Le DD par les mots

undefined

Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Mercredi 28 juin 2006

L'hectare est une unité de surface. C'est la surface d'un carré de 100 mètres de côté. Pour évaluer des progrès en matière de développement durable, ou pour mesurer les enjeux, les comparer et les hiérarchiser, la difficulté est de devoir combiner de multiples paramètres. C'est bien plus compliqué que de mesurer une surface. Et bien, des chercheurs canadiens, Mathis Wackernagel et William Rees, ont eu l'idée rapprocher les deux, en mesurant par des hectares la pression des activités humaines sur la nature.

 

 

Le calcul peut se faire à toutes les échelles, de la planète à un individu ou à un groupe humain, une ville par exemple. La surface disponible est calculée à partir d'une productivité moyenne à l'échelle mondiale. La planète nous offre ainsi 11,4 milliards d'hectares, soit un peu moins de 2 hectares par habitant en moyenne, chiffre qui baisse au fur et à mesure que la population mondiale augmente. En 2050, quand nous serons 9 milliards, nous ne disposerions plus que de 1,25 hectare chacun si la productivité moyenne ne change pas. Avec cette surface, il faut se nourrir, se loger, se transporter, et consommer des biens et services dont nous avons besoin, ou qui nous font plaisir. Elle fournit la ressource nécessaire, et ensuite digère nos rejets : par exemple, les consommations énergétiques sont mesurées par la surface nécessaire pour les produire à partir de la « biomasse » du côté « ressources », et côté « rejets », par la surface nécessaire pour absorber le gaz carbonique issu de la combustion de charbon, de pétrole ou de gaz. Le calcul repose sur des conventions, des moyennes, des hypothèses multiples, mais il donne des résultats intéressants. Certes, le fait de ramener la complexité de la vie à une seule dimension, surtout dans une vision « durable », est critiquable, mais c'est ce que nous faisons couramment avec une autre mesure : l'argent. Ce mode de calcul a le mérite de proposer une autre unité, et ainsi de relativiser l'approche monétaire.

 

 

Cette manière de faire s'appelle « l'empreinte écologique », celle que nous laissons du fait de nos consommations et de nos rejets. C'est une entrée clairement marquée « environnement », et on peut lui faire le reproche que c'est insuffisant pour entrer dans une logique de développement durable. Ce reproche peut être contourné, car la méthode permet de comparer l'empreinte écologique de différentes communautés, et de devenir ainsi un instrument à valeur sociale. Et au delà de l'environnement, ce sont les ressources nécessaires pour les activités humaines, ressources limitées, ce qui nous conduit à des raisonnements économiques : quel meilleur usage vais-je faire de la ressource qui m'est allouée ?

 

 

Aucun indicateur n'est parfait, ils sont tous réducteurs et trompeurs, mais l'absence d'indicateurs ne permet guère de progresser, et même de se situer, ce qui est bien pire. L'empreinte écologique n'échappe pas à la règle, utilisons la comme un éclairage intéressant, et dont la simplicité fait la force. C'est cet indicateur qui a permis à Jacques Chirac, à la conférence de Johannesburg sur le développement durable, en septembre 2002, de dire qu'il faudrait trois planètes, alors que nous n'en avons bien sûr qu'une. Si tous les êtres humains vivaient comme un européen moyen, il faudrait trois fois la surface disponible actuellement. C'est la force de cette image, et sa valeur pédagogique, qui est importante : elle montre clairement que nous ne pouvons vivre « durablement » comme nous le faisons : la pression que nous exerçons sur les ressources ne peut se faire qu'au détriment des autres peuples ou des générations futures. Les peuples les plus pauvres doivent se contenter de morceaux d'hectares quand un français en consomme un peu plus de 5. Les pays les plus riches ont une empreinte écologique par habitant jusqu'à 20 fois supérieures à celle des pays les plus pauvres.  Et cela ne suffit pas. Nous pompons allégrement sur le capital : depuis la fin des années 1970, l'empreinte écologique mondiale a dépassé la surface de la planète : près de 14 milliards d'hectares à la veille de l'an 2000, pour une surface disponible, rappelons-le, de 11,4. L'empreinte écologique moyenne d'un humain est ainsi de 2,3 hectares, bien au dessus des 1,9 ha autorisés. Nous avons dépassé le point d'équilibre, et ce faisant nous dégradons la capacité biologique de la planète, tant pis pour nos enfants.

 

 

Simplifier les choses à l'extrême, même si c'est réducteur, permet de mieux comprendre les tendances lourdes. Il manque bien des ingrédients dans l'équation, notamment notre capital technique qui doit favoriser une augmentation forte et rapide de notre efficacité pour l'utilisation des ressources. On pourrait signaler qu’en France, la productivité réelle de nos hectares est ainsi sensiblement supérieure à la moyenne mondiale. Mais les enjeux sont clarifiés, et on ne peut plus se masquer la réalité, se faire d’illusion pour reprendre le mot présenté le 7 mai dernier sur ce blog.

 

 

L'empreinte écologique est un instrument de connaissance et d'analyse. Plus que les valeurs absolues, ce sont les valeurs relatives qui vont retenir notre attention. On peut distinguer la part due au logement, aux transports, à la consommation de biens et services, etc. et ainsi mieux cerner les domaines où des efforts sont nécessaires. De plus en plus de collectivités utilisent cet indice pour élaborer des politiques de développement durable. Le Grand Lyon a ainsi comparé l'empreinte écologique de plusieurs types de ménages, avec des profils de consommation différents, de manière à proposer des stratégies de réduction de son empreinte écologique. Et sur le site du WWF, vous trouverez la marche à suivre pour calculer votre propre empreinte. A vous ensuite de construire votre propre ligne de conduite pour la réduire !

 

 

 

Quelques références :

 

 

http://www.iaurif.org/fr/savoirfaire/etudesenligne/empreinte-ecologique/index.htm

http://www.grandlyon.com/empreinte-ecologique.38.0.html

 

http://www.wwf.fr/empreinte_ecologique/index.htm

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 26 juin 2006

Le concept de risque est inséparable de celui de développement durable. On pourrait même dire qu'il en est une des dimensions constitutives.

 

 

Un développement durable est un développement qui ne rencontre pas d'obstacle, et qui ne porte pas en lui ses propres limites. Cette approche ne suffit pas à décrire le développement durable. Il faut y ajouter une perspective, un projet qui donne du sens au mot « développement ». Comme au football, il faut une défense et une attaque. L'attaque c'est la générosité avec sa part de risque, la défense, c'est de la rigueur pour réduire le risque.

 

 

Le risque est donc bien présent dans le développement durable, et le rappel du « principe de précaution » suffirait à le démontrer s'il en était besoin. Il y a différents types de risques, selon que l’on joue en attaque ou en défense.

 

 

Parlons du projet de développement et des risques qui l'accompagnent. Il faut être clair, le principal danger qui nous guette est l'immobilisme. Ne rien faire comporte un risque, car le monde bouge. Notre population augmente, nos modes de vie évoluent, et avec eux les besoins, les consommations en tous genres, matérielles ou intellectuelles. Dans un tel contexte, de société en perpétuel mouvement, ne rien changer, le « fil de l'eau », constitue un véritable risque. La somme de petits problèmes non résolus qui s'ajoutent jour après jour, la « divergence » de plus en plus forte entre des moyens disponibles et besoins à satisfaire, entre une vision  idéalisée du passé et les réalités du présent, autant de facteurs de risques qui s'accumulent lentement et se conjuguent, et  qui se manifeste brutalement par des explosions sociales, des crises économiques ou des catastrophes écologiques. Le mouvement est nécessaire, avec sa part de risque, et il convient de permettre  aux acteurs les plus dynamiques d'innover, voire de changer les règles du jeu, en assumant collectivement le risque lié à l'innovation.

 

 

Le développement a besoin d'une culture de l'innovation, et donc de risque. Une société qui ne prend pas de risque est une société qui n'innove plus, une société bien malade, sans perspective d'avenir. Il faut donc organiser la prise de risque, et c'est dans ce cadre que le principe de précaution prend tout son sens. Un principe non pas de retrait et de crainte de l'inconnu, mais d'action, de conduite à tenir pour avancer en terrain difficile et mal connu. Quelle attitude devant un risque, potentiellement grave et irréversible, et sur lequel subsistent encore des doutes quant à sa réalité ? Le principe de précaution nous éclaire sur le choix des risques que la société peut admettre, et sur la conduite à tenir vis à vis des risques qu'elle doit rejeter : gel des décisions et activation des travaux scientifiques pour sortir du doute. Isolé de son contexte de soutien à l'innovation, le principe de précaution peut apparaître comme contraire à toute exploration du futur, alors qu'il en est un des instruments privilégiés.

 

 

C'est le volet « offensif » du développement durable. Il y a aussi le volet défensif.

 

 

Il s'agit d'assurer les fondements de la société et de son modèle de développement. Une assise solide, qui ne se fissure pas à la première secousse, c'est le socle sur lequel un projet peut prendre son ampleur. Contrairement à la partie précédente, où la culture de la prise de risque devait être encouragée, il s'agit ici de lutter contre toutes les formes de risques, et de traiter ceux que l'on a identifié et qu’on n’a pas pu éviter. Il s'agit en particulier des situations existantes, dont on hérite et sur lesquelles seules des mesures correctives sont possibles.

 

 

La nature du risque est variable. Tremblement de terre ou explosion sociale, inondation ou crise économique. Certains sont lents et cumulatifs, comme la pollution progressive, la concentration de produits toxiques dans nos univers, l'air que nos respirons, notre alimentation, l'eau qui peut devenir impropre à la consommation humaine, mais aussi à des usages économiques. Ils n'en sont pas moins redoutables, et leur inertie ne doit pas conduire à les traiter à la légère. Quand ils se manifestent, les délais de réaction des actions correctives sont très longs, et le mal est là pour des années. Dans l'histoire, la salinisation des sols a ainsi entraîné la disparition de brillantes civilisations, victimes des techniques sophistiquées qui leur avaient permis de se développer.

 

 

L'histoire, c'est aussi Pompéi, et sa disparition brutale à la suite d'une coulée de lave. Le risque est alors brutal, et à défaut de pouvoir changer l'implantation de la ville, c'est l'alerte qui devient la préoccupation majeure. La nature du risque oriente la stratégie à mettre en place pour lui faire face. On ne lutte pas de la même manière contre les tsunami et les explosions d’usines « Seveso ».

 

 

Le risque est souvent associé à l’angoisse, qui est l’enfant de la non maîtrise du risque. L’amalgame est fréquent, entre les différents types de risque, certains n’étant que la traduction d’un dynamisme, et d’autres d’une coupable inconscience. Deux visions, l'une valorisante du risque, lequel doit être pris pour progresser, à condition de le faire avec « précaution », et l'autre de la lutte pied à pied contre des évènements redoutés, qui empêchent de fonder sereinement toute forme de développement. Le même mot recouvre des réalités bien contrastées. Le mélange des deux approches perturbe le raisonnement, et il convient de faire la part des choses. A défaut, le discours oscille entre le lénifiant et l’alarmiste, et ne prépare en rien les esprits à l’action. La démobilisation n’est pas loin !

 

 

Et merci à Pierre Marie Tavernier et à Cédissia de Chastenet de leurs bonnes idées que j’ai intégrées dans ce billet.

 

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 22 juin 2006

Un classique du développement durable. Surtout quand il fuit ! Des chiffres éloquents : un robinet qui goutte, c’est 4 litres par heure de gaspillés, soit 35 mètres cubes par an, à rapprocher de la consommation moyenne en France, de 50 mètres cubes par an. Continuons sur ce registre, un filet d’eau, c’est 10 fois la consommation annuelle moyenne, comme une chasse d’eau qui fuit.

 

La chasse au gaspi reste un must du développement durable. On gagne sur tous les tableaux. Le calcul a été fait pour un grand parc immobilier, que les techniciens dédiés au repérage et à la réparation des fuites d’eau rapportaient trois à quatre fois leur salaire. On remplace de la ressource naturelle, l’eau, par du travail humain : c’est tout bon ! On ménage la ressource, on offre de l’emploi, et en plus on fait des économies. Voilà une politique bonne pour l’environnement, l’emploi (valeur sociale) et l’économie. On est pile au cœur du développement durable. A Lorient, ville qui a adopté une politique ambitieuse de ce point de vue depuis longtemps, on a divisé par 4 la consommation d’eau entre 1978 et 2004. Et les économies ont permis de recruter du personnel pour conseiller les habitants dans leur comportement.

 

L’énergie offre des possibilités de même ordre. Fermer les volets le soir est source d’économies de l’ordre de 25%. C’est un peu de temps passé, en échange d’énergie économisée. Cet échange est très intéressant, puisqu’il ménage une ressource rare ou polluante à produire, au profit d’un emploi de proximité.

 

Les économies se trouvent dans des organisations et emplois dédiés, mais aussi dans les comportements. La campagne en cours de la fondation Nicolas Hulot et de l’ADEME sous le titre « Le défi pour la Terre[1] » met l’accent sur des petites décisions individuelles, dont l’impact cumulé est considérable. Laisser couler l’eau en continu  pendant qu’on se brosse les dents représente 10 mètres cubes d’eau gaspillées au bout d’un an. Autre exemple : on constate une différence de 40% de consommation d’essence selon le mode de conduite. Ca vaut pour les particuliers, et encore plus pour les flottes collectives ou professionnelles, où il est possible de mener des actions de sensibilisation et de formation des conducteurs, et même de les intéresser aux résultats.

 

Une source d’économie réside également dans certains équipements. Il y a l’étiquetage, qui s’étend aujourd’hui de l’électroménager à la voiture, et qui concernera prochainement les bâtiments. Cette information simple permet au consommateur de prendre conscience des charges dues au fonctionnement de ses achats, et par suite d’en faire un critère d’appréciation pour ses choix, ou de négociation du prix. Acheter plus cher pour économiser ensuite peut se révéler un excellent calcul, encore faut-il être informé, disposer des indications suffisantes pour faire ce calcul (on se reportera au billet du 18 mai sur ce mot).

 

Il se trouve hélas que le choix est restreint, et que certaines options sont impossibles. Prenons le cas des sèche-linge. Ils consomment de deux à trois fois l’énergie nécessaire au lavage. C’est un paradoxe que la fonction essentielle, le lavage, consomme finalement beaucoup moins d’énergie que la fonction secondaire, le séchage. La parade semble simple : pourquoi avoir recours au sèche linge, pourquoi ne pas étendre le linge sur un fil, ce qui ne consomme aucun kilowatt/heure ? Et bien certains appartements n’offrent pas réellement cette possibilité. Il n’y a pas d’espace suffisant, pas de local approprié, les plafonds sont trop bas pour y installer des cadres mobiles pour y faire pendre le linge, et pas de jardin. Le linge aux fenêtres est peu apprécié, et souvent interdit. Que faire d’autre, dans ces conditions que d’acheter un sèche linge, une armoire électrique qui consomme beaucoup d’énergie pour faire ce traditionnellement la nature faisait si bien ! La réponse est donc aussi dans la conception des logements. On parle souvent des emplacements à prévoir pour les déchets ménagers, qu’il faut stocker en prévision d’un tri et d’une valorisation à venir. C’est bien, mais c’est l’ensemble des taches ménagères qui doivent être l’objet d’une analyse environnementale.

 

L’eau chaude est un de ce point de vue tout à fait sensible, puisqu’il y a à la fois de l’eau et de l’énergie. Deux ressources importantes pour l’environnement et le porte monnaie des utilisateurs. Toute la chaîne doit être examinée : la source d’énergie, la chaudière, dont le rendement doit être le meilleur possible, qui doit le cas échéant avoir recours aux énergies renouvelables, au solaire, aux pompes à chaleur, etc. Ensuite, la disposition de la source d’eau chaude par rapport aux lieux d’utilisation. S’il faut attendre deux minutes, exaspérantes de surcroît, entre le moment où vous ouvrez le robinet et celui où l’eau est effectivement chaude, c’est deux minutes d’eau qui coule en pure perte, de l’eau qui a été chauffée et qui s’est refroidie dans les tuyaux. Il y a ensuite la qualité des mitigeurs, des pommes de douche, etc. Des écarts importants de consommation en dépendent, jusque 50% d’économie avec des pommes de douche performantes.

 

Robinet et robinetterie sont donc au cœur du développement durable. Approche triviale, mais quotidienne, cumulative, et que chacun, une fois informé, peut traduire dans ses choix personnels. Une manière de contribuer personnellement à une œuvre collective.

 

 



[1] www.defipourlaterre.org

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 20 juin 2006

Vous avez remarqué ? Il y a des gens toujours en retard, et d’autre jamais. Il y a beaucoup de raisons d’être en retard. Au football, il y a des joueurs en retard sur le ballon. C’est qu’ils sont plus lents que leurs adversaires, ou moins réactifs. Il peut aussi y avoir des imprévus, des accidents qui bloquent la circulation ou le métro. Mais on est souvent en retard à un rendez-vous parce que l’on est parti trop tard.

 

Le développement durable s’inscrit dans le temps, comme son nom l’indique sans ambiguïté. Pendant que le temps s’écoule, la situation se dégrade, des ressources disparaissent, des gaz à effet de serre s’envolent, le  nombre de pauvres augmente à la surface de la planète. D ’un autre côté, des conventions internationales sont signées pour lutter contre l’avancée du désert et le réchauffement climatique, pour préserver la biodiversité, des objectifs sont affichés pour le millenium, de plus en plus de citoyens, d’institutions et d’entreprises prennent la mesure des enjeux. La course du développement durable est engagée, et il s’agit de ne pas prendre de retard !

 

Dans la nature, il y des phénomènes brutaux, comme les crues « cévenoles », mais aussi des phénomènes lents, parfois invisibles sans appareillage complexe. On peut prendre l’image de la baignoire qui se remplit goutte à goutte pendant vos vacances, qui finit par déborder, et quand les voisins du dessous s’en aperçoivent, c’est trop tard, les dégâts sont déjà faits. Mais la baignoire, si on revient à temps, on peut la vider rapidement, et bien fermer le robinet. Il en est autrement des eaux qui percolent pendant des années vers les nappes d’eau souterraines. Si ces eaux sont chargées de polluants, il n’y a rien à faire, ces polluants arriveront dans la nappe, et il faudra parfois des dizaines d’années pour que la nappe se renouvelle. On est dans un cycle qui se déroule sur de très longues périodes. Le retard dans le diagnostic, et celui, encore plus grave, dans la mesure de correction, vont se faire sentir longtemps. L’inertie de certains phénomènes naturels ne doit pas inciter au report des décisions, selon le principe « on a bien le temps ! ». Au contraire, il faut faire vite, car on est déjà en retard quand on s’aperçoit de l’existence du problème.

 

Le réchauffement climatique illustre parfaitement cette exigence. Phénomène cumulatif, lent à l’échelle humaine mais extrêmement rapide à l’échelle des temps géologiques, il ne peut être interrompu. Il est aujourd'hui inéluctable. On peut juste en réduire l’importance, et s’organiser pour en supporter les conséquences sans trop de dégâts. Et à long terme, la courbe peut être inversée, au profit des descendants de nos descendants. Un phénomène au long cours, mais où chaque jour compte ! Quel paradoxe, qui nous surprend parfois, et qui n’incite pas à l’action spontanée. Les préoccupations immédiates, bien visibles et portées par des intérêts qui savent se faire entendre, sont quant à elles très pressantes, et ont vite fait de nous mettre en retard pour les problèmes de demain.

 

On a mis du temps à comprendre les mécanismes de l’effet de serre, et on discute encore du niveau de réchauffement qui en résultera, mais le développement durable nous invite aussi à s’organiser pour faire face à l’imprévu. La capacité d’adaptation et la réactivité sont bien placées parmi les vertus « durables ». Là encore, tout retard se paie très cher. L’apparition d’un nouveau virus peut se révéler catastrophique, soit pour la santé humaine comme le montre le développement du SIDA, soit pour telle activité particulière,  comme le phylloxéra pour la vigne ou la maladie des huîtres européennes. Merci à l’Amérique et au Japon d’avoir fourni des pieds de vigne résistants, et des huîtres indifférentes à la maladie. Comme on le voit, les réponses sont avant tout d’ordre scientifique, recherche médicale, connaissance du patrimoine génétique, et aussi d’ordre politique, au sens plein du terme, c'est-à-dire la capacité de la société à mobiliser des ressources, à organiser et prendre financièrement en charge les échanges, les transferts de toutes natures.

 

Pour gagner la course du développement durable, il faut donc voir loin, anticiper, et prendre le plus tôt possible les mesures pour faire face à des phénomènes prévisibles. Ca commence par arrêter de se voiler la face, par regarder les faits et les faire connaître au plus grand nombre. Il faut aussi se donner le maximum de chances de prévoir, avec des organismes de veille, d’observation et d’écoute, avec des échanges scientifiques et de la coopération internationale. Et il faut des capacités de réponse à l’imprévu, des réserves, des réseaux à mobiliser.

 

Ne pas être en retard ne relève pas du hasard, c’est un choix, tout comme le développement durable.

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 18 juin 2006

Un mot courant dans l’univers de l’automobile, célébré hier au Mans pour ces célèbres 24 heures. On dépasse la voiture qui est devant, parce que l’on est pressé, ou tout simplement par principe. Ce serait une question d’honneur.

 

Dépasser fait référence à une compétition. On dépasse pour être le premier. La course peut être par équipe, mais il y a toujours des gagnants et des perdants. Avec le développement durable, la compétition existe, mais elle n’est pas entre les hommes, elle est d’une autre nature. Il s’agit bien de réaliser un exploit, mais où tout le monde doit gagner. On est dans un autre challenge, celui du contrat ou chaque partie signataire doit se trouver gagnant. Le contrat, peut-être le « contrat social » du 21ème siècle, est celui du bon usage des ressources que la planète nous offre. Un usage efficace et équitable, car bientôt nous serons 9 milliards d’humains, et que pour beaucoup de populations à la surface de la planète les niveaux actuels de vie sont au dessous des seuls de dignité. Un usage « durable », si l’on veut que l’humanité ne s’éteigne pas au cours de ce siècle.

 

Depuis la révolution industrielle, c'est-à-dire depuis le milieu du 19ème siècle, une partie de l’humanité a fondé sa croissance sur l’exploitation de ressources « fossiles », stockées sous nos pieds depuis des millions d’années. Le charbon, puis le pétrole et le gaz ont été ainsi les combustibles d’un développement fantastique. A un coût humain considérable, avec la misère décrite par Charles Dickens, et ensuite la colonisation nécessaire pour aller se procurer des ressources que l’on avait plus chez soi. Une croissance « minière », où l’on exploite sans renouveler la ressource. Elle est considérée comme infinie, et la seule difficulté est d’aller la chercher. Maîtrise donc des territoires riches en minerais ou en bois tropical, ou transformés en machines biologiques à produire une ressource comme le caoutchouc ou le coton cher à Erik Orsenna[1]. Et aujourd’hui, paysage géopolitique marqué par cette relation aux ressources, en particulier les ressources minérales.

 

Cette croissance minière n’est pas terminée, mais on en voit la fin, du moins on la pressent. La fin d’une époque, heureuse pour ceux qui en bénéficient, où les richesses proviennent essentiellement d’un acte de prédation. La matière première était prélevée sur un cycle de très longue durée, des millions d’années, ce qui n’a pas grand-chose à voir avec une exploitation annuelle des richesses rendues disponibles par le cycle des saisons, le soleil et la photosynthèse. Dans quelques années, et on peut discuter à l’infini du  nombre exact, il faudra vivre sur le « flux », car le stock ne pourra plus faire face. Et alors, il faudra se « dépasser » pour répondre convenablement aux besoins de l’humanité. Il faudra compter sur l’intelligence, ressource aussi abondante que les hommes, et sur les connaissances que la révolution industrielle nous a permis d’accumuler. Il y a bien des exploits à accomplir, mais pas pour aller plus vite que son voisin, mais pour substituer une économie de flux à une économie de stock.

 

Le problème est que, dans les pays dits « industrialisés », nous avons pris de mauvaises habitudes. A vivre sur le stock considéré comme infini, nous n’avons pas accordé aux ressources leur vraie valeur. Nous avons atteint des niveaux de consommation élevés, et nous en sommes si heureux et si fiers que nous ne voudrions pour rien au monde qu’ils diminuent, et que nous exportons volontiers notre modèle dans toutes les parties du monde. C’est bien un exploit qui nous attend, de parvenir à conserver, voire améliorer notre qualité de vie, sans bénéficier de ressources abondantes et à bas prix. C’est une augmentation de notre propre capacité à mieux satisfaire nos besoins avec moins de ressources qui est la traduction opérationnelle du développement durable. On parle du « facteur 4 », qui indique qu’il faudra se dépasser vraiment, pour rendre un service donné avec quatre fois moins de ressources, notamment d’énergie. 2 fois 2 fois, en réalité. La première fois pour réduire notre pression sur les ressources, et en laisser pour les peuples les plus pauvres qui ne pourront se développer sans consommer plus de matières premières ; et une deuxième fois pour nous donner de nouvelles marges, et continuer à améliorer notre niveau de vie, dans les pays « du Nord ». Il faudra donc être, d’ici le milieu de ce siècle, quatre fois plus performants que nous le sommes aujourd'hui, en moyenne. C’est le défi à relever, c’est le dépassement qui nous est demandé.

 

On pourrait aussi parler des contradictions qu’il nous faut dépasser. Le « vivons mieux en prélevant moins de ressources » constitue une approche générale, qui situe bien l’enjeu central. Mais les contradictions à surmonter sont légion. Les économies d’énergie nous conduiraient à réduire les fenêtres, alors que nous souhaitons, pour notre confort et notre santé, bénéficier au maximum de la lumière du jour et de la vue sur le paysage. Je veux de vrais fromages et du lait crus, mais je ne supporte pas les risques sanitaires, et je cherche une sécurité alimentaire absolue : deux exemples de contradictions qui trouvent des réponses, avec de la rigueur sur les chaînes de production, avec de la science et du progrès technique, avec une culture de consommateur renforcée.

 

Le développement durable, c’est donc savoir se dépasser, mais c’est aussi comme une course contre la montre : il ne faut pas se laisser dépasser par les évènements.



[1] Erik Orsenna : Voyage au pays du coton, petit précis de mondialisation, Fayard, 2006

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

DBDD

 undefined
Conférences,
formations,
expertises,
politiques.
 


DBDD
, Dominique Bidou Développement durable, est le support juridique (SARL) de mes interventions en tant que consultant. DBDD s’adresse aux collectivités, aux administrations, aux entreprises publiques et privées. Toutes les activités sont concernées, chacune avec ses spécificités qu’il convient d’intégrer dans les interventionsDBDD propose un accompagnement dans l’élaboration des politiques de développement durable, diagnostic, choix de lignes directrices, mobilisation des acteurs, personnels et partenaires, contrôles et évaluation.  contact@db-dd.org Pour une présentation plus complète, cliquer sur l'icône 
 PDF

 

quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

Recherche

Rémunération de l'auteur

référencer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus