Le DD par les mots

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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Jeudi 29 mai 2008

Nous sommes souvent partagés entre des aspirations contradictoires. L’être humain est ainsi fait qu’il veut à la fois l’aventure et la sécurité, l’animation et le calme, l’affirmation de soi et l’appartenance à un groupe. Comment concilier la nostalgie d’un passé souvent idéalisé et le désir de rupture pour affirmer sa personnalité ? Le développement durable, c’est sortir des contradictions par le haut. Nous ne sommes pas obligés de choisir un camp, ce qui reviendrait, finalement, à abandonner une partie de nos aspirations. C’est difficile, car il faut faire preuve d’imagination, poser le problème différemment de d’habitude, ou le considérer sous un autre angle. Il faut aussi s’exposer à la critique des tenants de chacun des camps, qui tentent de vous enfermer dans un choix préparé à l’avance, alors qu’il n’y a souvent pas de fatalité. C’est un dépassement[1] de soi, de ses contradictions, et du cadre que la société a produit, dans un contexte donné et en fonction d’objectifs qui ne sont plus forcément pertinents. Cet effort n’est pas toujours couronné de succès, mais il clarifie les choix, et marque une étape vers, espérons-le, une solution à terme.

Une contradiction forte, aujourd’hui, est bien de faire vite, car la maison brûle, tout en mobilisant toutes les énergies, en obtenant l’adhésion du plus grand nombre. L’état d’urgence[2] est souvent liberticide, et va à l’encontre de la bonne gouvernance. Et pourtant il ne faut pas choisir, il faut mobiliser tout de suite, et faire émerger chez les nouvelles recrues une culture à la fois profonde, personnelle et partagée du développement durable.

Heureusement, l’analyse montre que les contradictions sont souvent apparentes, et sont le fruit d’a priori ou de convictions sans fondement véritable. Ce ne sont que des paradoxes, des oppositions factices qu’il ait aisé de surmonter, pourvu que l’on sache les détecter. C’est un état d’esprit, avant tout libre de tout a priori, qui est nécessaire, et qui permet d’innover uniquement en se dégageant de fausses certitudes.

L’actualité politique et sociale nous en donne quelques exemples. Le débat sur la constitution. L’article 49-3, celui qui permet de faire passer des textes sans vote, est souvent dénoncé comme autoritaire, voire anti démocratique. Il est au contraire la condition nécessaire pour plus de liberté dans les débats, plus d’ouverture à des points de vue contrastés. Plus la classe est animée, plus elle est productive, mais plus le risque de blocage est grand, et il faut savoir conclure et décider, siffler la fin de la récré comme on dit familièrement. Prévoir la sortie de crise est la seule manière d’ouvrir la discussion, de se lancer dans une construction difficile qui valorise le maximum de points de vue. On peut bien sûr améliorer le fonctionnement d’un article de type 49-3, mais son existence est d’autant plus nécessaire que les assemblées sont diversifiées, que le débat y est ouvert, sans complexe, sans œillères ni clivage systématique qui interdit souvent d’avancer des solutions originales.

Il est question d’une dose de proportionnelle dans les assemblées. C’est une manière de faire participer tous les courants de pensée, notamment ceux qui émergent, qui s’avèrent souvent les plus imaginatifs, qui n’ont pas grand-chose à perdre, qui ne sont pas tenus par les nombreux intérêts que les forces établies se doivent de ménager. Il est clair toutefois que ces élus, à la proportionnelle en sus de ceux qui seraient élus dans des circonscriptions, appartiendront pour l’essentiel aux groupes dominants, arithmétiquement, et que les groupes marginaux devront, pour prétendre obtenir quelques rares élus, présenter des candidats dans chaque circonscription, ce qui les ruinera et conduira inutilement à la multiplication des candidatures. Une dose administrée en plus de système majoritaire est-elle la bonne réponse ? Revenons à la question. Que voulons-nous, en fin de compte ? Une assemblée stable mais diversifiée, représentative des courants de pensée qui parcourent notre société, même ceux que l’on n’aime pas, dont les parlementaires gardent un lien fort avec le territoire. Un mélange de territorial et de proportionnel, qui dépasse la contradiction entre stabilité et représentativité. La proportionnelle départementale répond à ces exigences. La cinquième république en a fait l’expérience une fois, en 1986. Résultat ? Une majorité nette qui a permis, paradoxalement, au Premier ministre qui en est issu, Jacques Chirac, de revenir à un scrutin majoritaire. Celui-ci, malgré une connexion avec une élection présidentielle, sensée assurer un élan majoritaire, n’a pas produit de majorité stable, et Michel Rocard, Premier ministre, devait en permanence aller chercher chez les députés marginaux les voix qui lui manquaient. Un paradoxe intéressant à méditer, avec en fond de décor le souci de tenir le Front national à l’écart, rejetant ainsi toute force politique originale, notamment les écologistes, obligés à s’inféoder aux partis dominants. La question des groupes charnières et de leur propension à profiter abusivement de la situation ne doit pas être négligée, mais relève de la maturité politique de nos concitoyens et de leurs élus. Dans un scrutin majoritaire, le poids des groupes charnière se manifeste de manière plus sournoise. Un glissement de deux points peut modifier l’issue du scrutin pour une centaine de circonscriptions. Voilà le terrain idéal pour qu’un groupe d’intérêt impose son point de vue aux grandes formations qui ne peuvent se permettre de les négliger. Le cas du monde agricole offre une parfaire illustration de cette proportionnelle masquée, bien plus dangereuse qu’une bonne proportionnelle départementale, qui élimine les petites formations dans l’essentiel des départements, à l’exception des plus grands où les formations secondaires peuvent espérer avoir des élus, compte-tenu du quotient électoral. Ce ne serait pas de la mauvaise gouvernance.

L’actualité sociétale a remis à l’ordre du jour l’affaire des caricatures de Mahomet, déjà évoquée dans ce blog[3]. Là encore le paradoxe est grossier. Loin de faire reculer l’extrémisme religieux, objectif avoué de ces caricatures, leur publication est apparue comme une manifestation supplémentaire du sentiment de supériorité des occidentaux. Elle a réveillé ou attisé une réaction de rejet et d’affirmation identitaire[4]. Un terrain beaucoup plus favorable, vous l’aurez deviné, aux progrès d’un islamisme dur qu’à la laïcité. La bêtise n’est pas forcément du côté que l’on pense.

Ces paradoxes sont le plus souvent le fruit d’analyses incomplètes, d’enthousiasmes primaires non tempérés par un minimum de réflexions. Il serait facile d’en sortir, mais il faut pour cela se laver le cerveau, se passer un petit coup de shampoing[5], pour le développement durable.


Prochaine chronique : Marge


[1] Voir Dépasser, chronique du 18/06/2006 et n°19 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

[2] Urgence chronique du 14/05/2007

 

[3] Caricature chronique du 03/02/2006 et n°11 dans Coup de shampoing

[4] Identité chronique du 12/04/2007

[5] Shampoing et développement durable chronique du 30/01/2006, et n°69 dans Coup de shampoing

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 26 mai 2008

Le développement durable ne peut être une aventure personnelle. Tous les efforts que chacun peut faire dans son coin ne pèsent pas lourd face à l’ampleur des problèmes à traiter. Nous ne progressons réellement que lorsque nous sommes portés par un mécanisme plus large, dont nous sentons solidaire et qui rend nos efforts réellement efficaces. L’étude récente du CREDOC sur les consommations des ménages, le confort et les économies d’énergie[1] montre clairement que l’appel aux bonnes volontés ne suffit pas, il faut faciliter les choses aux consommateurs : Cependant, pour comprendre pleinement les comportements de consommation des ménages et définir des marges de manœuvre pour les infléchir, il est nécessaire de s’intéresser aux structures qui les conditionnent plutôt que d’en appeler uniquement à la diffusion de la sensibilité écologique qui, bien que réelle, reste relativement indépendante des comportements effectifs. Les travaux du CRÉDOC sur la mise en place du tri sélectif ont en effet montré que l’adoption par les ménages de la pratique du tri des déchets était moins liée à leur conscience écologique qu’à la mise en place d’une offre de service public (système de poubelles, taxes et redevances d’enlèvement des ordures ménagères), qui inscrit le geste individuel du tri dans un cadre collectif canalisé. L’écologie facile en quelque sorte. Il est intéressant d’observer que cette présentation toute récente s’inscrit dans le prolongement de l’introduction du Livre vert sur l’environnement urbain de la Commission des communautés européennes, de juin 1990, qui affirmait que Pour résoudre les problèmes liés à l’environnement urbain, il faut aller au-delà d’une approche sectorielle. Même s’il est utile, voire indispensable, de fixer des objectifs de qualité pour l’air, pour l’eau, des niveaux maxima pour le bruit, etc. dans des directives ou des recommandations, il est essentiel de mieux comprendre l’origine des problèmes environnementaux qui menacent nos villes afin de trouver des solutions durables. Cela signifie qu’il faut non seulement examiner les causes immédiates de la dégradation de l’environnement, mais également les options sociales et économiques qui sont à la base de ces problèmes[2].

Nous retrouvons bien une approche système, qui se traduit souvent, pour chaque acteur, par l’appartenance à un réseau. L’efficacité ne vient pas seule, elle monte en puissance grâce à des réseaux d’acteurs qui, collectivement, s’améliorent et deviennent plus performants. Il peut s’agir des services publics, comme le mentionne le CREDOC, ça peut être aussi des réseaux professionnels, comme des syndicats, des centres techniques, ou bien des partenaires d’horizons différents qui se retrouvent pour se compléter et se renforcer.

Les réseaux sont parfois constitués formellement, comme des associations ou des groupements d’intérêt, ils sont parfois le fruit d’un système d’information, notamment d’Internet, grand réseau par excellence, qui permet à des milliers de personnes qui ne se connaissent pas mais partagent un sujet qui les passionne durablement ou passagèrement, de se retrouver et d’échanger. Les annuaires, qui ne servent pas qu’à rehausser le derrière des gamins pour qu’ils mangent plus proprement, jouent aussi un rôle fédérateur, favorisent les contacts, et constituent l’armature de réseaux de fait. L’environnement est un thème fécond de ce point de vue, avec de nombreux annuaires spécialisés. Permettez au président du centre d’information et de documentation sur le bruit[3] de citer celui sur le bruit, Les acteurs de l’environnement sonore. J’ajouterai, spécial copinage, l’annuaire des acteurs des énergies renouvelables, publié par Observ’ER[4], et un petit jeune, généraliste et auquel on souhaite, comme au petit poisson, de devenir grand, http://www.abcvert.fr/annuaire.html.

 

prochaine chronique : Paradoxe

[1] CRÉDOC, Guy Poquet, Anne Dujin, Pour les ménages, la recherche du confort prime encore sur les économies d’énergie, Consommation et Modes de Vie N° 210 – mars 2008 (ISSN 0295-9976)

[2] Commission des communautés européennes, Livre vert sur l’environnement urbain, communication de la commission au conseil et au parlement, Bruxelles, 27 juin 1990

 

[3] CIDB, www.bruit.fr

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Développement Durable
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Jeudi 22 mai 2008

En navigation, c’est une pièce essentielle pour la stabilité du navire, qui permet de bien diriger son embarcation, de suivre un cap. C’est aussi un glissement continu, un écart qui se creuse petit à petit, et souvent insidieusement, entre une ligne directrice et un parcours réel, qui s’en éloigne. Dans le prolongement de cette signification, nous trouvons le détournement, la mauvaise interprétation. Les dérives sont nombreuses autour du développement durable, exploité sans vergogne et ainsi dévalorisé. La revue des TGV, distribuée gratuitement, en fournit une illustration consternante dans sa dernière livraison (n° 104, mai 2008). Voilà une page intitulée Shopping écolo, qui vante les tics bios. Le discours est simple : Une petite touche de bio, et hop, la conso sonne éthique, version développement durable. En plus, le bio, c’est beau. Et la page nous montre des shorts en nylon longue durée, donc écolo (85€), ou une gamme de soins masculine issue de l’agriculture biologique marine (35€). Bravo à nos amis de la SNCF de laisser ce genre de bêtise se diffuser, il s’agit à n’en pas douter de la liberté de la presse. Espérons que cette page ne traduit pas la philosophie de notre cher transporteur national en matière de développement durable.

Pas étonnant qu’ensuite des personnes bien intentionnées au départ du train, qui prennent le temps d’aller vite, pour reprendre le slogan du TGV, soient vite fait détournées du développement durable, et considèrent que ce n’est pas sérieux. La gadgetisation du développement durable ne peut que lui faire du tord. Il ne s’agit pas de son exploitation commerciale, laquelle ne peut être rejetée. Que les acteurs économiques trouvent dans le développement durable des opportunités de développement  est une bonne chose, mais de grâce pas avec ce genre d’arguments, qui nous rappelle le vieux slogan la publicité nous rend con !

Une autre dérive courante est celle du prétendu spécialiste. Nous sommes là dans une autre forme de gadget, le discours des docteurs Diafoirus du développement durable, ceux qui en ont assimilé un peu rapidement une culture rigide et partielle, généralement empreinte d’ascétisme et de culpabilité. Ils sont le pendant des Monsieur Jourdain, tout heureux de découvrir qu’ils font du développement durable sans le savoir, et qu’ils n’ont par conséquent rien à changer à leur comportement. Ouf !

Il s’agit là de dérives grossières, que les gens de bonne volonté et un tout petit peu avertis sauront déjouer. Il en est de plus sournoises, pavées de bonnes intentions, bien entendu.

La sensibilité exacerbée, qui dérive en sensiblerie, conduit souvent à se précipiter sur la première solution face à une catastrophe ou à une situation désespérée, toujours injuste pour ses victimes. Combien de famines ont été de bonnes occasions pour apporter des aides qui déstructurent des sociétés et des agricultures locales, par exemple. Bien sûr le spectacle de la faim est insupportable, mais les réponses sont toujours complexes, et l’urgence ne doit pas faire oublier la réflexion. Comment faire vite, pour soulager la souffrance, sans compromettre l’avenir, voilà une bonne question à se poser pour éviter une dérive pleine de compassion et de sincérité. La réponse n’est pas simple, et dépend de chaque situation, mais nous savons que l’amateurisme et la bonne volonté ne suffisent pas, et qu’ils peuvent être dangereux.

Une autre dérive pourrait s’appeler jamais content. Cette attitude fréquente et bien sûr justifiée eu égard aux enjeux et à l’urgence de l’action, caractérise les plus ardents défenseurs de la planète, les plus exigeants. Mais l’effet du jugement, forcément sévère,  qu’ils portent sur les efforts esquissés par le gros des troupes, les gens de bonne foi, qui cherchent à bien faire mais sont encore timides, hésitants sur le chemin à suivre, est le plus souvent décourageant. Comme le développement durable ne peut trouver son sens qu’avec la mobilisation de tous, cette attitude, hyper exigeante, est finalement contre productive. Une dérive du même ordre conduit à trop embrasser, et donc mal étreindre. Le développement durable comporte de nombreuses dimensions, les 3 piliers bien connus, plus au moins un ou deux que l’on avait oublié, les 27 principes de Rio, la gouvernance dans tous ses états, avec la transparence, l’éthique, les générations futures, bref toutes les qualités, ça fait beaucoup. Et il ne faut pas en oublier ! La mobilisation de tous les acteurs ne se fera pas avec des mots savants, avec des renoncements trop durs à consentir au départ, avec des approches trop compliquées où l’on est sûr d’oublier quelque chose, évidemment ce qu’il y a de plus important.

Ces dérives sont évidement inspirées par la vertu, et ne peuvent être condamnées comme les abus manifestes évoqués pour démarrer ce billet. Elles doivent malgré tout être analysées si l’on veut dépasser la simple satisfaction du devoir accompli. L’objectif n’est pas de se donner bonne conscience, il est de gagner une bataille difficile.

Quelles qu’elles soient, les dérives donnent aux beaux esprits, y compris dans le milieu de l’environnement, une formidable occasion de faire de l’esprit, justement, sur le développement durable. Le gadget et le militant trop zélé prêtent à rire, et permettent de décrédibiliser une cause qui s’impose malgré tout au fur et à mesure que les années passent, et que les chiffres tombent, toujours alarmants. Les faiseurs d’opinion préfèrent rire et rester en retrait, au lieu de tenter de remettre les choses à leur place, de lutter contre les dérives qui sont inévitables. Ils se révèlent plutôt être des suiveurs que des leaders. Une ultime dérive ?


Prochaine chronique : Réseau 

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Développement Durable
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Lundi 19 mai 2008

On parle parfois de décroissance. Ce mot a le mérite de choquer, de provoquer, et mettre à mal des croyances bien établies, et il est toujours bon de se remettre en question. Mais il est dur à entendre pour la partie de l’humanité qui crève de faim, qui vit au dessous des seuils de pauvreté, et qui sait bien que le transfert des richesses des nantis vers les pauvres n’est pas pour demain. Est-ce la croissance, d’ailleurs, qui est en cause, et la croissance de quoi ? Du PIB, de la valeur ajoutée par les économies, de la masse monétaire en circulation ? La croissance à condamner est celle des prélèvements anarchiques de ressources naturelles, celle des rejets d’une société de consommation qui fabrique du déchet en quantité industrielle. Ce n’est pas la croissance du nombre et de la qualité des services rendus aux habitants de notre planète. Le slogan de la décroissance traduit l’hypothèse qu’il n’est pas possible d’offrir plus de service sans consommer plus de ressources, alors que le développement durable propose, à l’inverse, de faire plus avec moins, de découpler, pour prendre un mot codé, la croissance économique de la pression sur l’environnement. C’est bien sûr un défi, celui de l’efficacité, du rendement de la moindre ressource, qui est bien illustré par le facteur 4, à savoir faire quatre fois plus de bien avec la même quantité de ressource. La définition du développement durable qui figure dans le rapport Brundtland[1] précise clairement que les limites des capacités de production sont liées à un état des techniques et des organisations sociales. Ce sont ces limites qu’il faut repousser, pour faire face aux besoins.

Améliorer le rendement des ressources utilisées, c’est bien sûr en consommer moins. Les exemples d’économies de matières premières sont nombreux. On sait, par exemple, que les emballages, toujours très critiqués, font l’objet de travaux intensifs : le poids d’un pot de yaourt à fortement diminué. On gagnerait sans doute plus encore si le yaourt en question était fabriqué à proximité des lieux de consommation. Moins de matière et moins de kilomètres, voilà des moins qui sonnent plus pour la planète. La presse de l’environnement présente fréquemment des initiatives dans ce sens. Environnement magazine[2] rapporte qu’un fabricant de café annonce avoir réduit de 10% l’épaisseur de l’emballage, constitué de trois couches combinées. Par ailleurs, un meilleur dimensionnement des cartons pour le transport des dosettes souples a permis d’économiser 167 palettes par an, soit 7,5 tonnes de CO2. La forte progression des dosettes, emballage particulier consommateur de matières et d’énergie, ne vient-elle pas réduire à néant ce gain durement acquis ? Dans le calcul du moins, il faut tout intégrer, tout comme les dégradations que l’on appelle externes devraient l’être dans le calcul du plus.

Le même magazine présente une autre piste, bien intéressante. Il s’agit d’économies d’électricité, et de l’électricité la plus défavorable à l’effet de serre, celle des pointes de consommation, souvent couvertes par des centrales thermiques. Grâce à Internet, un petit boitier placé à côté de votre compteur est informé des pointes et pilote votre chauffage et votre chauffe eau. Quelques minutes d’interruption, sans nuire au confort, suffisent à lisser les courbes, tant l’effort est réparti entre de nombreux foyers. Une production négative[3], en quelque sorte, qui bénéficie à tout le monde, et en premier lieu aux ménages, indemnisés pour les coupures en plus des économies d’énergie. L’objectif des fabricants des boitiers est d’en placer un million d’ici quatre à cinq ans, ce qui représente l’équivalent d’une puissance de 5 tranches nucléaires. Un vrai bénéfice, ce moins.


Prochaine chronique : Dérive

[1] Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de besoin, et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale imposent sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. Rapport Brundtland, Notre avenir à tous, Editions du fleuve, 1987

[2] N° 1666, avril 2008

[3] Voir Négatif (14/04/2008)

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Développement Durable
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Jeudi 15 mai 2008

En ces périodes de préparation des jeux olympiques, le sport fait beaucoup parler de lui. Pas celui des enfants dans les écoles ou les centres sportifs, mais le sport de haut niveau, vitrine des grandes et moins grandes nations, mettant en jeu d’immenses intérêts financiers. Les risques d’excès en tous genres sont au rendez-vous, à la mesure des enjeux économiques et politiques[1], avec une bonne dose de nationalisme et de chauvinisme, le dopage et la tricherie, les combines et la corruption. Mais voilà une manière formidable de produire de l’immatériel, de la richesse impalpable partagée entre des millions de personnes qui y trouvent leur fierté, leur plaisir, et une occasion de participer à une fantastique communion. L’émotion ressentie par ces millions d’êtres humains, aux quatre coins du monde et sans problème de langue, représente une valeur extraordinaire, sociale et économique. Il faut bien sûr maîtriser les abus qui se manifestent ici et là, et aller voir du côté de l’environnement, pour vérifier que toute cette activité est bien durable[2].

Depuis quelques olympiades, les jeux doivent montrer patte blanche sur de point, ceux de Sidney, en 2000, ayant marqué ce tournant très important. Le sport n’est plus une valeur isolée du reste du monde, il doit s’intégrer dans une perspective plus large, dans la société et dans son époque. Les valeurs sociales et environnementales sont ainsi clairement affichées comme constitutives de l’esprit olympique. Le comité international olympique, sur la sellette aujourd’hui à propos de Pékin, a progressivement pris conscience des enjeux environnementaux, et traduit cette préoccupation dans ses règles, notamment en 1996 dans la charte olympique. Trois ans plus tard, c’est symboliquement à Rio de Janeiro qu’il adopte son agenda 21, au cours de la troisième conférence mondiale sur le sport et l’environnement. Chaque Etat est invité à prolonger ce travail en le déclinant dans son contexte spécifique, et c’est en 2003 qu’est publié le programme du sport français en faveur du développement durable, l’agenda 21 du Comité national olympique et sportif français[3]. Les préoccupations environnementales y sont fortement présentes, dans un chapitre consacré à Une gestion et une organisation du sport respectueuse de l’environnement. Aux côtés d’exigences pédagogiques sur l’environnement, on y trouve des objectifs sur les sites, les matériels sportifs, et même les transports nécessaires à la pratique du sport, qui doivent être économes en énergie et faiblement polluants. Un volet intégration sociale, lutte contre l’exclusion et le dopage, promotion de la santé, et un volet économique, faire du sport une source de richesse pour les territoires,  permettent de couvrir l’essentiel des enjeux, en faisant du développement durable une nouvelle approche des politiques sportives. Un beau programme, dont on ne parle pas assez, peut-être parce qu’encore mal intériorisé par les responsables sportifs des différentes disciplines, malgré les efforts de certaines associations[4]. De bons principes et de bonnes recettes pratiques sont aujourd’hui à la disposition de toutes les bonnes volontés. Il n’est plus excusable de défoncer des forêts pour y insérer des pistes de ski, de rompre l’équilibre des cours d’eau et des les transformer en dépotoirs, de piétiner allègrement des stations botaniques et de déranger les couvées au motif d’une pratique sportive ou de plein air.

Il est possible de bien faire, mais encore faut-il être informé et en avoir envie. Les sports de nature, comme l’escalade, la randonnée, le vélo tout terrain, la voile et le rafting, et bien d’autres encore ont un rôle particulier à tenir, mais l’exigence s’étend à bien d’autres aspects que le respect de l’environnement de proximité. L’effet de serre est concerné par les transports et l’énergie nécessaire pour fabriquer les matériels, et même pour les faire fonctionner quand il s’agit de sports mécaniques.

Revenons au le sport de haut niveau, celui des championnats et les jeux olympiques, par rapport à celui de tout le monde et de tous les jours, pratiqué juste pour se faire plaisir ou se maintenir en forme. Il donne de l’émotion, il ouvre des perspectives d’ascension sociale et il élargit ainsi le champ de la réussite, il permet à bien des jeunes et des moins jeunes de s’identifier à des vedettes et de se positionner dans la société. L’ambiance des cafés qui retransmettent les grands évènements sportifs est là pour témoigner de la ferveur qui règne autour de ces moments privilégiés.

Le sport de haut niveau doit savoir aller au-delà du sport. Les moyens financiers mis au service d’un évènement sportif doivent avoir des retombées dans tous les domaines : on sait que les équipements construits pour les jeux doivent trouver une seconde vie par la suite,  et que ce genre d’évènements permet de lancer et de financer en partie de grandes opérations d’aménagement, de transports, qui auraient attendu des dizaines d’années sans cela. Le dopage est bien sûr présent dans les esprits, et ne peut que dégrader l’image du sport. Mais à l’inverse, le suivi sanitaire des athlètes, la médecine du sport, la diététique mise au point dans la préparation des compétitions ont-ils des prolongements en termes de santé publique, de connaissances sur le corps humain et son fonctionnement, sur certains handicaps et la manière de les surmonter ?

La matière première du sport est le corps humain, seul ou en équipe. Il en dévoile l’intelligence, il met en scène ses efforts et ses exploits.  C’est une matière exceptionnelle, qui donne  bien des responsabilités, et la tentation est grande d’instrumentaliser le corps humain quand les intérêts économiques et politiques s’en mêlent.


Prochaine chronique : moins

[1] Vous permettrez que la question du boycott des jeux, si présente dans l’actualité, ne soit pas abordée dans cette chronique qui tente de prendre un peu de recul sur le sport, pour mieux sauter, bien sûr !

[2] On pourra se reporter sur ce point à la chronique Clameur, du 12/02/2006

[4] Citons notamment l’association pour l’information et la recherche sur les équipements de sport et de loisirs, AIRES, et Entreprises Territoires et Développement, ETD, qui ont publié en mai 2007 une brochure : Le sport, un levier pour le développement durable des territoires. www.aires.asso.fr et www.projetdeterritoire.com

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, Dominique Bidou Développement durable, est le support juridique (SARL) de mes interventions en tant que consultant. DBDD s’adresse aux collectivités, aux administrations, aux entreprises publiques et privées. Toutes les activités sont concernées, chacune avec ses spécificités qu’il convient d’intégrer dans les interventionsDBDD propose un accompagnement dans l’élaboration des politiques de développement durable, diagnostic, choix de lignes directrices, mobilisation des acteurs, personnels et partenaires, contrôles et évaluation.  contact@db-dd.org Pour une présentation plus complète, cliquer sur l'icône 
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quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

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