Le DD par les mots

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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Jeudi 31 juillet 2008

Trois ministres s’émeuvent, dans les colonnes du Monde[1], du faible taux d’emploi des séniors dans les entreprises en France, alors que l’espérance de vie s’allonge. Le débat n’est pas nouveau, ce blog l’a déjà évoqué[2]. Le vieillissement de la population est un phénomène inéluctable, et il faudrait mieux s’y préparer plutôt que de vouloir lutter contre ou retarder l’échéance. Il est vrai que de bons esprits ont voulu lutter contre le vieillissement par une politique nataliste active, ce qui n’aurait fait que de transmettre à nos enfants la responsabilité de la transition vers une population stable, joli cadeau ! Car ne nous trompons pas, la population du monde doit se stabiliser prochainement, d’ici une génération (40 ans), et la France ne peut échapper à cet impératif.

Une réponse au vieillissement se trouve dans la politique d’immigration[3], toujours délicate car elle doit satisfaire les pays d’origine comme les pays d’accueil, et qui restera sans doute au niveau d’ajustements. Le défi à relever exige surtout une réflexion générale sur la place des vieux dans notre société. Il ne s’agit pas que du travail[4] et des retraites, mais de bien d’autres équilibres qui sont remis en cause. Pour ce qui concerne notre capacité à produire, notons d’ailleurs que la productivité[5] du travail en France, déjà élevée, augmente plus vite que la proportion des plus de 60 ans. Elle pourrait en outre progresser plus rapidement si la crainte légitime du chômage ne venait la freiner. Nous sommes dans ce domaine confrontés à un problème de répartition des revenus, plus qu’à un problème de capacité de production.

Mais l’essentiel n’est pas là. C’est l’équilibre de la société qui est en jeu. Si l’on n’y prend garde, le vieillissement pourrait conduire à un repli sur soi, à une frilosité, à une crainte de l’avenir. C’est la dynamique[6] et la créativité de la société française qui est en jeu, et c’est beaucoup plus grave que l’équilibre comptable des caisses de retraites. Celui-ci n’est qu’une déclinaison de la question fondamentale de la capacité de notre société, déjà vieille et qui continuera de vieillir, à s’adapter à un monde en perpétuelle évolution, à innover,  à prendre des risques[7].

Ce n’est dons pas une réforme des retraites qu’il faut entreprendre, mais un travail en profondeur sur les nouveaux équilibres que le vieillissement impose, sur l’organisation à donner à notre société pour que les seniors y jouent un rôle actif et créateur de richesses, d’une manière ou d’une autre. Ce rôle est déjà très important, et le BIPE[8] l’avait justement souligné dans une note de novembre 2006  intitulée « les inactifs, continent englouti de l’économie ». Il convient de le faire émerger. L’entreprise n’est pas le seul lieu créateur de richesses, et ce serait une erreur de ne rechercher que cette perspective pour les séniors. Pour ne prendre qu’un exemple, l’éducation des enfants est une source formidable de richesses.

La retraite n’est pas seulement un droit acquis par une vie de labeur, c’est aussi une période de la vie, bien spécifique, adaptée à l’âge, et qui doit rester productive, pour la satisfaction des retraités comme de la société. Le problème des caisses et de leur équilibre ne peut se régler en manipulant des curseurs, taux de cotisation et âge légal de départ, installés sur un système obsolète. Les trois ministres le reconnaissent bien, le passage à 41 ans de cotisation ne résout rien. N’espérons pas que les consensus sociaux de référence, élaborés en 1945 dans une France coloniale en peine reconstruction, ne puissent encore fonctionner. C’est un nouveau consensus qu’il faut construire. Cela prendra un peu de temps, et surtout de l’imagination, du respect des partenaires, de la confiance, du recul par rapport aux théories toutes faites. La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes disait Keynes.

A défaut, le risque est grand d’oublier la force productive des inactifs, ce qui serait un énorme gâchis, et de transformer le progrès qu’est l’allongement de la vie, et de la vie en bonne santé, en une régression sociale.


Prochaine chronique : Statut

[1] Daté du 24 juillet 2008

[2] Voir notamment la chronique Papy, chronique du 16/07/2006 et n°50 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com )

[3] Immigration,  chronique du 12/07/2006 et n°32 dans Coup de shampoing

[4] Travail, chronique du 01/05/2006 et n°77 dans Coup de shampoing

[5] Productivité, chronique du 09/07/2006 et n°58 dans Coup de shampoing

[6] Dynamique,  chronique du 21/07/2006 et n°22 dans Coup de shampoing

[7] Risque, chronique du 26/06/2006 et n°64 dans Coup de shampoing

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 28 juillet 2008

Sur la route des vacances, ça finit par couter cher, tous ces péages. A ajouter au prix de l’essence, et il ne reste plus rien pour le restau à l’arrivée. Il reste heureusement la Bretagne, et ses lois anciennes qui, dit-on, y interdisent le péage, merci à la Duchesse Anne !
Que l’on n’aime pas les péages, comme les impôts
[1], c’est bien normal, mais n’est-ce pas une bonne formule, malgré tout ? Ils ont pour vocation de faire payer par l’usager le coût du service rendu par un équipement donné, comme une route. A défaut, c’est la collectivité qui doit payer, c'est-à-dire tout le monde, vous et moi. Nous payons à ce moment-là d’une manière forfaitaire, sans aucun lien direct avec l’objet de la dépense. Cette formule convient assurément pour les services publics qui doivent être assurés pour tout le monde, indépendamment des revenus et des activités. La rue que j’empreinte tous les jours pour aller faire mes courses, conduire les enfants à l’école, et touts sortes d’autres choses encore, est payée par la collectivité, qui l’entretient, la nettoie, l’éclaire, et l’améliore de temps en temps avec son budget propre. C’est un service dont chacun dispose, et qui est payé par l’impôt, de manière anonyme et forfaitaire. Si j’y gare ma voiture, je consomme une surface de cette rue, et depuis quelques années, un péage a été institué en contrepartie, avec des parcmètres. On peut admettre que ceux qui n’ont pas de voiture, ou qui se sont dotés d’un garage pour leur voiture, n’ont pas à payer pour ceux qui en ont une sans place de parking.

Pour les routes[2], il y a la route ordinaire, la base, à laquelle chacun a droit gratuitement, et celle qu’il faut payer, l’autoroute, du fait de ses qualités particulières, en termes d’efficacité pour la circulation et des services disponibles. Pour les avions[3], tout le monde paye un droit pour atterrir, pour l’usage de l’aéroport et de ses services, de sécurité par exemple. Un droit d’usage, qui irait bien avec le développement durable, même si ce n’est pas très populaire, dans la mesure où il responsabilise chaque utilisateur à la consommation de ressources et de services qu’il provoque.

Le problème est que ce péage est calculé très partiellement. Pour les avions, on aurait pu penser que le péage permet de financer l’ensemble des frais occasionnés par l’atterrissage ou le décollage. Et bien non, car le coût des nuisances provoquées par le mouvement de l’avion n’entrent pas dans le cadre légal. Ce n’est que l’usage de l’infrastructure au sens strict, amortissement et fonctionnement, qui est pris en compte, et non les coûts indirects, qui se manifestent autour. Il a fallu un dispositif spécial, créé par une loi, pour introduire une taxe spécifique pour le bruit des avions. Avec le produit de cette taxe, on finance des travaux d’insonorisation. Il aurait été plus facile d’instaurer un péage calculé pour compenser tous les coûts, directs et indirects, mais pourquoi faire simple ? On aurait pu imaginer une formule analogue pour le bruit des voitures, camions[4] et motos d’une part, celui des trains d’autre part. Ça sera peut-être possible d’ici quelques années. Le concept même de péage évolue. D’une simple redevance pour service rendu, il devient un instrument de prise en compte de tous les coûts engendrés par un mouvement. Le coût de la pollution, du bruit, et de la congestion vont pouvoir être intégrés dans le prix du péage, su le projet de directive que propose la Commission européenne est adopté[5]. Le constat suivant, extrait de l’exposé des motifs,  résume la philosophie du projet : Si un droit de péage peut être prélevé sur un camion empruntant une autoroute traversant une zone rurale, ce même camion ne paiera aucune redevance s'il traverse une zone densément peuplée alors même que son coût du point de vue de la pollution et de la congestion sera généralement cinq fois plus élevé. Il s’agit donc d’une double avancée. D’une part, l’objet du péage s’enrichit, et d’autre part, l’idée d’une application ailleurs que sur des autoroutes apparaît, comme au Grenelle de l’environnement avec le projet d’éco taxe. La pollution n’est pas émise que là où les péages actuels sont perçus !

Voilà donc le péage devenu instrument de responsabilisation des transporteurs et de leurs clients. Il pourra être modulé selon les lieux, plus ou moins peuplés, et les heures, pour mieux traduire la gêne occasionnée. La formule en œuvre pour les avions semble faire école, mais avec l’avantage d’intégrer l’ensemble des coûts en une taxe, plutôt que de les payer en plusieurs fois. Pour faire encore plus simple, le télépéage est appelé en renfort. Déjà utilisé en Allemagne depuis le 1er janvier 2007, il résulte d’une combinaison d’un émetteur embarqué dans le véhicule et d’un système de navigation satellitaire comme le GPS.  L’itinéraire parcouru par tel camion est ainsi connu, avec les horaires, ce qui permet le calcul automatique du péage.  En Allemagne, le taux varie en fonction du type de véhicule avec déjà des classes de pollution. Il semble bien que ces mesures ont déjà eu des conséquences, notamment sur les camions qui roulent à vide, dont le nombre aurait fortement chuté. L’ingéniosité des opérateurs n’attendait qu’un peu de pression pour s’exprimer !

Reste le train, qui fait aussi beaucoup de bruit. Les compagnies de chemin de fer versent, en France, une redevance à Réseau ferré de France, mais toujours sans possibilité de discriminer selon le niveau de gêne occasionné. Un vieux wagon de marchandises très bruyant ne paye pas plus qu’un autre flambant neuf et silencieux comme on sait faire aujourd’hui. Pas très incitatif pour la modernisation, ce système. Et bien la Commission européenne pense également au train. Un « paquet » ferroviaire se prépare, où il sera proposé une modulation des tarifs en fonction du bruit émis par les trains, en complément de la mesure poids lourd.

Alors vive le péage, mais le péage intelligent, instrument du développement durable !


Prochaine chronique : Sénior

[1] Impôt, chronique du 03/05/2006

[2] Route, chronique du 31/05/2007

[3] Avion, chronique du 28/05/2007

[4] Camion, chronique du  21/03/2006 et n°10 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

[5] Projet 2008/0147 (COD) présenté par la commission le 8 juillet 2008

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Jeudi 24 juillet 2008

Mer

Ne parlons pas aujourd’hui de la mer de glace, qui fond chaque année un peu plus, mais de celle qu’on voit danser le long des golfs clairs[1].

La mer est généreuse. Elle offre à l’humanité une quantité extraordinaire de ressources, et en plus une infrastructure de transport particulièrement efficace. Des cadeaux dont l’humanité a bien pris conscience, car la moitié d’entre elle vit sur les côtes. Cette générosité s’exprime parfois avec excès, tant la mer regorge d’énergie. Elle se montre capricieuse, et manque de régularité. Ce sont des défauts dont il faut prendre son parti, si on veut profiter de ses richesses, et ils ne doivent pas faire oublier la régularité des marées, des courants, sa capacité à « tamponner » les températures, à amortir des variations climatiques, des bienfaits dont on ne parle guère, sauf quand s’exprime la crainte d’un dérèglement, comme ceux du Nino dans le Pacifique Sud ou du Gulf Stream plus près de chez nous. Tout comme les bienfaits du soleil que l’on ramasse passivement, comme la chaleur derrière une vitre, les dons gratuits[2] de la mer, dont nous disposons sans lever le petit doigt, sont vite oubliés. Ils peuvent ainsi être mis en péril sans qu’on n’y prenne garde. Le réchauffement climatique pourrait affecter demain les grands équilibres qui s’établissent chaque saison sur les océans, avec comme conséquences des cyclones aggravés et plus fréquents, des contrastes exacerbés entre tempêtes et calmes plats. Les mouvements des immenses masses d’eau entre océans constituent une donnée structurante du fonctionnement de la planète. Il serait surement possible de s’adapter à un nouvel ordre des choses, mais à quel prix, humain et financier ? Ces équilibres sont dynamiques, ils s’ajustent en permanence, ce qu’il y a de nouveau, c’est la rapidité avec laquelle les changements s’opèrent, ce qui ne laisse pas le temps de s’adapter en douceur.

Les bienfaits de la mer sont multiples : les poissons[3], coquillages et autres crustacés, en un mot les fruits de mer ; les algues[4], encore peu utilisées mais source de nombreux produits, alimentaires, pharmaceutiques ou cosmétiques ; l’énergie, sous diverses formes, des courants à la houle[5] ; les matières premières issues des fonds marins, sédiments ou minerais, sable ou nodules, et bien sûr le pétrole off shore. N’oublions pas l’immense capacité de transport, qui ne nécessite pas de pose de rail ni de construction de route : il n’y a que le terminal à construire ; imaginez que les trains n’aient besoin que des gares : quelle économie !  Il faut y ajouter un capital plaisir, valorisé par le tourisme[6], les randonnées sur les chemins des douaniers, les bains de mer et la navigation de plaisance. Je n’aurai garde d’oublier le volet santé[7], avec un volet épuration des eaux et de l’air, dont tout le monde profite, et la thalassothérapie pour ses adeptes. Merci la mer.

Ces bienfaits sont gratuits, l’action de l’Homme permet de les valoriser, de les concrétiser et de les traduire en profits de toute nature pour notre plaisir, notre activité économique et notre santé. Avec un apport marginal, ce potentiel tombe dans notre escarcelle.  Il y a toutefois pour cela des règles à respecter. Il faut savoir ménager la mer, le littoral, les fleuves qui charrient des tonnes de sédiments souvent chargés de polluants, comme le mercure ou des métaux lourds. Sa productivité n’est pas infinie, et dépend de nombreux paramètres sur lesquels les hommes ont une influence. La mer est sans doute une bonne usine d’épuration des eaux, mais pas d’excès, elle ne traite pas tout, et pas en quantité excessive : halte aux marées noires, aux vidanges de cuves et aux égouts déversés directement dans la mer. Pareil pour les déchets, facilement rejetés et oubliés dans des fosses, comme jadis les déchets nucléaires, les boues qu’elles soient jaunes ou rouges, et encore souvent des produits de dragage, à la composition suspecte. La mer accueille volontiers des carcasses, qu’elle digère et colonise rapidement grâce à sa diversité d’espèces animales et végétales, mais débarrassées préalablement des équipements contenant plomb et amiante.

Les rejets en mer, directement ou par les fleuves, peuvent aussi être favorables, et il faut conserver une relation forte entre la terre et la mer, une perméabilité qui nous gêne souvent, mise à mal par l’artificialisation des côtes, les barrages le long des fleuves, même si des échelles à poisson recrée une part de continuité. Certaines formes de littoral comme les mangroves et les récifs coralliens sont à préserver avec détermination, mais aussi les marais côtiers et leurs eaux saumâtres.

L’exploitation minière des fonds ou des sous-sols marins doit aussi être prudente, les pollutions accidentelles étant bien nombreuses et parfois lourdes de conséquences dans les milieux fragiles. Nous sommes là dans un domaine aussi sensible que la conquête spatiale, où le zéro défaut doit être recherché avec toute la rigueur que cela exige dans les modes opératoires.

Et puis il y a la pêche, la mise en cause d’équilibres biologiques comme la chute brutale du nombre de requins[8], prédateurs et régulateurs millénaires des pyramides d’espèces maritimes, végétales et animales. Les navires usines et les procédés industriels de la pêche moderne, dans des océans sans contrôles, les filets longs de plusieurs kilomètres et bien peu sélectifs, sont-ils compatibles avec le maintien d’une richesse biologique et d’une capacité de production à la hauteur des besoins de l’humanité ?

La mer est une poule aux œufs d’or. Un capital [9]à entourer des plus grands soins.


Prochaine chronique : Péage

[1] Charles Trenet, 1945

[2] Gratuit, chronique du 30/04/2007

[3] Voir à ce sujet la chronique Grenadier (09/11/2006) et n°29 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com )

[4] Algues,  chronique du 17/03/2008

[5] Voir la note Sous-marin du17/04/2008

[6] Tourisme, chronique du 05/02/2006 et n°76 dans Coup de shampoing

[7] Santé, chronique du 11/03/2006 et   n°66 dans Coup de shampoing

[8] Requin, chronique du 07/04/2008

[9] Capital, chronique du 22/02/2007

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Développement Durable
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Lundi 21 juillet 2008

Entrer dans le développement durable, c’est tout simplement décider de contribuer à construire ce monde de demain, qui assurera le bien-être de 9 milliards d’êtres humains, moitié plus qu’aujourd’hui, d’ici une quarantaine d’années. Cette ambition va provoquer de nombreux changements, des abandons d’activités ici, et la croissance de nouveaux secteurs d’activité ailleurs. Nos modes de vie vont changer, comme ils ont souvent changé au cours de l’histoire, et la question est de savoir comment faire, comment accompagner le changement pour que ces transformations qui nous attendent soient voulues et non subies, qu’il n’y ait pas de victimes, ni de retards qui obligent à des rattrapages brutaux. En matière d’économie, le développement durable entraînera la reconversion de nombreuses activités. Nous avons vu que les compétences[1] acquises dans les anciennes activités pouvaient être utilement recyclées, et que le concept de bilan de compétences est justement apparu pour cela. Non seulement ces bilans sont l’occasion pour chacun d’y voir clair sur son savoir faire traditionnel, mais ils sont l’occasion de découvrir un potentiel masqué et parfois même inconnu, dont nous n’avons pas pris conscience.

La reconversion d’activités lourdes sera un enjeu majeur pour les prochaines décennies. La redistribution des activités à la surface de la planète en est un des aspects. Fait-il continuer à concentrer les unités de production industrielle, compte-tenu de l’impact des transports sur l’effet de serre, faut-il continuer les concentrations dans la production agricole, avec leurs conséquences dramatiques sur les équilibres alimentaires de milliards d’humains et les équilibres écologiques de régions entières de la planète ? De nouvelles formes de production vont voir le jour, de nouvelles organisations dans les échanges, de nouvelles habitudes de consommation, de nouvelles affectations des territoires. Nous allons par exemple retrouver plaisir à redécouvrir chaque année les produits et les plats de saison.

La reconversion est à l’ordre du jour, car il faut faire vite, les technologies évoluent à toute vitesse, et il vaut mieux anticiper à l’occasion de ces transformations que de se laisser surprendre et s’apercevoir que l’on a investi à contre emploi.

Le secteur de l’automobile illustre brillamment cette question de la reconversion. Il y a les firmes qui tentent de faire durer la situation passée. Nous ne savons faire que des voitures, et il n’est pas d’avenir pour nous hors de cette activité. Nous consentons à étudier, et le plus souvent à regret, de nouvelles sources d’énergie pour nos moteurs, comme l’électricité. On conserve néanmoins nos vieux modèles, avec leurs performances fondées sur l’épate et la vitesse[2]. Ce n’est pas notre faute, c’est ce que les clients[3] demandent ! Nos voitures qui roulent pour 95% de leur temps en ville ne peuvent être bridées ni  dimensionnées pour de petites vitesses, car nous n’en vendrions plus ! Nous allons dans le mur, mais ce sont nos clients qui nous y conduisent, malgré les 10% de publicité que nous devons dépenser sur notre chiffre d’affaire pour éviter que celui-ci ne baisse.

Une reconversion impossible, manifestement, au-delà de quelques efforts sur les performances des moteurs et des transmissions, qui nous permettront au passage d’engranger quelques bonus[4]. Là, on sait faire. Continuons à inonder la Terre de nos engins, faisons en sorte que leurs services, indéniables en certaines circonstances, soient incontournables et deviennent la règle dans les pays émergents. Il ne faudrait surtout pas que l’on s’aperçoive que l’on peut vivre sans une automobile omniprésente.  Rendons notre activité éternelle, même si elle porte en elle-même les causes de sa perte, comme la hausse du prix des carburants que la multiplication des voitures ne peut qu’engendrer.

Tableau bien sévère, et qui ne traduit pas totalement la réalité. Certains constructeurs ont engagé leur reconversion. Sans doute en faisant leur bilan de compétences. L’un des constructeurs les plus emblématiques mérite attention : Toyota. Après avoir lancé la première voiture hybride de grande diffusion, la Prius, la firme japonaise a décidé d’aller plus loin, et de diversifier sa production. Quand on sait faire une voiture, on maîtrise de nombreuses techniques. Toyota s’est rendu compte qu’il était champion pour fabriquer des robots. Des robots pour monter des voitures, au départ, mais ensuite des robots pour toute autre activité, comme jouer de la musique ou des services domestiques. Les robots, c’est bien commode pour ne nombreuses tâches peu valorisantes, et comme notre population vieillit, ils pourraient suppléer le manque de bras pour ces tâches. C’est un marché d’avenir. Evidemment, il faudra veiller au grain, il y aura bien des abus dans les usages des robots, des combats de robots comme il y a des combats de coqs par exemple. Il faudra surveiller les débordements de ces robots, mais ils constituent une activité qui pourrait, d’ici quelques années, représenter une bonne part de l’activité de Toyota.

Les équipementiers automobiles se reconvertissent également. La presse nous apprend que l’un des plus gros d’entre eux, Bosch, a décidé d’investir dans les capteurs solaires photovoltaïques. Quand on est le roi de l’électronique, on doit pouvoir diversifier ses activités.

Les exigences du développement durable offrent de nombreuses opportunités, à saisir bien sûr. Le Grenelle de l’environnement en a pointé quelques unes, notamment la modernisation de notre parc immobilier quoi doit permettre la création de 100 000 emplois. Encore faut-il que les entrepreneurs, les industriels et les investisseurs se mobilisent, s’inscrivent dans la dynamique[5] du développement durable auquel ils doivent contribuer, pour leur plus grand profit comme pour celui de l’humanité.


Prochaine chronique : Mer (la grande bleue !)

[1] Compétence, chronique du 19/06/2008

[2] Vitesse , chronique du 16/11/2006 et n°80 dans Coup de shampooing sur le développement durable (www.ibispress.com)

[3] Client, chronique du 02/11/2006 et n°14 dans Coup de shampooing

 

[4] Bonus, chronique du  5/02/2008

[5] Dynamique, chronique du 1/07/2006 et n°22 dans Coup de shampooing

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable - Communauté : Les blogs citoyens
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Jeudi 17 juillet 2008

Durable semble être devenu un mot magique. Tout devient durable, la route[1] comme l’architecture, ou bien les quartiers[2], l’agriculture[3] ou encore la mode[4]. Nous n’attendons plus que le schtroumpf durable, formidable expression qui tiendra lieu de laissez-passer universel pour un monde durable. Sans illusion, bien sûr, en attendant que de bons exégètes ne lancent le débat schtroumpf durable ou développement schtroumpf. On se souvient du débat homérique tire-bouchschtroumpf ou schtroumpfe-bouchon, dans Schtroumpf vert et vert Schtroumpf, (Dupuis, 1973). Cette grave question qui mérite qu’on y travaille d’arrache pied, mais ce sera plus tard.

Vous l’aurez compris, schtroumpf durable ne veut rien dire en soi, ce n’est qu’une contraction rapide, laquelle peut devenir réductrice si l’on n’y prend garde. Un quartier durable est un quartier dont les habitants pourront adopter un mode de vie durable, c'est-à-dire conforme à des principes, ceux du développement durable. Jacques Ferrier, architecte concepteur de l’exposition architecture = durable[5] préfère parler d’architecture au service d’une société durable, plutôt que d’architecture durable.[6] Il craint que le terme semble faire du développement durable un sous-genre de l’architecture, alors que le développement durable est une question transversale, pas simplement une problématique d’architectes ou d’ingénieurs.

Gardons-nous d’une lecture trop rapide, quoi ferait d’un objet durable une fin en soi. C‘est son usage, l’appropriation qui en sera faite qui compte, c’est à ce niveau que le bilan doit être tiré. Pour rester un instant dans le champ de la construction, la HQE[7] n’a aucun intérêt si elle ne s’inscrit pas dans une évolution plus large des modes de vie, de travail, de loisirs. On ne construit pas un bâtiment pour le plaisir de construire, mais pour y accueillir des êtres humains, qui doivent s’y épanouir au moindre coût environnemental. Le bâtiment est un cadre offert pour une vie différente, il n’est pas un objectif en soi. Comprendre le mode de vie des futurs occupants, et se mettre d’accord avec eux sur la manière dont elle doit évoluer à l’heure du développement durable, et en y mettant de l’ambition, est l’étape préalable à toute recherche d’architecture durable. Tout commence dès le programme[8].

Il ne saurait non plus y avoir d’agriculture durable sans réflexion sur l’alimentation ou les besoins de matières premières. Ce n’est pas que la manière de produire qui compte, mais l’usage qui est fait des produits et la relation qui se tisse entre le producteur et le consommateur.

Schtroumpf durable permet d’illustrer les nombreux abus de langage autour du développement durable. Le raccourci n’est pas que formel, il traduit souvent une pensée aux perspectives tronquées, restreintes à un univers spécialisé, favorisant la technicité de l’univers du schtroumpf en question.

Il ne faut pas négliger cet aspect, la technique est absolument nécessaire pour atteindre les haut niveaux de performance que le développement durable nous assigne. Mais il faut souligner deux écueils de cette approche : Tout d’abord elle ignore souvent les modes d’appropriation de ces techniques, la manière dont le relais est passé entre les tenants de ces techniques, qui les maîtrisent parfaitement, personne n’en doute, et les ceux qui devront vivre avec et les faire prospérer jour après jour. Ensuite elle tend à isoler le domaine du schtroumpf du reste du monde et des autres aspects de la vie. Il est bien difficile d’accepter que son excellence technique soit contingente, qu’elle dépende d’autres paramètres que ceux que la technique a retenus dans son cahier des charges.

Le schtroumpf durable n’est légitime que s’il introduit la réflexion sur l’intégration du schtroumpf  dans la vie, dans la société, dans un monde complexe dont il n’est qu’une composante. Ce peut être un premier pas, et c’est très important de bien démarrer. Mais qu’il ne substitue pas à une approche véritable du développement durable.


Prochaine chronique : Reconversion

[1] Route, chronique du 31/05/2007

[2] Quartier, chronique du 19/07/2007

[3] Agriculture, chronique du 08/05/2008)

[4] Mode, chronique du 03/07/2008)

[5] Du 24 juin au 19 octobre 2008 à Paris, au Pavillon de l’Arsenal

[6] Interview publié dans Le Moniteur-Expert du 4 juillet 2008

[7],HQE, Haute qualité environnementale, chronique du 08/11/2007)

[8] Programme , chronique du 01/01/2007

 

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quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

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