Le DD par les mots

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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Mercredi 31 mai 2006
Le diesel est diversement apprécié. Côté consommateur et porte monnaie, très fréquent et légitime à bien des égards, le choix du diesel est le résultat d’un calcul rapide, où le nombre de kilomètres parcourus chaque année est la variable essentielle. Pour les personnes soucieuses de la qualité de l’air et de la santé publique, c’est tout autre chose : le diesel est une source importante de pollutions locales, avec en vedette des oxydes d'azote et surtout les particules. Celles-ci sont cancérigènes. Pour beaucoup, le diesel est ainsi devenu le symbole d’une technologie à combattre.

Est-ce le bon combat ? Le combat porte-t-il sur le carburant ou sur les particules ? Car le diesel offre de bonnes performances à d’autres égards, notamment en termes de consommations, et par suite d’effet de serre. Faut-il donc choisir entre la pollution globale, l’effet de serre, d’un côté, et la pollution locale, les particules, de l’autre ? En substituant le diesel à la particule pour désigner l’ennemi, on commet une erreur, on se trompe de combat. Heureusement, la recherche de solutions pour réduire le nombre de particules émises, et ensuite les piéger au bout du tuyau d’échappement n’a pas été interrompue, et le diesel devient de plus en plus propre. Il a toujours des défauts, mais l’essence en a également, et en attendant des transformations profondes dans nos modes de vie et de mobilité, le mieux est sans doute de diversifier les inconvénients, de manière à ce qu’aucun d’entre eux ne parvienne à des niveaux insupportables.


On a vite fait de se tromper de combat, de se fixer des objectifs qui empêchent de progresser. Les riverains de l’aéroport de Roissy Charles de Gaule en ont été des témoins, quand un ministre des transports s’est engagé à limiter le nombre annuel de passagers qui y passeraient, au lieu de se concentrer sur la vraie question : celle du bruit. L’objectif à se fixer ne concerne pas en premier lieu les passagers, mais le bruit des avions, que l’on peut réduire de plusieurs manières : exiger des compagnies des appareils moins bruyants, améliorer les procédures d’approche et d’envol, redéfinir les couloirs aériens, réduire le nombre de mouvements d’avions en favorisant les gros porteurs, etc. En portant le combat sur le nombre de passagers, le ministre a ainsi fermé la porte à d’autres solutions pour traiter le problème posé, il a réduit le champ du possible. Le développement durable, c’est bien au contraire, élargir le champ du possible, offrir une palette de solutions assez ouverte pour permettre une évolution diversifiée de nos sociétés, et mieux répartir leur pression sur les ressources.


Autre combat mal engagé : la densité. Nous n’aimons pas la densité, dans les villes et les grands ensembles. Nous l’opposons facilement à la qualité urbaine, à la qualité de vie. Ce faisant, on oublie que Paris est une ville très dense, dont les qualités sont vantées, à juste titre, et traduites dans la valeur des appartements. On oublie que la densité des grands ensembles, calculée en nombre d’habitants au mètre carré ou à l’hectare, est faible malgré leur apparence et la hauteur des barres et des tours. La qualité n’est pas l’ennemie de la densité, il y des densités d’excellente qualité, et de la non-densité de très mauvaise qualité. L’exigence doit porter sur la qualité, c’est là le vrai combat.


Dans le même ordre d’idée, la maison individuelle est mal vue des écolos. Elle consomme de l’espace, de l’énergie, et entraîne fatalement un recours massif à la voiture. Cette condamnation, qui n’est pas suivie de la majorité des Français, puisque 60% des logements neufs construits chaque année sont des maisons individuelles, pourrait entraîner une absence d’intérêt pour les vertus desdites maisons individuelles, vertus potentielles qu’il convient de concrétiser : recours plus aisé aux énergies diffuses, contact avec la nature, autoproduction de produits alimentaires, possibilité de traiter une partie des déchets sur place, infiltration et/ou récupération des eaux de pluie, etc. Ces qualités sont potentielles, elles ne se sont pas toujours au rendez-vous si on ne se donne pas les moyens de les obtenir. C’est là qu’est le combat, avec bien sûr son complémentaire, offrir une meilleurs qualité de vie en ville.


Se tromper de combat est donc fréquent, et constitue un obstacle dans la recherche de solutions. Cette erreur d’objectif se traduit parfois dans les mots. On l’a vu avec les partisans de l’« antimondialisation ». La plupart d’entre eux se sentant par ailleurs citoyen du monde, ils ont changé leur nom pour introduire le terme « alter » au lieu d’ « anti ». De même, aujourd’hui le terme « décroissance », qui a ses adeptes, représente t-il le vrai combat ? Le prendre comme tel, n’est-ce pas se priver de certaines pistes de progrès qui contiendrait des réponses aux problèmes du monde d’aujourd’hui, comme une croissance « dématérialisée » ? La recherche travaille aujourd'hui sur la maison « à énergie positive », une maison qui, au lieu de consommer de l’énergie, comme aujourd’hui, en produirait. Plutôt que la décroissance, ne faut-il pas parler d’une autre croissance, d’une « alter croissance », toujours pour ouvrir le champ du possible ?

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Dimanche 28 mai 2006

Souvent, le mot fait frémir. On imagine des suites de maisons semblables, au milieu d’un jardin, le tout d’une affligeante uniformité. Si on ajoute que ces nouveaux ensembles sont loin de tout, mal desservis, et repliés sur eux-mêmes, on a un tableau apocalyptique. Pour l’environnement, ce mode d’habitat suppose en outre le recours systématique à la voiture pour le moindre déplacement, avec le cortège de conséquences que l’on connaît, pollutions de proximité, effet de serre, accidents de la route, etc.

 

Le lotissement serait donc à proscrire, définitivement. A la place, que verrait-on ? Des maisons individuelles réparties dans les campagnes, au gré des possibilités de construire. Un habitat diffus, éclaté, dont la qualité ne serait pas plus garantie qu’avec les lotissements, puisque dans ce dernier cas, le lotisseur prépare les lots, mais ne les construit pas. C’est l’acquéreur qui cherche un constructeur, et l’uniformité est plutôt du à la prédominance de certains modèles de maisons, et à la recherche d’économies immédiates, qu’aux modalités d’accès au foncier.

 

Ces dernières années, les maisons individuelles ont abandonné les lotissements, et ont préféré le secteur diffus. Pour le développement durable, ce n’est pas un progrès, ni pour les communes d’accueil. La qualité du bâti étant à peu près la même, on se retrouve avec de nouvelles constructions réparties aux quatre coins du territoire d’une commune, au lieu d’être groupées. Un impact visuel moins agressif, certes, mais aucun gain sur l’usage de la voiture, et souvent des problèmes difficiles et coûteux à résoudre pour assurer tous les branchements des nouvelles maisons aux réseaux, électricité, eau, assainissement, téléphone. On aura juste évité l’effet de masse que donne un lotissement, avec ses alignements insupportables. Un peu juste comme avantage, et au prix fort. Comment résoudre cette difficile équation, d’offrir à la fois de nouveaux terrains pour construire des maisons individuelles, et de la qualité pour leurs habitants comme pour l’environnement et la collectivité. Comment choisir entre le lotissement uniforme et la multiplication sans réelle cohérence de maisons individuelles ?

 

La solution est simple à énoncer : réaliser des lotissements de qualité. Au lieu de rejeter le principe du lotissement, qui n’est qu’une procédure juridique pour diviser et équiper une parcelle, on va lui associer des exigences de qualité. Une méthode a été mise au point par le syndicat des professionnels de l’aménagement et du lotissement, le SNAL, avec l’aide des pouvoirs publics et d’autres organismes professionnels, sur la base de la démarche HQE®, conçue quant à elle pour les bâtiments. Cette méthode est en cours d’expérimentation sur une dizaine d’opérations, lotissements et petites zones d’aménagement concerté (ZAC).

 

Cette histoire est intéressante à plus d’un titre. Outre la tentative de résoudre l’équation évoquée ci-dessus, et de donner un exemple de sortie d’un contradiction « par le haut », qui est souvent, elle illustre les vertus de la qualité.

 

La question essentielle pour les lotisseurs n’était pas la qualité, mais la quantité. Leurs chiffres d’affaire étaient en péril, car la mauvaise presse du lotissement avait pour première conséquence que de moins en moins de communes ne leur confiaient de terrain à lotir. La pénurie de terrains disponibles  est ainsi devenu le problème majeur des lotisseurs. Un problème de quantité, donc.  Il fallait réagir, et pour cela casser l’image du lotissement traditionnel. La qualité est apparue comme une issue pour surmonter la difficulté. Pour débloquer de nouvelles quantités de terrains, il faut garantir de la qualité pour les projets qui y seront implantés. Quantité et qualité ne s’opposent pas, elles se conjuguent. Dans ce cas d’espèce, les maintenir en opposition, comme on a souvent tendance à le faire, n’aurait pas permis de trouver  cette issue, qui semble prometteuse. La qualité élargit le champ du possible, et ouvre ainsi des pistes pour un développement quantitatif impensable autrement.

 

Nos sociétés modernes sont marquées par les systèmes binaires, ou l’on aime opposer des principes qui ne sont pas des contraires, mais des compléments. C’est peut-être une dérive de l’informatique, fondée sur le principe binaire, ou l’influence de la télévision, dont les sociologues nous disent qu’elle simplifie exagérément les débats. Cet état d’esprit doit être dépassé, et le développement durable est une invitation à chercher des complémentarités à valoriser, plutôt que des conflits à exacerber.

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Mercredi 24 mai 2006

C’est un mot aux sens multiples, ce qui permet toutes les attitudes à son égard. Pour les électriciens, il s’agit bien sûr de résistance électrique, avec l’effet Joule, qui transforme de l’énergie électrique en chaleur. Une transformation d’un rendement médiocre, avec le piège du mauvais calcul, pas cher au départ, très cher à l’arrivée. On l’installe volontiers parce que son installation est facile et pas cher, mais quelle consommation d’électricité ensuite ! Il ne faut pas l’abandonner pour autant, la résistance peut rendre des services pour des locaux d’usage très partiel, rare en hiver, et dont le chauffage ne fonctionne que très peu de temps. Mais c’est un mode de chauffage que le développement durable n’apprécie guère dans le cas général. L’électricité mérite un meilleur traitement que la « dégradation » en chaleur !

 

Résistance à une agression, une guerre, une épidémie. Une autre déclinaison intéressante, car elle permet d’évoquer la prévention, ou l’art de repousser ou de digérer les agresseurs. La durabilité suppose que l’on résiste aux agressions, mais la manière de procéder n’est pas écrite : ce sera une affaire de circonstances. Résister aux frontières, résister de l’intérieur, affrontement direct ou esquive, la palette est large, sachant que le mieux est d’éviter l’agression. Prévenir vaut mieux que guérir.

 

Parfois, c’est l’agresseur qui devient résistant. Il résiste aux pesticides, aux antibiotiques. Grâce à d’habiles mutations, tel insecte continue ses ravages dans les cultures malgré l’épandage de produits devenus inopérants. Les souches ou variétés résistantes se sélectionnent d’elles-mêmes, et la disparition de leurs cousins leur laisse le champ libre. Leur développement est donc « durable », ce qui est bien ennuyeux. La course poursuite s’engage donc. Il faut trouver un nouveau produit, avec une efficacité retrouvée, mais ce n’est souvent qu’un sursis : le parasite visé, durement touché au départ, finit par trouver un spécimen résistant, et c’est reparti !

 

Cette observation est vraie aussi pour les antibiotiques. Les bactéries qu’ils éliminent finissent par évoluer, et échapper à leur funeste sort. Il faut alors rechercher une autre molécule, à grands frais et toujours plus loin. Le prix Epidaure pour la recherche sur les liens entre écologie et santé, qui a été remis hier 23 mai, couronne au titre de la recherche fondamentale des travaux sur ce sujet. Comme, le lauréat, le professeur Andremont du groupe hospitalier Bichat - Claude-Bernard, le souligne, on est au cœur du développement durable. Comme l’électricité du début de ce billet, les antibiotiques sont une chose merveilleuse, et il ne faut pas les gaspiller. Ils ont sauvé des millions de personnes, et il faut que ça dure. La recherche en trouve chaque jour de nouveaux, toujours plus efficaces, mais leur usage trop facile a réduit leur portée. Et il semble bien que l’on se rapproche des frontières du possible en matière d’antibiotiques, alors que les bactéries, elles, continuent de muter et de résister. Comme le dit Bertrand de Jouvenel, nous n’habitons pas la même planète que nos aïeux. La leur était immense, la nôtre est petite. Cette constatation vaut aussi pour les antibiotiques, nous avons atteint les frontières du possible, il va falloir s’habituer à vivre dans un monde fini, avec nos ressources. Et la réponse s’appelle sélectivité, discernement, juste dose, et non prescription systématique et massive. Le sentiment que le progrès permet d’aller toujours plus loin, et que la solution à nos problèmes réside dans une fuite en avant, est en train de s’effondrer. Il faut faire face, et le progrès véritable est de trouver des réponses qui résolvent le problème sans le repousser un peu plus loin ou en poser un nouveau. Faisons mentir l’adage fameux selon lequel « les solutions d’aujourd’hui sont les problèmes de demain » !

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Dimanche 21 mai 2006

Le mot rappelle l’école primaire, où l’on apprend à compter comme à lire et écrire. Mais souvent, de même qu’on ne comprend pas vraiment ce qu’on lit, on fait des calculs qui n’ont aucun sens. Ils rassurent, et ce serait très bien, s’ils ne nous trompaient pas en même temps.

 

Prenons les comptes de la nation. La comptabilité nationale. On y additionne des montants, représentant des activités. Le prix payé permettrait d’évaluer l’intérêt porté à l’activité. Une seule colonne suffit donc, celle des « valeurs ajoutées » par chaque activité. Peu importe sa vraie nature, s’il s’agit de créer de vraies richesses, ou de réparer des malheurs créés par d’autres activités. C’est ainsi que les accidents de la route et les grandes marées noires sont pris en compte dans les calculs comme créateurs de richesses. Le coût des désastres ainsi réparés n’est pas intégré. La perte ou la disparition de richesses n’est pas décomptée.

 

C’est le cas tout particulièrement des ressources prélevées pour assurer ces activités, ou encore des effets secondaires défavorables d’une activité.. Un paysage dégradé par une construction mal placée n’a pas de valeur, alors que ladite construction en a une, sonnante et trébuchante. La perte de qualité de vie provoquée par le bruit d’une route dont le trafic s’accroît régulièrement ne vaut rien, alors que le mur antibruit qu’il faut élever pour la protection rentre dans le calcul. On le voit, la signification des chiffres ainsi obtenus est difficile à percevoir…

 

Autre exemple : prenons le cas d’une ville alimentée en eau par un simple pompage dans une nappe phréatique. L’eau y est préservée, elle est pure et ne nécessite aucun traitement. Mais la ville s’étend, elle a besoin de terrains pour construire, et des pollutions finissent par affecter la nappe. Il faut traiter l’eau avant de la distribuer au consommateur. Autant de dépenses nouvelles, qui se retrouveront sur la facture d’eau. Mais ces dépenses correspondent à une activité, une création de richesse ! Il faut donc la compter, et on l’ajoute aux autres richesses. La population de la ville n’aura rien gagné en qualité ni en service rendu, elle paiera plus cher son eau, mais le calcul montrera une augmentation de la richesse de la ville. L’activité est substituée à la véritable création de richesse, à évaluer par la qualité du service rendu. On est loin du « bonheur national brut » que souhaitait comptabiliser Bertrand de Jouvenel !

 

Les calculs maladroits ou tronqués sont fréquents. Il est souvent difficile d’avoir une vue d’ensemble, et de se projeter dans le futur. Telle soit disant économie immédiate peut se révéler très coûteuse un peu plus tard. Des proverbes ou dictons populaires l’affirment, « bon marché coûte cher » dit-on aux Antilles. Une chaudière bas de gamme aura un rendement médiocre, et sa consommation sera nettement plus élevée que celle d’une machine performante. Faites le calcul, la différence de prix d’achat de la chaudière est comblée en un ou deux ans. Faut-il encore faire le bon calcul, avoir les éléments pour le faire,  et disposer de la trésorerie nécessaire pour payer un peu plus cher l’investissement. A défaut, le dicton « ça coûte cher d’être pauvre » prend toute sa force.

 

On peut aller plus loin dans ce raisonnement, et intégrer encore d’autres éléments dans le calcul. Si vous construisez une école, c’est pour que des enfants apprennent un tas de choses, et aient de bons résultats. Il faudrait donc intégrer le niveau atteint par les élèves dans le calcul économique sur la valeur du bâtiment. Si les résultats scolaires sont excellents, qu’il n’y a pas de redoublement, que les élèves s’insèrent bien dans les classes supérieures, etc., ça a une valeur. Est-elle comptée ? Si à l’inverse, votre école est sonore, mal ventilée, glacée l’hiver et surchauffée par le soleil dès le printemps, sans espaces corrects de détente, tout ça parce que vous aurez fait des économies excessives en la construisant, et que les résultats scolaires sont médiocres, il faut s’interroger sur le parti retenu. Les mauvais résultats scolaires coûtent cher, et les bâtiments malsains et inconfortables contribuent, selon de nombreuses études, à des décrochages d’élèves qui entendent mal le maître, ou bien ont du mal à se concentrer. Le bon calcul doit tout intégrer. Notre habitude de cloisonnement est un obstacle fréquent à cette comptabilité globale. Les résultats scolaires sont une chose, les dépenses pour entretenir les écoles une autre chose, et on fait comme si il n’y avait pas de rapport.

 

Les américains sont plus réalistes. Ils ont fait le calcul pour des bureaux. Ils estiment à 15% l’écart maximum de productivité du personnel entre ceux qui travaillent dans de bonnes conditions, calme, air de bonne qualité, etc. et ceux qui travaillent dans des ambiances physiques dégradées, air mal renouvelé, bruit, chaleur ou froid excessif, etc. Et sur la valeur ajoutée créée dans un immeuble de bureau, la part provenant de la construction du bâtiment n’est que de 2%, celle de son entretien et de son bon fonctionnement de 6%, l’essentiel résidant dans le travail des personnels. Faire des économies sur un poste de 2 points, au risque de compromettre la qualité de vie des personnels, avec des conséquences pour plus de 10 points, ce serait une erreur manifeste.

 

Faire le bon calcul, c’est intégrer de nombreux paramètres, tenir compte de la diversité des valeurs et de leurs interactions. On parle parfois de coût global, correspondant à une vision de l’ensemble des enjeux.

Le bon calcul ne suffit pas pour le développement durable, mais il y contribue.

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Dimanche 14 mai 2006

Si on pense scooter, le mélange deux temps, avec la fumée bleue qui sort du pot d’échappement, le mot a de quoi inquiéter. Plus de pollution, de bruit, une consommation accrue, un régime qui pousse à la faute, au vroum vroum, tout pour plaire !

 

Mais le mot mélange ne concerne pas que les deux roues. Il y a aussi le mélange des genres. Problème très fréquent, qui trouve son illustration dans les expressions où on évoque des pêcheurs en eau trouble, et son contraire avec le dicton : chacun son métier, les vaches seront bien gardées !

 

Depuis toujours, les associations, et depuis moins de temps mais avec plus d’autorité, l’Europe, reprochent à l’administration française de mélanger allégrement les genres. Les services de l’Etat dans les départements cumulaient de nombreuses fonctions : conseil aux collectivités, apport de subventions, délivreur d’autorisations, bureau d’études, maître d’oeuvre pour les travaux, et contrôleur de la bonne légalité des projets. Progressivement, les choses ont changé, et les missions ont été différenciées, les modalités d’intervention des services de l’Etat ont été recadrées pour éviter la confusion générale. Celle-ci est sans doute une des causes de la perte de confiance de nombreux citoyens vis-à-vis de l’Etat, qui ne eut être valablement arbitre et contrôleur des équilibres dans ces conditions. La création, ces dernières années, d’autorités indépendantes sont d’ailleurs la conséquence directe de l’absence de lisibilité de l’action de l’Etat : ses services apparaissant proche des intérêts de certains acteurs, il était disqualifié pour gérer les conflits qui pouvaient apparaître entre ces acteurs privilégiés et d’autres, notamment les riverains et les usagers. L’Etat étant de surcroît, à l’époque, actionnaire d’entreprises publiques, comme Air France ou les grands énergéticiens, il semblait plus intéressé à faire voler des avions ou à construire des centrales nucléaires que de veiller à la qualité de la vie des riverains des aéroports ou de garantir la transparence des évènements susceptibles de se produire dans une centrale. Il n’était plus garant de l’équilibre entre les parties, de l’égalité de traitement. On a donc imaginé des autorités indépendantes pour assurer cet équilibre et l’égalité de traitement des protagonistes. Manifestation de l’incapacité des administrations, pourtant détentrice de la légitimité républicaine, à assurer convenablement leur mission dans sa globalité. L’Etat en France n’est pas habitué à se contenter de fixer des objectifs, de fixer les règles du jeu, et de contrôler que les résultats son atteints par l’action convergente des acteurs. Pendant longtemps, il a été lui-même acteur, soit par son administration soit par des entreprises publiques. Les nouveaux instruments qui voient le jour aujourd'hui, à base de quotas et d’objectifs globaux, accompagnent l’évolution profonde, qui est engagée notamment sous la pression de l’Europe. 

 

Le mélange des genres n’est pas l’apanage de l’Etat. La confusion entre offre et demande est fréquente. Les syndicats ouvriers, représentant clairement une famille de « producteurs » se sont empressé de susciter des syndicats de consommateurs, dès que le mouvement consumériste a pris un peu d’importance ! D’une manière générale, le représentant de l’offre a pour premier souci d’influencer la demande, ce qui est normal, mais parfois excessif quand il essaye dans les faits d’en prendre le contrôle. Il est important de bien distinguer la demande de la réponse à la demande, le donneur d’ordre du prestataire. La tentation est fréquente, pour un commanditaire, surtout s’il n’est pas un professionnel, et qui est facilement obnubilé par une réponse ou une famille de réponses, dont son beau-frère lui a parlé ou qu’il a vue à la télévision, de passer directement une commande sur une solution sans avoir préalablement rempli son premier devoir, à savoir d’analyser son besoin, de poser convenablement le problème à résoudre. On pose le problème en fonction des solutions dont a connaissance, et ce faisant on néglige la tache de base qui consiste à bien savoir ce que l’on veut, véritablement et durablement.

 

A tentation est grande aussi, pour le prestataire, si la question est mal posée, soit de répondre sans discussion ni mise au point avec le demandeur, au risque de le décevoir quand il s’apercevra de son erreur, soit de « caser » le produit le plus intéressant pour lui, indépendamment du besoin de son client. On dit parfois que le développement durable consiste à partir des besoins, et non pas de l’offre. Bien sûr, le besoin se manifeste en fonction d’une offre, et on ne peut les séparer, mais l’important est de maintenir l’équilibre, d’éviter la soumission de la demande et du consommateur à une offre qui ne cherche qu’à vendre toujours plus. Pour y parvenir, un principe simple, réfléchir à ce que l’on veut, se donner un « cahier des charges » qui permette ensuite d’interroger l’offre dans de bonnes conditions.

 

La vie politique française laisse penser que le mélange des genres s’y est introduit, malgré le principe de séparation des pouvoirs. Les fonctionnaires, « servants » en anglais, on du en avoir assez de répondre à la commande du politique, et ils ont décidé de prendre eux-mêmes la place des politiques. Il vaut mieux se passer des ordres à soi-même ! Le nombre de dirigeants politiques issus de la haute fonction publique témoigne de ce mélange des genres.

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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DBDD

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, Dominique Bidou Développement durable, est le support juridique (SARL) de mes interventions en tant que consultant. DBDD s’adresse aux collectivités, aux administrations, aux entreprises publiques et privées. Toutes les activités sont concernées, chacune avec ses spécificités qu’il convient d’intégrer dans les interventionsDBDD propose un accompagnement dans l’élaboration des politiques de développement durable, diagnostic, choix de lignes directrices, mobilisation des acteurs, personnels et partenaires, contrôles et évaluation.  contact@db-dd.org Pour une présentation plus complète, cliquer sur l'icône 
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quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

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