La condition féminine figure également en bonne place parmi les principes de Rio, où il est rappelé le « rôle vital des femmes dans la gestion de l'environnement et le développement durable[4] ». Leur dignité provient notamment de leur participation aux processus de développement. On pense aux pays du Sud, mais le Nord n'est pas exempt de reproches, quand on voit les écarts de salaires et pour l'accès aux responsabilités en France et dans la plupart des pays industrialisés. La participation des femmes au développement, c'est à la fois une amélioration de leur statut, et un enrichissement pour toute la collectivité. Un double dividende caractéristique du développement durable.
Il est délicat, dans la foulée, de parler de la condition animale, et pourtant c'est aussi un vrai sujet, associé au traitement dont les animaux font l'objet, et à leur souffrance. Celle-ci n'est pas moindre que dans la nature, où la lutte pour la vie est toujours violente, mais les mauvais traitements infligés par les humains sont le plus souvent évitables, ce qui les rend insupportables, pour ne pas dire insoutenables, pour employer un mot aux sens multiples.
Condition, c'est aussi le terme employé depuis pour définir les termes d'une négociation[5]. Les conditions d'un accord reprennent les engagements des parties, ou bien fixent un prix à payer. Tu auras un bonbon à condition que tu sois sage. Le même mot peut d'ailleurs être utilisé pour exercer un chantage.
Depuis quelques années, on fait précéder le terme de trois lettres magiques ECO. Il s'agit d'écologie, ne vous trompez pas dans l'interprétation de ce sigle, ce n'est pas la touche économie de votre lave-linge. Il s'agit alors de fixer des conditions de nature écologique pour accorder une aide ou une autorisation. On parle d'éco conditionnalité, mot bien savant pour signaler que l'accès à certains avantages n'est pas acquis sans avoir à satisfaire à des exigences environnementales, de type économie d’énergie, ou respect de la biodiversité. Rien de bien nouveau, si ce n'est que la nature des exigences en question s'enrichit. Elle passe de la simple bonne gestion financière, du respect de règles de comptabilité, de l'assurance du bon déroulement d'une opération, à des données moins formelles, sur le fond des choses et leurs conséquences. Ce type de condition provoque une analyse des impacts d'un projet pour lequel une aide serait demandée. Les effets secondaires, collatéraux pourrait-on dire, entrent ainsi dans le débat pour mieux évaluer l'objet de l'aide. Le côté système[6] des choses, leur complexité, est pris en compte, à la mesure des conditions posées.
Condition a toute sa place dans le vocabulaire du développement durable, avec sa double signification d’une part du sort des êtres humains et d’autre part de la manière d’exprimer la nature des relations entre des décisions.
Pour conclure cette chronique, sachez que l’acquisition et la lecture de Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com) n’est pas une condition pour suivre les chroniques de ce blog, c’est juste une
suggestion.
Prochaine chronique : Les autres
[1] Principes adoptés par la conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement, Rio de Janeiro, juin 1992
[2] Voir la chronique Bonheur, du 28 juillet 2006
[3] Voir la chronique Hectare, du 28 juin 2006
[4] Principe n°20
[5] Négociation, chronique du 18 septembre 2006
[6] Chronique du 2 avril 2007
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