Le DD par les mots

undefined

Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Lundi 30 juin 2008

Depuis que l’on utilise des céréales pour faire rouler les voitures, leur prix s’est envolé. Le bio carburant, ou l’agro carburant pour reprendre cette nouvelle appellation légitimement critique, serait coupable de détourner de l’alimentation de nombreuses terres agricoles, ce qui entraîne une pénurie de denrées alimentaires.

C’est vrai qu’il va falloir faire attention. Demander à la terre de fournir à la fois, et subitement, dans des délais record, de la nourriture, de l’énergie, des matières premières et de la diversité biologique, c’est être bien exigeant. Cela crée inévitablement des tensions, nées de la concurrence entre les destinations des sols. Ceux-ci, non seulement ne sont pas infinis, mais en plus se dégradent, et voient leur productivité affectée par de nombreux phénomènes d’érosion, d’acidification, de pollution et d’appauvrissement, tout comme la mer, mais là, c’est une autre histoire.

Rien d’étonnant dans ces conditions qu’une pression accentuée d’une de ces utilités ne se répercute durement sur les autres. Les déséquilibres sont en général encore renforcés par des phénomènes multiplicateurs, tels que la spéculation, le stockage, etc.

Il ne faut pas pour autant se contenter d’une analyse primaire, il est trop facile d’hurler avec les loups. Les agro carburants ont leur part de responsabilité, et la hausse rapide des prix pétroliers en est un déclencheur évident. Il y a d’autres phénomènes, et en particulier le développement de nouvelles habitudes alimentaires. La calorie animale est beaucoup plus exigeante que la calorie végétale. Le rendement de la transformation varie selon les espèces, du poulet au bovin. Pour ce dernier, c’est un facteur 8 qui s’interpose entre la production primaire, sans rien ajouter, et la calorie disponible dans votre cuisine[1]. Il faudrait 8 fois plus de surface à cultiver pour rendre le même service, l’alimentation, avec la filière bovine, pour un bon steak par exemple, que pour du pain. A l’époque où l’on se soucie de l’empreinte écologique, de la surface[2] nécessaire pour faire vivre dignement un être humain, ce facteur 8 a de quoi faire réfléchir.

Des sociétés traditionnelles s’en étaient bien rendu compte, et ont su parfois faire preuve de sagesse. Jared Diamond nous raconte[3] l’histoire des habitants de Tikopia, une toute petite île du Pacifique, qui a du vivre en autarcie pendant trois mille ans. Après avoir éliminé de leur régime alimentaire, par un excès de prélèvement, les oiseaux et certains poissons, ils avaient développé l’élevage du porc. Leur population a augmenté, et avec elle les besoins, et ils se sont aperçus qu’il fallait cinq kilos de légumes pour faire 500 grammes de porc, lesquels étaient finalement réservés aux chefs. Ceux-ci ont pris la décision historique, en 1600, de tuer tous les porcs, pour améliorer le rendement alimentaire de leur surface vitale, ce qui a permis aux Tikopiens de surmonter le défi alimentaire sur leur petit bout de terre loin de tout contact avec l’extérieur.

C’est un peu l’inverse que l’on observe aujourd’hui. Les grandes concentrations urbaines que l’on voit croître sous nos yeux dans de nombreux pays s’accompagnent de la diffusion de nouvelles habitudes nutritionnelles. L’exode rural massif vers les villes modifie profondément la demande en produits alimentaires, et accentue la pression sur les sols dont une partie, pas la plus productive mais quand même productive, est abandonnée. Chacun semble s’accorder sur le caractère irréversible de cette croissance des villes au détriment des campagnes. En voilà une conséquence directe pas très « durable ». Il est bien sûr possible de lutter contre cette évolution des régimes alimentaires, mais il faudrait pour cela le vouloir et y mettre les moyens. Entre temps, on observe chez nous, en France, que le mouvement vers les grandes villes n’est plus ce qu’il était, que les campagnes se repeuplent. Même si les nouveaux ruraux sont bien différents des anciens, leurs aspirations et leurs modes de vie ne sont pas les mêmes que ceux de urbains. Le jardin potager n’est pas loin.

Les crises alimentaires dans les pays du Sud montrent les méfaits de l’abandon des campagnes et de leur production de subsistance. Il y aura peut-être des surprises dans les mouvements démographiques des prochaines années.

Il faut donc amener nos concitoyens à adopter des régimes alimentaires plus vertueux. Coup de chance, les régimes vertueux pour la planète le sont en général aussi pour notre corps et sa bonne forme. Ils vont souvent à l’encontre d’envies que l’on a du mal à réprimer, mais chacun sait qu’il faut faire à cet égard preuve de volonté. Il faudrait pour obtenir des résultats significatifs que l’on aille au-delà des déclarations défensives, du type ne pas grignoter, qui accompagnent les tentations vers le sucré et le gras. Il faut rendre valorisants les régimes respectueux de la planète, il faut que la bonne bouffe, celle qui vous pose dans les salons, qui vous rend moderne et dans le vent, soit celle qui satisfait notre faim, vous donne du plaisir, et respecte votre organisme, tout ça au moindre coût environnemental, en prélevant le moins possible de ressources, et en provoquant le moins de rejets. Comme ce n’est pas chacun d’entre nous qui va calculer le poids écologique de notre bouffe, il serait bon que ce soit les professionnels qui le fassent, et nous proposent de bonnes réponses à nos questions. Moins de viande, c’est plus de produits végétaux, à combiner habilement, à diversifier, à assaisonner, à cuisiner sans consommer trop d’énergie. Chouette, il va y avoir du nouveau en cuisine, et des saveurs originales à découvrir !


Prochaine chronnique : Mode 

 


[1] Cuisine, chronique du 12/10/2006  et n°17 dans Coup de shampoing sur le développement durable, www.ibispress.com

[2] Surface, chronique du 15/11/2007

[3] Dans Effondrement, Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Gallimard, 2006 pour l’édition française

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 26 juin 2008

Le développement durable est la construction collective d’un monde nouveau. La dynamique ancienne manière était fondée sur l’expansion, sur la colonisation d’une terre considérée comme infinie, mais depuis quelques dizaines d’années, maintenant, il semble bien que nous consommions chaque année plus que ce que la planète peut produire. Adieu, donc, l’exploitation insouciante de réserves infinies, bonjour l’ingéniosité qui permet de tirer le maximum de services de la moindre ressource offerte par la Terre.

Ce changement de principes de développement, certains diront de paradigme, n’est pas anodin. Il marque un virage dans l’histoire de l’humanité, avec son côté marche vers l’inconnu, exploration de futurs possibles. Personne ne peut prétendre décrire cet avenir, autrement que comme des hypothèses, des scénarii, des projections bien utiles pour comprendre où l’on va. Il s’agit de lancer un vaste mouvement de transformation de nos sociétés, en lui donnant des moteurs, des instruments de pilotage, volant, repères, clignotants, et en aidant chacun d’entre nous à trouver son rôle dans cette transition historique qui s’est déjà engagée.

Ce mouvement est forcément une remise en cause de nombreuses certitudes, et aussi de situations sociales, de références culturelles. Les intérêts des uns et des autres sont évidemment au cœur des débats, car chacun mesure la fragilité des héritages, dans un tel contexte. Il n’y a pas d’acquis qui ne puisse être remis en question. Les principes du développement durable assurent à chacun une place dans le monde de demain, avec la satisfaction de ses besoins, mais il va falloir accepter d’abandonner des avantages, certains diront des privilèges, ou supposés tels, qui nous différencient les uns des autres et nous permettent d’affirmer notre identité. Les cartes vont être redistribuées, comme au lendemain de grands cataclysmes, de conflits majeurs, de révolutions. Cette perspective en effraie plus d’un, et comme nous ne sommes pas en crise dure, beaucoup espèrent s’en tirer en faisant le dos rond, en attendant que ça se passe, en changeant le moins possible ses habitudes. Les résistances au changement sont multiples, et pour certaines parfaitement légitimes. Comment créer le mouvement dans ces conditions ? Comment éviter que ce soit une crise majeure, violente, qui nous oblige à opérer à chaud, dans les pires conditions, ces transformations que la simple observation de la planète devrait nous convaincre de lancer toutes affaires cessantes.

C’est que chaque remise en cause d’avantages apparait comme une régression. Les sondages nous le disent : Après une longue période d’amélioration continue, une majorité de nos contemporains craignent que leurs enfants ne vivent plus mal qu’eux. Un retournement de situation qui serait d’ailleurs effectif si notre modèle de développement ne changeait pas. En attendant, chacun défend son métier, ses investissements, murement étudiés sur la base du monde d’hier, celui où l’énergie n’était pas chère. Les perspectives d’avenir, lointain comme immédiat, semblent bien sombres. Le résultat est une radicalisation, qui peut rendre violent le plus doux des hommes. Le terrorisme n’est pas loin, et on l’a même vu en mode écologique, avec la menace de déverser des produits dangereux dans les rivières. Le désarroi et le désespoir conduisent à des extrémités qu’il serait coupable de ne pas envisager, et qu’il faut à tout prix désamorcer. C’est la condition du mouvement.

Il faut offrir de nouvelles perspectives, proposer quelques repères solides pour baliser[1] un futur trop incertain.

Le débat politique traditionnel peine à fournir ces repères, la droite, supposée conservatrice, prônant un mouvement souvent considéré comme un retour en arrière, et la gauche, en opposition, apparaissant au contraire conservatrice, arc-boutée sur des avantages acquis non défendables à terme.

Il est vrai que proposer le retour en arrière, le retrait, comme perspective de mouvement, n’est pas très emballant, et que l’immobilisme nous conduirait dans le mur[2]. C’est un changement de cap qu’il faut proposer, avec des horizons qui à la fois font rêver et apparaissent suffisamment réalisables pour que le jeu en valle la chandelle. Un mouvement qui, une fois amorcé, se poursuive et s’amplifie de lui-même.

Ce changement de cap est d’autant plus difficile que l’essentiel des dirigeants, politique et professionnels, que les relais d’opinion, ont jusqu’à une date encore récente flatté les comportements qu’il aurait convenu d’abandonner au plus vite,  et privilégié des orientations qui se révèlent des impasses. La question de la pêche apporte une parfaite illustration de cette politique à courte vue, poussant des professionnels à investir dans des matériels lourds et gourmands, pour aller achever de tarir la source de leur revenus, pour être sûr de bien tuer la poule aux œufs d’or.

La prise en charge des populations engagées dans des impasses est incontournable, non pour les assister jusqu’à leur disparition totale, mais pour les accompagner dans le recherche d’un autre avenir que celui qu’ils ont toujours eu en tête. La société n’a pas su anticiper, et le prix à payer ne peut qu’être supporté par tous, à condition qu’il contribue au mouvement, à la recherche du monde de demain, et non au prolongement désespéré de celui d’hier.

Le dossier des retraites illustre également bien la nécessité du mouvement. On peut toujours changer quelques paramètres, taux de cotisation, âge légal, etc. Toutes les décisions annoncées aujourd’hui apparaissent comme des pertes de droits, des régressions sociales. Ce ne sont que de petites mesures comptables, qui ignorent la réalité humaine. Le monde nouveau à construire sera un monde à la fois hyper productif, et de vieux. La place du travail ne pourra pas être la même que dans le monde hérité d’un passé laborieux, courbé sur la terre ou l’établi. De même que les vieux ne pourront demeurer une catégorie à part, à la fois marginale et terriblement présente. Le nouvel ordre social est à créer, non comme un recul mais comme une nouvelle chance pour l’humanité. Ce n’est qu’en lançant avec détermination[3] la recherche de ce nouvel ordre social que l’on sortira des marchandages et que des perspectives d’avenir se découvriront.


Prochaine chronique : Céréales

[1] Balise, chronique du 13/08/2007

2 Mur, chronique du 08/04/2006 et n°43 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com )

3 Détermination, chronique du 13/03/2008

 

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Développement Durable
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 23 juin 2008

Sac

J’entends à la radio s’exprimer l’inquiétude d’un journaliste. Nous sommes en Chine, dans une ville toute neuve, parée de toutes les vertus de l’écologie, une ville qui tente en particulier de vivre sans sac en plastique[1]. Belle ambition ! Et le journaliste de s’inquiéter pour les milliers d’emplois[2] que l’abandon desdits sacs par les magasins allait affecter. L’écologie ne fait manifestement pas bon ménage avec l’emploi !

Ce genre de réflexion, hélas encore fréquent, illustre la dérive[3] extraordinaire de l’approche courante de l’économie. L’utilité sociale a disparu des raisonnements. L’important serait l’emploi, et non la création de richesses, de services pour répondre à des besoins. Le sapeur Camembert a encore frappé. Il faut à tout prix s’occuper, travailler, peu importe à quoi ça sert. D’ailleurs le PIB, le fameux indicateur de notre efficacité économique, ne comptabilise que le volume d’activité, et non son utilité sociale. Le Bonheur National Brut, c’est bon pour le Bhoutan[4].

Le développement durable, ce serait tout simplement de remettre les choses à leur place, de ne pas baisser les bras devant les dérives que chacun finit par admettre, selon un principe de réalité qui semble anéantir tout esprit de résistance, bien qu’il nous conduise droit dans le mur. Ces dérives sont bien connues, elles correspondent à une inversion dans les valeurs, du type la demande au service de l’offre, l’économie au service de la finance, l’homme au service de la machine, etc. Nous savons tous que la réalité est complexe, et que ces valeurs doivent trouver leur équilibre, mais l’emballement des logiques de production possède une force qu’il est souvent difficile de maîtriser. C’est alors la dérive du productivisme, avec en figue de proue le fameux sapeur Camembert. L’emploi pour l’emploi, le travail[5] pour le travail, y compris le travail qui ne sert à rien, ou qui, pire encore, détruit des valeurs, c’est en fin de compte mépriser le travail humain, c’est le contraire de l’humanisme.

Revenons au sac plastique. Il rend souvent service. Un service qui doit être évalué à l’aune des ressources consommées pour le rendre et pour en éliminer ensuite les séquelles, pour l’éliminer après usage. Un coût physique, en matières et en énergie, à comparer avec celui d’autres manières de rendre le même service. S’il est justifié, il faut en payer le prix[6]. Si au contraire il est facile de s’en passer, si le coût en ressources semble prohibitif par rapport au service rendu, abandonnons le sac plastique à son sort, le pétrole trouvera meilleure utilité dans d’autres transformations.

Et les emplois ainsi condamnés ? Et bien justement, la crainte souvent manifestée est celle du manque de bras. La pyramide des âges inquiète nos dirigeants, et les gestionnaires des caisses ce retraite. Il n’y aurait pas assez d’actifs pour assurer notre prospérité. Voilà une réserve que l’on pourrait mobiliser, au fur et à mesure que le besoin se fera sentir. Il faut pour cela revoir le sens du mot actif, et ne l’attribuer qu’à ceux qui créent de la richesse nette. Cela devrait ouvrir des marges de manœuvre. Il y a aussi tous les services qui ne sont pas rendus, notamment pour améliorer le sort des plus démunis, de populations non solvables, de laissés pour compte de la croissance. L’abandon des sacs plastiques, c’est aussi de l’argent économisé, puisqu’ on ne les fabrique plus, qu’on n’importe plus le pétrole nécessaire à leur fabrication, qu’on les distribue plus, et qu’on n’a pas ensuite à les récupérer pour les incinérer, ou les recycler, pour qu’ils ne dégradent pas les paysages en s’accrochant aux branches. Voilà, potentiellement, une ressource financière qui pourrait trouver une nouvelle affectation, pour occuper les bras qui seraient rendus ballants par l’abandon du sac plastique.

Ce raisonnement, vous l’aurez remarqué, est idyllique. L’argent ne change pas d’affectation aussi simplement. Il faut que chaque acteur économique y trouve son intérêt, ce qui ne semble pas impossible si on s’organise bien, et si la transition est bien gérée. Il faut pour cela une politique volontaire, allant de l’avant et non pas à reculons, en n’acceptant la disparition du sac plastique, celui qui ne rendrait pas un service correspondant à son coût environnemental, que contraint et forcé. Une politique volontaire et adoptée par tous les acteurs concernés qui doivent tous y gagner. Tous autour de la table pour se mettre d’accord, pour le plus grand profit de l’environnement et des acteurs économiques. Ne serait-ce pas la philosophie du Grenelle de l’environnement ?


Prochaine chronique : Mouvement


[1] Plastique, chronique du 11/12/2006

[2] Emploi, chronique du 04/06/2007

[3] Dérive, chronique du 22/05/2008

[4] Voir la chronique Pavé (05/05/2008)

[5] Travail, chronique du 1er mai 2006 et n°77 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

[6] Prix, chronique du 26/02/2007

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 19 juin 2008

Abandonnons la compétence définie comme le droit d’un tribunal à juger d’une affaire ou le domaine réservé d’un ministre, pour se concentrer sur celle que l’on définirait comme la capacité à faire face à une exigence professionnelle, ou à une situation nouvelle. C’est l’aptitude face à une tâche qu’il faut accomplir, et la question est particulièrement d’importance dans les époques de transition, de ruptures comme on dit aujourd’hui, ou d’accélération de l’histoire comme on disait avant. Tantôt ce sont des personnes très compétentes qui se trouvent brutalement rejetées parce qu’elles ne répondent plus aux besoins de l’instant, tantôt ce sont des évolutions technologiques très prometteuses qui ne peuvent progresser faute de personnel compétent. On parle d’adaptabilité, on nous dit que chacun d’entre nous devra changer plusieurs fois de métier dans sa vie, et le terme d’employabilité devient une référence majeure pour nous caractériser dans notre vie au travail.

Un concept est né de cette situation, celui du bilan de compétences. Il n’est pas tout jeune, en réalité, ou bien il a des parents, puisqu’on en trouve les prémisses en 1945, en Amérique, quand l’US Army a du reconvertir une grande quantité de militaires. On le trouve en France dans les années 1960, pour la reconversion des sidérurgistes, et le terme lui-même apparaît dans des circulaires en 1986 puis dans des accords interprofessionnels de 1991[1].

Ce bref historique nous conduit au cœur du développement durable. Le bilan de compétence est la traduction opérationnelle d’une hypothèse : chacun a un potentiel, il faut l’identifier et le décrire, pour le valoriser. Ce potentiel est bien sûr connu pour une part, et même affiché, mais une bonne partie reste cachée, et n’est mobilisée que discrètement pour conforter celle que dont on se flatte. Et nous avons tous, en plus, des compétences que nous ignorons nous-mêmes, et qui restent en friche  si elles ne sont pas sollicitées. Le bilan de compétence doit faire ressortir l’ensemble de ces compétences, même les cachées ou les inconnues, celles qui n’entrent pas dans les grilles habituelles d’analyse. Nous sommes à l’opposé d’une conception bien répandue, celle du tamis, de la sélection. Dans ce système, les besoins normatifs de l’économie permettent d’élaborer une grille, un crible, et tous ceux qui ne passent pas entre les mailles sont exclus. Tant pis pour eux, mais aussi tant pis pour la collectivité, qui se voit ainsi privée de compétences multiples, sans doute pas celles que l’on a cartographiées pour élaborer les grilles de sélection, mais des compétences multiples dont la créativité est négligée faute de l’avoir imaginée au départ. Quel gâchis ! Et un gâchis qui s’accentue au fur et à mesure que les exigences s’affinent, que les mailles se resserrent. C’est une part croissante du capital [2] humain qui est ainsi abandonnée.

Avec le bilan de compétence, le regard est inversé. Le potentiel humain, dans toutes ses dimensions, est le point de départ, au lieu de besoins prédéfinis et par suite enfermés dans un cadre rigide. Le développement durable est se construit chaque jour, nous le découvrons progressivement. Il ne ressemble pas au monde du passé, et on ne pourra le faire qu’en ouvrant au maximum le champ des possibles. Au lieu de partir d’une description a priori des besoins, qui sera forcément fausse, partons du souci de ne fermer aucune porte, de n’abandonner aucun savoir faire. Comme les ressources sont limitées, il va falloir les exploiter le mieux possible, et demander à chacun de réaliser son potentiel, ce qui leur permettra aussi de se réaliser eux-mêmes. L’accueil dans des conditions de dignité de 9 milliards d’êtres humains d’ici 2050 exige une valorisation optimale de toutes nos ressources, et notamment les ressources humaines.

Le parallèle peut être fait aisément avec l’agriculture[3] et le sort réservé aux terres agricoles. Les techniques modernes d’exploitation ont permis des progrès de productivité spectaculaires, et ont permis d’abandonner des terres les plus ingrates. Une formidable concentration s’en est suivi, aussi bien des pays producteurs qu’au sein de chacun de ces pays, des régions les plus adaptées aux techniques. D’immenses territoires ont été abandonnés, se sont dégradés, ont perdu leur population d’agriculteurs avec leurs compétences bien particulières. La crise alimentaire dont on parle aujourd’hui est la conséquence de cette concentration dictée plus par le souci de diffuser des matériels et des produits que par celui de valoriser au mieux chaque type de sol, à partir d’un bilan de ses compétences. Mis au point pour les hommes, le bilan de compétence pourrait être avantageusement transposé aux territoires.

Reprenons dans l’ouvrage de Michel Joras les ingrédients qui font la compétence :

-         les savoirs ou connaissances spécifiques et transverses ;

-         les savoirs mis en pratique, savoir-faire, les aptitudes ;

-         l’intelligence personnelle et professionnelle, les capacités ;

-         les attitudes comportementales : les savoir-être avec autrui, les savoir-être éthiques, jadis dénommés vertus ;

-         l’envie, la volonté de mettre en œuvre ses compétences et de les développer lorsque l’employeur en donne les moyens ;

-         au moment où la globalisation de l’économie s’impose, il semble indispensable face au métissage des cultures d’ajouter des critères supplémentaires : la compréhension de l’autre, des savoir-être culturels…

 

Des composants décrits pour des personnes, à décliner pour nos villes, nos banlieues, nos villages. On retrouve le génie des lieux.


Prochaine chronique : Sac 

 



[1] Je tire ma science sur le bilan de compétence du Que sais-je du même titre, 4eme édition (PUF, 2007), de Michel Joras, que je remercie vivement de ses conseils et de ses critiques parfois embarrassantes mais toujours opportunes

[2] Capital, chronique du 22/02/2007

 

[3] Agriculture, chronique du 08/05/2008

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Développement Durable
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Lundi 16 juin 2008

Comme chacun sait, on peut faire dire beaucoup de choses aux chiffres, et aux pourcentages peut-être encore plus qu’aux valeurs absolues. Et pourtant les ratios[1] sont bien utiles, si on les calcule bien, et s’ils prennent en compte les vrais enjeux, les facteurs limitants, qui doivent être utilisés avec le maximum d’efficacité. Ce sont des rendements qui sont ainsi calculés, par rapport à un paramètre tel que l’heure travaillée, la surface utilisée, l’énergie ou l’eau consommée pour obtenir un service particulier. Ce n’est pas toujours facile de trouver la bonne unité pour caractériser le service rendu, le dénominateur dans la fraction. La tentation est forte de se contenter de données physiques, ce qui donne par exemple des prix[2] au m² pour construire un hôpital, alors que le bon indice serait le prix à payer pour guérir, introduisant la qualité[3] des soins rendus possibles par la qualité du bâtiment, la durée du séjour, la maîtrise des maladies nosocomiales, etc.

Le pourcentage est souvent utilisé pour calculer la rémunération, commissions ou honoraires, de certaines professions. La rémunération est ainsi mise en relation avec l’importance de l’affaire, supposée traduite par son prix. Il s’agit de métiers de conception d’un produit, rémunérée par un pourcentage du prix final du produit, ou d’intermédiaire dans une transaction, dont le montant est le signe d’un certain niveau de responsabilité ou de risque encourus. Ce n’est en général qu’un indice grossier de la quantité de travail[4] que la prestation demande. On doit y ajouter des coefficients pour nuancer un premier calcul, en fonction de la difficulté particulière du problème à traiter. Là où ça se corse, c’est quand le travail rémunéré au pourcentage devrait avoir pour effet de faire faire des économies sur le prix final. Plus on travaille bien, plus on fait gagner de l’argent à son client[5], moins on est payé. Un curieux paradoxe qui ne pousse pas à la vertu.

Le caractère systématique du pourcentage est parfois une qualité. Il permet de répartir des coûts entre des opérations de même genre mais d’importance différente. Vendre un bonbon à 10 centimes d’euro ou un gâteau à 30 euros ne demande pas beaucoup plus de travail, mais s’il fallait faire payer le travail du bonbon au prix réel, il y a tout lieu de croire que le bonbon serait prohibitif. Il faudrait le conditionner en paquets, et pousser à la consommation… A l’inverse, la règle du pourcentage conduit, pour le même service rendu par un commerçant, à augmenter sa marge en valeur absolue sur une ampoule basse consommation par rapport à celle réalisée sur une ampoule à filament, ce qui renchérit sans raison la solution vertueuse. Pour le commerce équitable, je suis d’accord pour donner un peu plus d’argent au producteur, dans sa coopérative, mais par pour que cet ajout amplifie les marges réalisées tout au long de la chaine entre le producteur et moi. Le marchand du paquet de café[6] équitable doit-il gagner plus d’argent que le marchand de café ordinaire, au nom de la solidarité ? Oui, s’il vend plus de café parce que solidaire, non s’il ne fait que profiter d’une rente de situation. Et il est permis de s’interroger sur le montant de la TVA. L’Etat doit-il prélever plus d’argent sur ce paquet de café au motif qu’il est solidaire ? L’application brutale d’un pourcentage présente manifestement quelques défauts.

L’actualité nous conduit à nous intéresser au prix du pétrole et des matières premières, métaux, produits agricoles, etc. Il s’envole, et avec lui les  bénéfices des sociétés pétrolières et la TVA payée. Quand la demande dépasse l’offre de quelques pourcents, les prix s’envolent bien au-delà de ce qu’un modeste déficit devrait provoquer, et symétriquement, quand l’offre est trop généreuse, les cours tombent brutalement. Les opérateurs économiques amplifient terriblement les pourcentages d’écart entre offre et demande, et conduisent les pouvoirs publics à mettre en place des régulations. Il est frappant que certaine professions protestent contre le prix du pétrole, alors que d’autres sont plutôt en guerre contre les fluctuations de ce prix, élevé ou non.

Le développement durable conduira de plus en plus à des solutions sur mesure, adaptées à chaque cas d’espèce, introduisant de la complexité dans les calculs[7], une complexité qui reflète celle de la vie, avec ses multiples composantes. Le pourcentage apparaîtra de plus en plus comme insatisfaisant, trop brutal et trop frustre pour rendre compte de phénomènes de plus en plus fins, précis. Il lui reste une qualité formidable, celle qui a fait son succès, la simplicité. C’est lui qui permet, par exemple de faire bénéficier des ONG d’une partie du prix de vos achats électronique quand ils transitent par Soliland[8].  Gardons le quand même, dans ces conditions, car il peut rendre encore de grands services. Mais sachons le transgresser, le compléter, le remettre en question au profit de calculs plus fins fondés sur le service rendu réellement. Ne soyons pas esclave du pourcentage.


Prochaine chronique : Compétence 



[1] Voir notamment Quinze pour cent, chronique du 25/03/2006 et n°61 dans Coup de shampoing sur le développement durable, www.ibispress.com

[2] Prix chronique du 26/02/2007

[3] Qualité chronique du 02/04/2006 et n°60 dans Coup de shampoing

[4] Travail  chronique du 01/05/2006 et n°77 dans Coup de shampoing

[5] Client chronique du 02/11/2006 et n°14 dans Coup de shampoing

[6] Café chronique du 31/01/2006 et n°8 dans Coup de shampoing

 [7] Calcul chronique du 21/05/2006 et n°9 dans Coup de shampoing

[8] http://www.soliland.fr/

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

DBDD

 undefined
Conférences,
formations,
expertises,
politiques.
 


DBDD
, Dominique Bidou Développement durable, est le support juridique (SARL) de mes interventions en tant que consultant. DBDD s’adresse aux collectivités, aux administrations, aux entreprises publiques et privées. Toutes les activités sont concernées, chacune avec ses spécificités qu’il convient d’intégrer dans les interventionsDBDD propose un accompagnement dans l’élaboration des politiques de développement durable, diagnostic, choix de lignes directrices, mobilisation des acteurs, personnels et partenaires, contrôles et évaluation.  contact@db-dd.org Pour une présentation plus complète, cliquer sur l'icône 
 PDF

 

quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

Recherche

Rémunération de l'auteur

Blog : People sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus