier les contribuables qui ont dû combler le trou béant laissé par les mauvaises affaires du Crédit Lyonnais. Une belle tutelle en vérité !

L’Etat opérateur perd toute légitimité à arbitrer. On a cru que la seule manière de maîtriser la politique des grandes firmes était d’en être les patrons, mais c’est tout l’inverse : les entreprises « sous tutelle » font remonter leurs exigences vers leur tutelle, à leurs camarades d’école, nourris au même lait, et sans que les confrontations, légitimes, ne soient rendues publiques. L’Etat soi-disant fort est l’otage des ses filiales pourrait-on dire, en forçant le trait.

Il vaut bien mieux distinguer nettement les rôles,  pour que la fonction stratégique et d’arbitrage de l’Etat soit pleinement assurée. Le mélange[2] des genres a rendu nécessaire la création d’autorités indépendantes, par exemple sur le contrôle du bruit des avions ou la régulation de l’électricité. Leur légitimité a souvent été mise en doute, et on peut penser que c’est L’Etat, et ses structures classiques ministérielles, issu de processus démocratiques, qui devrait assurer la police et les arbitrages. Mais il a perdu la confiance des partenaires, en prenant le parti de ses intérêts d’actionnaire.

Arbitrage renvoie aussi au Parlement, qui selon sa composition soutien ou non les propositions de l’exécutif, du gouvernement. On a souvent reproché au mode de scrutin proportionnel de donner un poids excessifs aux groupes considérés comme « charnière », arbitres qui peuvent faire tomber un gouvernement et font payer chèrement leur soutien. N’ayons pas d’illusion, le phénomène se produit aussi avec le mode de scrutin majoritaire, mais sous une forme différente. Chacun sait qu’il existe des groupes fondés sur des intérêts particuliers (agriculteurs, enseignants, professions de santé, etc.) ou une vision du monde (traditionnalistes, religieux intégristes, etc.) qui pèsent sur les élections : ce n’est pas dans l’assemblée qu’ils se manifestent comme « charnière », mais avant, dans les programmes des candidats et de leurs partis, où  leurs revendications sont prises en compte bien au-delà de ce qu’ils représentent : c’est qu’ils peuvent être la « charnière » qui détermine le résultat dans chaque circonscription, et on sait que le mode de scrutin majoritaire tend à  accentuer les mouvements d’opinion, un écart très faible, de 1 à 3 % pouvant faire basculer de nombreux sièges d’un bord à un autre. Mais à la différence des assemblées élues à la proportionnelle, les groupes charnière ne se voient plus : avec le scrutin majoritaire les conflits et les arbitrages sont internes à chaque grande formation, et ne se voient plus en plein jour.

Revenons au débat en cours sur le ministère qui serait chargé du développement durable. Certains voudraient accroître sa puissance en élargissant ses responsabilités. Idée séduisante, mais dangereuse : imaginez qu’un éventuel ministre des transports et du développement durable doive choisir entre deux exigences, résolution d’un problème immédiat de transport d’une part, et un risque de dégradation à terme pour l’environnement d’autre part, avec les chauffeurs routiers dans la rue, pour donner un peu de piment au tableau. L’arbitrage se fera au sein de ses propres instances de décision, et ne seront pas portée devant le chef du gouvernement, comme ça l’est aujourd’hui. Il est vrai que la recherche d’une solution intégrée est plus facile dans un seul et même ministère, mais la pression du moment risque bien de rendre cette facilité totalement virtuelle.  Il en serait de même pour l’énergie, pour l’agriculture et la pêche, le tourisme, etc. Les conflits existent, et la recherche de voies nouvelles de développement en fera apparaître encore beaucoup : il faudra bien sûr rechercher des solutions intégrées, pour surmonter les contradictions, avec des approches originales, des rapprochements inattendus, et il est tentant de croire qu’une seule et même autorité y parviendra mieux que plusieurs, mais le risque est grand de voir le « naturel revenir au galop » dès la première alerte. Le développement durable est interministériel par nature, il touche aux territoires comme à la culture et à la fiscalité, à l’industrie et au commerce extérieur, à l’éducation et à la diplomatie. C’est l’organisation d’une véritable collaboration interministérielle qu’il faut rechercher, une nouvelle manière de gouverner. La bonne gouvernance, ça concerne aussi le gouvernement.

Prochaine chronique : Usage

[1] Précaution, chronique du 28 février 2006

[2] Mélange, chronique du 14 mai 2006

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Lundi 16 avril 2007
Paysage

Le paysage est souvent perçu de manière étroite, comme une simple émotion esthétique. Ce serait déjà pas mal, mais c’est bien autre chose. Tout d’abord, comme nous l’avons déjà vu dans ce blog, la croissance de demain sera qualitative[1]. Produire toujours plus conduit à une impasse. Il faut créer de la valeur sans prélever de ressources naturelles et sans dégrader le milieu, et c’est la recherche de la qualité qui deviendra inévitablement la principale source de richesse. Le paysage représente un atout majeur dans cette perspective, et c’est l’attractivité d’un territoire qui en fera de plus en plus la fortune,  pour l’implantation des activités et des villes, mais aussi par le tourisme qui constitue déjà, pour la France comme à l’échelle de la planète, la première activité économique.

Le paysage est aussi la représentation de notre société. Il rappelle notre histoire, illustre nos modes de vie et de production, témoigne de notre organisation sociale. On pourrait parler à ce titre de la transmission du patrimoine, avec le rôle que joue le droit de succession sur le paysage de nos campagnes, selon l’existence ou non du droit d'aînesse. Un exemple parmi bien d’autres de la sensibilité du paysage à nos usages.

Pour illustrer ce rapport très puissant entre paysage et vie de tous les jours, observons le couple énergie paysage. L’énergie, ça c’est sérieux, ça a de la valeur, on en a besoin pour vivre et produire, pour se déplacer. Ça crée des emplois et des ennuis, accidents dans les mines, déchets radio actifs, effet de serre, etc. On est bien loin du paysage, un luxe sympathique,  mais peut-on encore se l’offrir ? On est dans l’urgence et la crise, on ne peut pas perdre de temps à ces considérations d’une autre époque.

Et bien si vous pensez ça, vous avez tout faux. L’énergie et le paysage forment un vieux couple, avec ses élans de tendresse et ses disputes. Ils sont inséparables.

Aujourd’hui, on parle beaucoup des éoliennes, et parfois des difficultés à installer des capteurs solaires dans les centres anciens. Les énergies renouvelables ont mauvaise presse auprès de ceux qui ont charge de préserver le patrimoine. Les promoteurs des énergies renouvelables répliquent en citant les lignes à haute tension, les tours de refroidissement des centrales nucléaires, pour rappeler que les énergies traditionnelles ont depuis longtemps touché aux paysages. Un débat du type « C’est pas moi, c’est l’autre » qui ne fait pas progresser les idées, ni la compréhension réciproque, et qui réduit étrangement l’angle d’approche de la question. L’énergie est présente partout. Dans la conception même des maisons traditionnelles, comme dans le mode d’exploitation de la nature. Depuis des siècles, on a coupé des forêts pour faire du feu, notamment dans les vallées où étaient installées des forges. Aujourd’hui encore, les abords des villes africaines ont du fournir le bois nécessaire à la cuisine, repoussant bien loin les limites de la forêt. Revenons en France. L’agriculture s’est organisée pour produire de l’énergie : le bocage, parmi toutes ses qualités, était machine à fournir du bois, avec une taille régulière des haies pour se chauffer. Et que dire de l’énergie animale, qui a dominé nos sociétés jusqu’à l’arrivée de la machine à vapeur, et qui consommait un cinquième de la production végétale, car il faut bien nourrir les chevaux et les bœufs. On s’inquiète parfois des surfaces que nous allons consacrer à cultiver des plantes pour les biocarburants, et bien la traction et la mobilité ont par le passé déjà occupé des parts importantes de nos espaces agricoles et forestiers. Mais la manière de le faire n’est pas indifférente. Le paysage, c’est aussi les retenues d’eau pour l’énergie hydraulique, les terrils des mines de charbon, avec toutes les installations qui vont avec. La liste serait longue, des nombreux signes inscrits dans le paysage de l’ingéniosité humaine face aux besoins d’énergie : biefs de rivière aménagés, moulins à vent, châteaux d’eau pour assurer la pression, etc. Bref, la production d’énergie, qu’elle soit renouvelable ou fossile, a de tout temps marqué le paysage, et il n’y a pas de raison pour que ça change.

De même, le mode d’utilisation de l’énergie a déterminé les paysages. La forme et l’orientation des maisons étaient conçues pour tirer au mieux parti des foyers et de la chaleur animale, et les villages traduisaient dans leurs plans la manière que l’on avait de réduire les surchauffes et les refroidissements. L’efficacité énergétique était déjà une préoccupation majeure. C’est l’abondance de l’énergie qui a bouleversé la donne. L’arrivée du tracteur a transformé les paysages ruraux, l’architecture s’est crue libérée de la contrainte énergétique, l’urbanisation s’est étendue loin des centres et les villes sont devenues plus perméables aux vents, les besoins de lumière n’ont plus été restreints pour cause de petites fenêtres, etc. Ajoutons que la production et la consommation d’énergie se sont éloignées l’une de l’autre, ce qui a offert encore plus de liberté dans l’organisation de l’espace et des activités, mais au prix de lignes de transport de l’énergie, et on obtient une nouvelle facette du lien étroit entre énergie et paysage.

Cette histoire commune doit être assumée, et il serait bien léger, aujourd’hui, de ne voir qu’un des deux membres du couple, et de négliger l’autre. S’il y a antagonisme, opposition, il faut les affronter, et tenter de sortir de la contradiction « par le haut », comme on doit le faire dans un esprit de développement durable. Les tenants du paysage et ceux de l’énergie sont encore bien loin les uns des autres. Deux cultures, deux certitudes de représenter des valeurs fortes, et souvent un dialogue de sourds. On observe bien ici et là des tentatives de rapprochement, comme des efforts architecturaux pour intégrer des énergies renouvelables dans des constructions, comme l’ont fait les architectes « bioclimatiques », ou des produits intégrés, tuiles solaires ou cellules photovoltaïques incorporées dans des parois, mais on sent bien que ce n’est qu’un début, il y a encore beaucoup à faire.

Cette histoire commune, du paysage et de l’énergie, connaît de nouveaux épisodes, avec une obligation : trouver des complicités, des solutions favorables aux deux parties. Chercher à installer des éoliennes dans un paysage sans l'abîmer est une mauvaise piste. Ce qu’il faut c’est chercher comment ces éoliennes vont embellir le paysage, comment les implanter pour qu’elles contribuent à la richesse du site. Le développement durable n’est pas la recherche d’un compromis, mais avant tout une ambition.

Cette aventure commune du paysage avec l’énergie, avec nos modes de vie et d’organisation sociale, doit être exploitée. Car le paysage a une qualité essentielle : c’est une approche sensible, ressentie par chacun, avec sa culture et ses repères. C’est une approche populaire des problèmes de notre société. Nous pouvons tous avoir un avis sur le paysage, parler de la manière dont nous le ressentons. C’est une formidable occasion de dialogue et de confrontations, qui permet d’aborder bien d’autres sujets, comme l’énergie et les impôts, et de les mettre eux aussi en débat.

Non content d’être une valeur en soi, le paysage est en plus un outil de dialogue et d’échanges. Que demande le peuple du développement durable ? Il faut juste apprendre à s’en servir !

 Prochaine chronique : Arbitre



[1] Voir la chronique Qualité, du 2 avril 2006

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
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- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

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- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

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- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

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- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

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Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

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