Le DD par les mots

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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Mardi 29 août 2006

Ce qui est normal, c’est ce qui est conforme à ce que l’on attend. Pas de problème pour le définir dans des sociétés stables et homogènes. Les valeurs dominantes, les modèles de pensée et de comportement, font l’objet d’un consensus, et même les conflits sont classiques et maîtrisés. Les mots ont le même sens pour tout le monde, et la « normalité » émerge naturellement. Une des conséquences en est le jugement implicite de ce qui n’est pas normal, l’anormal vite assimilé à déviant, associé un contrôle social très actif.

 

 

Le contexte a changé. L’évolution rapide des idées, l’ouverture des sociétés, grâce aux média et aux nombreux échanges, aux voyages, aux brassages dus notamment aux migrations de toutes natures, tous ces phénomènes entraînent une transformation permanente des idées, des références culturelles et technologiques. Le droit à la différence s’affirme également, sans doute sous l’influence de ces confrontations, et le jugement moral sur l’anormal est lui-même contesté, il n’est plus considéré d’office comme mauvais. Bref, le concept de « normalité » n’est plus une évidence, le consensus sur le sens des mots et des valeurs qu’ils décrivent  n’émerge plus spontanément. Cette évolution manifeste une forme de progrès, mais comporte des dangers : il faut s’en rendre compte et s’organiser en conséquence. Quand on ne parle pas la même langue, on cherche des interprètes, on utilise des dictionnaires, on fait un effort pour se comprendre, mais quand on utilise les mêmes mots en leur donnant, sans s’en rendre compte, chacun un sens différent, le risque est grand de malentendus, de suspicions, de déceptions.

 

 

Le développement durable est un appel à la convergence des énergies, à une vision intégrée des activités,  qui supposent que les différents acteurs se comprennent. Des acteurs qui ont chacun leur origine, leur culture, leurs références, leur mode de pensée. Le célèbre ouvrage d’Edward T. Hall, « la dimension cachée[1] », nous montre la nécessité de comprendre l’univers de l’autre pour communiquer avec pertinence et efficacité. Un langage commun et non ambigu est nécessaire, et ne se construit plus tout seul. Il faut le vouloir et organiser le consensus sur le sens des idées et des mots.

 

 

La collectivité, les pouvoirs publics, doivent avoir à coeur de constituer et de maintenir un langage commun, qui permet de décrire les choses de la vie, et de se parler en toute clarté. Ce langage commun se constitue dans les domaines techniques sous forme de « normes ». Une norme n’est pas une règle, c’est une définition commune d’un objet, avec ses caractéristiques essentielles. Elle permet alors d’établir des règles, suffisamment précises pour éviter tout malentendu et mauvaise interprétation. En rendant explicites des accords jusqu’alors implicites, on permet à un dialogue complexe de s’instaurer, même si, dans un premier temps, ce travail semble long et fastidieux. La norme n’est pas un enfermement, mais un moyen de parler ensemble et d’ouvrir ainsi le champ du possible.

 

 

Pour l’essentiel des termes courants et des choses de la vie, ce n’est pas dans une instance technique et type AFNOR que la « normalisation » se constitue. Ce sont les media, c’est la mode, une pratique relayée par des institutions « culturelles » qui crée la norme. Les mots nouveaux, aux origines variées, témoignent de cette production permanente, richesse potentielle pourvu qu’elle soit intégrée et partagée. A la différence de ce qui se passe dans des  instances techniques, cette production n’est pas débattue ni organisée, elle est imposée par les « faiseurs d’opinion », des groupes dominants qui créent ainsi le cadre général de nos échanges , et proposent les thèmes qui vont polariser nos débats. Plus de spontanéité, et de créativité immédiate, mais en contrepartie des thèmes oubliés, et surtout des approches dominées par les producteurs, ceux qui apportent des idées neuves, sans intégrer leurs effets, ni l’intérêt (ou les défauts) qu’elles représentent pour leurs éventuels usagers. L’assimilation « nouveau » égale « bien » guette. Le risque du « prêt à penser » est fort, du fait de ce déséquilibre. On a vu dans ce blog, avec la présentation du « snowhall » d’Amnéville, que la vision d’un évènement peut être parfaitement biaisée, que des aspects constitutifs du phénomène peuvent être occultés, alors que l’opinion en a une approche plus riche et complète[2].

 

 

La multiplication des lieux de création de langage et de cultures est une parade à ce danger, et ce n’est pas un hasard si le mouvement des radios libres a été fortement poussé par les écologistes, qui ont créé la première radio libre, Radio verte.  Le phénomène des blogs permet aussi d’ouvrir le panel de ceux qui participent à la définition des choses, et par suite du sens à leur donner, de leur « normalité ». Mais il ne faut pas en arriver pour autant à la tour de Babel, où plus personne ne se comprend. L’Académie Française semble travailler sur ses bases originelles et à son rythme, ce qui sied sans doute à des immortels. Mais n’y a-t-il pas aujourd’hui, à l’heure des medias et de l’ouverture du monde, à l’heure où les techniques bouleversent si facilement nos modes de vie, une fonction d’une autre nature à exercer,  pour que le sens des mots et des concepts qu’ils décrivent, avec leur épaisseur véritable, soit plus couramment l’objet d’échanges, de confrontations, tout simplement pour que les personnes concernées communiquent sur des bases claires, et puissent ainsi progresser ensemble ?

 

 



[1] Aux éditions du Seuil, 1966

 

[2] Se reporter aux chroniques « Journal » et « débat », des 3 et 8 août 2006

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Jeudi 24 août 2006

Nos sociétés sont facilement frileuses, et ne s'engagent guère sans s'entourer de garanties, ni prendre des assurances. On peut rapprocher ce besoin du principe de précaution, dont on a vu qu'il ne devait pas être un frein à l'action ni à la prise de risque, mais au contraire une règle à suivre pour gérer les risques inhérents à toutes formes d'innovation. Il n'y a pas de développement durable sans innovation, donc sans risque, mais ceux-ci doivent être pris collectivement et en connaissance de cause, ce qui implique des procédures1.

L'assurance a donc pris un rôle extraordinaire dans nos sociétés, et apparaît souvent comme une deuxième réglementation, qui s'impose aux acteurs s'ils veulent être « couverts ». Les assureurs n'aiment pas prendre de risques, et se trouvent ainsi en posture de censeurs. On leur reproche souvent, mais la responsabilité de cette situation est partagée. Il est facile de dire que l'assurance paiera, et le risque est grand de voir sa simple existence rendre les acteurs irresponsables. Pourquoi faire attention, puisque l'assurance est là ! L'assurance représente une forme de répartition du risque, mais la solidarité ne doit pas entraîner la baisse du sentiment de responsabilité. Les deux vont ensemble ! Opposer responsabilité et solidarité n'a pas de sens, et conduit à de nombreux excès.

Quant au rôle de l'assurance pour l'innovation, n'est-ce pas aussi à la collectivité de prendre le relais, plutôt que ces compagnies privées dont ce n'est pas le métier, ou des mutuelles dont ce n'est pas la vocation.

L'assurance n'apporte pas la sécurité en elle-même, mais prévoit des compensations financières. Le mieux est encore de s'entourer de précautions, au sens populaire du terme, et de faire attention. C'est ainsi que pour les accidents de la route, bien avant l'assurance, il y a l'amélioration des routes et des voitures, la formation des conducteurs et leur sensibilisation aux risques liés à l'alcool, à la fatigue, au téléphone mobile, au mauvais entretien de leur véhicule. Mais on constate vite que l'amélioration de la sécurité offerte par ces mesures a un effet pervers : le sentiment de sécurité donne des illusions au conducteur, qui accroît parallèlement sa prise de risque. C'est ce que l'on appelle le « risque constant ». Les routes sont meilleures, les voitures plus sûres, alors, je peux aller plus vite, et coller au train de la voiture qui me précède. Moralité, on a déplacé le problème, on ne l'a pas résolu. Il faut aller plus loin, et associer aux améliorations physiques une forte action sur les comportements fondés sur l'information et la sanction. Là encore, la technique et la culture, le comportement, se conjuguent, l'un ne va pas sans l'autre. A défaut, le problème se trouve déplacé avec un niveau de gravité accru, puisque l'accident, s'il a lieu, se produit à des vitesses supérieures.

Il faut veiller à ce que les solutions n'aggravent pas les problèmes. La mise au point de traitement d'un problème ne doit pas accréditer l'idée que le problème n'existe plus. L'apparition de traitement contre le SIDA ne doit pas entraîner une baisse de la prévention. La légalisation et le remboursement de l'IVG ne doit pas faire oublier la contraception. Le coût, social, humain et économique de cette dérive serait bien supérieur au maintien d'un haut niveau d'action pour réduire le risque.

Cette réflexion peut être déclinée dans de nombreux domaines. Prenons deux exemples. L'insuffisance de la protection de nappes phréatiques captées pour la consommation humaine, entraîne une dégradation de la ressource et le besoin d'un traitement coûteux qui aurait pu être évité dans bien des cas ; la construction en zones inondables protégées par des barrages ou des digues, qui devront être entretenus et gérés pour toujours, avec le risque de négligences, et de dégradation de ces protections. Chaque année, la presse se fait l'écho de ruptures de digues, et de l'inondation de maisons qui se croyaient protégées. L'existence de ces techniques de réparation et de protection est une bonne chose si on l'utilise pour réduire les risques existants, que l'on ne peut que constater et tenter de maîtriser. Elle devient un piège si elle offre une illusion de sécurité et entraîne une baisse de la vigilance et de la rigueur nécessaire pour lutter contre les risques naturels.

Élargissons encore le débat. Au delà de ces considérations sanitaires ou d'aménagement de l'espace, n'a-on pas aisément recours à la protection qu'offre la force pour préserver des déséquilibres inacceptables ? Force militaire , parfois, mais aussi économique, en construisant des digues virtuelles pour protéger les économies des pays industrialisés et leur haut niveau de consommation de ressources. On peut aussi évoquer les nombreux murs dressés pour empêcher une immigration incontrôlée ou le passe d'éléments indésirables, en substitution à la recherche active d'un équilibre de développement de chaque côté de ces barrages.

Le développement durable et la recherche d'assurances, de sécurité, vont de pair. Mais attention aux mauvaises interprétations : la protection ne doit pas faire oublier l'existence du risque.

1On pourra se reporter aux chroniques « précaution » et « risque » des 28 février et 26 juin 2006.

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Mardi 22 août 2006

« Complément », voilà un mot qui nous rappelle la grammaire ou les mathématiques, mais qui a été souvent oublié dans un monde où on préfère les oppositions. On est souvent sommé des choisir. Il faut trancher, adopter une position, et par conséquent éliminer les autres. Le choix proposé est parfois caricatural comme celui entre la musique classique et le jazz, et la réponse a été donnée depuis longtemps : je choisis la bonne musique. La tendance à opposer les options, à enfermer les citoyens, les consommateurs, dans un choix artificiel et tout préparé est commode. Commode pour ceux qui les proposent, profitent de l’opposition ainsi créée, et pour occulter d’autres choix, et surtout d’autres manières de poser les questions.

 

 

Le débat se porte sur des objets de toutes natures. Prenons un exemple dans le domaine technique : la HQE, démarche de haute qualité environnementale pour les bâtiments. Une démarche précise, totalement volontaire, proposée aux acteurs du bâtiment. Les plus vives attaques dont elle a été l’objet viennent de personnes engagées dans l’environnement ou le développement durable. Pourquoi ? Sans doute parce que la démarche HQE ne répond pas à toutes leurs attentes. Et on en vient rapidement à lui opposer d’autres démarches, fondées sur des principes différents, approches très ambitieuses sur un seul paramètre, comme l’énergie, ou très marquée par l’origine des produits. Pourquoi pas, chacun peut choisir sa méthode, mais pourquoi les opposer, alors que l’essentiel de la construction reste traditionnelle, et encore bien loin de ces préoccupations ? Ces différentes approches ne doivent pas être opposées, elles sont complémentaires, et permettent d’ouvrir une gamme de réponses se référant à l’environnement, parmi lesquels les consommateurs, les « maîtres d’ouvrage » en l’occurrence, vont choisir. C’est une constatation assez fréquente, ce sont les gens les  plus proches de vous qui vous attaquent, qui s’opposent à vous, alors qu’ils sont complémentaires, mais qu’ils se sentent en concurrence. Pour le développement durable, il y tellement de travail à faire, de pistes à explorer, que toute exclusion a priori est suspecte.

 

 

Autre débat classique, dans un autre sens : haro sur la voiture, ou sur le deux roues motorisé, ou sur le vélo, selon le point de vue où l’on se place. Cette opposition est bien sûr maladroite, et occulte la question du bon usage de chacun de ses modes de transport, qui sont à l’évidence complémentaires. Ce sont les mauvais usages qu’il faut combattre, et pas tel ou tel mode. S’il est vrai que l’automobile a pris une place exagérée, et a structuré le territoire en fonction de ses exigences, il ne faut en oublier les vertus, et s’efforcer de la remettre à sa place et d’en faire un véritable instrument au service de la mobilité. Le conflit rail – route pour les marchandises est du même ordre, c’est la complémentarité qu’il faut rechercher, et la domination abusive d’un mode qu’il faut combattre.

 

 

C’est peut-être la politique et son penchant bi polaire qui est à l’origine de ce besoin d’opposer, d’exacerber des rivalités, entre des opinions, des méthodes, des prises de position qui ont chacune leur part de vérité, et témoignent de préoccupations réelles. En politique, on en arrive à appeler « opposition » ceux qui ne sont pas aux commandes. Ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi ! Belle affirmation qui relève plus du moyen de pression, de l’intimidation, que de l’acceptation de la diversité des opinions, vite présentée comme une atteinte à l’efficacité. Enfermer une partie de l’opinion dans du « prêt à penser » est peut-être efficace à court terme, mais est terriblement appauvrissant, et a pour conséquence de réduire l’étendue des débats, d’en masquer la complexité, alors que le développement durable est, à l’inverse, une invitation à apprivoiser la complexité de la vie. La bipolarité de la vie politique éloigne de la « bonne gouvernance », laquelle implique une large ouverture, et des procédures pour progresser. Il est vrai que la prise en compte de la diversité des intérêts, des philosophies, des échelles de temps et d’espace, n’est pas chose facile, et que des décisions doivent être prises, dans des délais raisonnables, et être suivies d’effets. C’est pourquoi la recherche du consensus ne peut se faire avec des assemblées dont la composition est artificiellement simplifiée, ce qui leur ôte une bonne part de leur légitimité. De récentes péripéties viennent encore de nous le montrer. Il est d’ailleurs intéressant d’observer en France que des assemblées plus complexes, moins « démocratiques » par leur mode de désignation, mais représentatives de groupes sociaux et sans blocages idéologiques aussi prononcés, les conseils économiques et sociaux, national ou régionaux, offrent une production sensiblement plus riche que les assemblées politiques, enlisées dans leur logique majorité / opposition. Une production souvent méprisée des « politiques », il faut bien le dire, peut-être justement parce qu’elle casse leur logique bipolaire. Tout système fondé sur l’exclusion des minorités et une vision binaire du monde aura bien du mal à produire les innovations institutionnelles et politiques nécessaires au progrès d’une société. L’exclusion des groupes trop minoritaires des assemblées tout d’abord, est un frein au renouvellement de la classe politique, et la prive ainsi de quelques « marginaux » qui prennent des risques, et sont porteurs d’idées nouvelles ; à l’inverse, le bipolarisme conduit à l’absence de prise de risque, pour la raison simple qu’il suffit de ne pas perdre pour s’assurer la victoire. On ne gagne ainsi que par défaut, et non en suscitant l’adhésion à des idées.

 

 

Le débat sur les institutions et le développement durable mérite d’être lancé sur des bases dénuées d’a priori, dans l’objectif d’introduire la bonne gouvernance dans la politique, au lieu de la cantonner aux enjeux sectoriels, comme aujourd’hui. Les opinions politiques sont différentes, voire opposées, et c’est bien normal, mais les enjeux du développement durable ne seront pas pris en charge en excluant d’office la moitié de la population.

 

 

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Jeudi 17 août 2006

La planète Terre est peut-être menacée, mais le soleil, lui, est imperturbable. Les astronomes lui font des infidélités, en allant voir ailleurs s’il y est, en cherchant dans d’autres galaxies si des planètes proches de la nôtre existent, mais le Soleil n’y attache pas trop d’importance, il est quasi éternel.

 

 

Nous lui devons beaucoup, et ce n’est pas un hasard s’il est une des divinités de base de la plupart des panthéons dans le monde, quelle que soit la civilisation.

 

 

Nous lui devons en premier lieu la vie. Une vie apparue sur terre dans les conditions physico chimiques résultant de la température que le Soleil nous permet d’atteindre. Les autres planètes que nous connaissons sont soit beaucoup plus chaudes, soit beaucoup plus froides que la Terre, et notre type de vie ne pourrait s’y développer. Mais pourquoi pas d’autres formes de vie, quand nous observons sur notre propre planète, dans des conditions « extrêmes », des êtres qui vivent sur des principes totalement différents des nôtres, au fond des abysses, loin de toute lumière et en absence d’oxygène. L’être humain survit à la surface d’une planète qui connaît des écarts de température extraordinaires, de -50° à +50°, selon les saisons et les latitudes. C’est une amplitude considérable, signe d’une formidable capacité d’adaptation de l’espèce humaine, surtout quand on se rappelle que le zéro absolu est à -273°. Sans s’interroger exagérément sur l’origine de notre planète et le « big-bang » qui en serait le point de départ, c’est au Soleil que nous devons d’exister, mais dans des conditions particulières, qu’il nous faut respecter si nous voulons « durer » autant que lui.

 

 

De grandes tolérances sur les températures, comme nous venons de le voir, oui, mais pas pour toutes les espèces vivantes : les végétaux et les animaux, à sang chaud ou froid, se trouvent bien dans des fourchettes de température, et au delà elles meurent, à défaut de savoir modifier leur environnement immédiat. C’est ce que nous faisons en nous habillant, en construisant des maisons, des igloo, des huttes, qui reconstituent un environnement favorable dans un environnement hostile. Mais le soleil, c’est aussi des rayonnements, et nos organismes ont été sélectionnés au cours des millénaires en fonction de leur capacité à les supporter. Nous ne pourrions vivre soumis à des rayonnements différents de ceux que nous subissons, et c’est l’atmosphère qui nous entoure qui est en jeu : sa capacité à filtrer ces rayonnements est ce qu’elle est, et tout changement serait problématique pour nos organismes. La question de la couche d’ozone s’inscrit dans cette logique : changer la composition de l’atmosphère revient à changer la nature des relations entre le Soleil et l’espèce humaine. D’harmonieuses, elles peuvent rapidement se dégrader en cas de dérapage incontrôlé.

 

 

Le même raisonnement vaut pour le climat. Changer la température moyenne de la planète, c’est s’exposer à des bouleversements de multiples natures : courants marins perturbés, équilibres biologiques entre espèces, force et régularité des vents, etc. L’espèce humaine, tributaire de ces équilibres pour ses habitats et ses ressources, est directement concernée.

 

 

Le Soleil est aussi notre principal fournisseur l’énergie. Voire l’unique, si l’on considère que l’énergie stockée depuis des millions d’années dans les couches géologiques est aussi un apport du Soleil. L’énergie recueillie par la Terre est considérable, et bien au-delà de nos besoins imaginables. Additionnons la force des marées, de la houle, des courants marins et du clapotis, les vents et les cyclones, la photosynthèse sur terre et sur mer, les éclairs et la foudre, ça en fait de l’énergie ! Le problème est de la mobiliser, au bon moment et au bon endroit, et en quantité suffisante. L’humanité l’a utilisée, et l’utilise toujours de manière diffuse. On ne la comptabilise pas sous cette forme, et on a tord, car c’est une part notable de nos besoins qui sont ainsi couverts. L’activité agricole et forestière utilise de l’énergie « industrielle », comptabilisée, mais l’essentiel n’est-il pas l’apport du Soleil ? De même, la pêche semble tributaire du pétrole nécessaire pour faire avancer les bateaux et lever les filets, mais c’est avant tout le fruit d’un mécanisme complexe partant du phytoplancton, qui se développe grâce au Soleil et à l’oxygène de l’air. Ce sont des évidences tellement fortes que l’on a tendance à les considérer comme acquises pour toujours. Cette négligence nous coûte cher. On voit bien que l’apport du Soleil peut être contrarié, avec par exemple la propagation à  la surface des océans de couches d’hydrocarbures isolant l’eau de l’air ; les bilans énergétiques que l’on réalise aujourd’hui sur la production d’énergie par la biomasse montrent par ailleurs de grands écarts dans l’efficacité du captage de l’énergie que le Soleil nous fournit généreusement.

 

 

Le Soleil, c’est aussi ses levers et ses couchers, sa lumière que tous les artistes ont tenté de traduire. Le Soleil et l’Humanité sont indissociables. Mais le couple est tumultueux, et l’équilibre est à la fois terriblement fécond et d’une extrême fragilité. Le Soleil est ce qu’il est, et nous ne le changerons guère : il revient à l’Humanité la responsabilité de bien entretenir cette relation, pour le meilleur et en évitant le pire.

 

 

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Mardi 15 août 2006

Un mot aux sens variés, tous intéressants au titre du développement durable. Nous nous contenterons d’un rapide survol.

 

Le beau temps est une des conditions du succès des vacances. C’est un inépuisable sujet de conversation, une rubrique essentielle à la télévision et dans les journaux. Ce n’est pas récent, et depuis toujours, la pluie et le beau temps constituent une préoccupation essentielle de l’humanité : pas pour ses loisirs, mais pour son travail : la production de nos ressources vitales, alimentaires et industrielles en dépendent, et les « intempéries » font l’objet de règlements compliqués, aussi bien pour le bâtiment que pour l’agriculture, ou on parle alors de « calamités ».

 

C’est que le temps est capricieux, et qu’on peut le prévoir, non sans incertitude, mais pas le maîtriser. La pluie se fait parfois désirer, avec le recours aux divinités spécialisées si nécessaire, et les cérémonies que toutes les religions ont su monter pour faire face à une angoisse légitime. Pour s’en affranchir, l’Homme a créé des ouvrages. Stockage d’eau et irrigation ont ainsi été imaginés pour répondre aux fantaisies de la pluie. Parfois c’est l’inverse, l’eau du ciel tombe en masse, et c’est la crue, parfois la catastrophe. Là encore, on a imaginé des ouvrages, bassins de rétention, digues, canaux. Tout cela est-il bien « durable » ? Bien sûr, à la condition toutefois que la solution n’aggrave pas le problème, comme une digue qui repousse le problème en aval, et que la protection ne fasse pas oublier le danger, comme la construction de maisons dans des zones inondables. Se protéger des conditions extrêmes ne doit pas se prolonger en la recherche folle de la maîtrise totale des éléments.

 

A l’inverse, l’alternance entre la pluie et le beau temps est source de richesses. « Le mauvais temps, c’est le temps qui dure », affirme un dicton paysan. Ce sont les variations qui sont intéressantes, et il faut s’organiser pour en tirer le meilleur profit, tout en luttant contre les amplitudes trop fortes, que nous ne saurions valoriser. Il n’y a donc pas dans l’absolu ni de beau temps, ni de mauvais temps, mais des alternances à exploiter, des différences à valoriser.

 

Le temps, c’est aussi le temps qui passe. On nous dit que c’est de l’argent, en référence à une denrée rare, mais c’est surtout notre vie qui s’écoule  avec plus ou moins d’intensité. On a voulu l’aménager, comme on tente d’aménager le territoire. Il est vrai que le temps et l’espace sont étroitement liés. Les experts disent que nous acceptons de passer un temps constant dans nos déplacements quotidiens, et que l’efficacité des systèmes de transport nous conduit à éloigner de plus en plus nos lieux de travail et de vie. Entre les deux, le temps et l’espace, il y a un lien : c’est la vitesse. C ’est parce que l’on va plus vite qu’on va plus loin. C’est une ouverture, le champ du possible est accru, mais à quel coût environnemental ? La liberté offerte par la vitesse doit-elle être payée par la dégradation des milieux naturels et des paysages, et la pollution automobile, le bruit des avions ? Si on en croit Yvan Illitch, cette vitesse est sans doute bien exagérée. Faisons le calcul d temps passé à se déplacer. Il y a le temps précis du déplacement, mais bien d’autres choses aussi : le temps nécessaire à gagner l’argent dépensé spécifiquement pour un déplacement, c'est-à-dire, par exemple, acheter une voiture, son carburant, son entretien, son assurance, son stationnement, la part des dépenses de santé que l’on peut affecter à chaque kilomètre parcouru en voiture, etc. En rapportant ce temps à la distance parcourue, on revient à des vitesses à peine supérieures à celle d’un bon marcheur. Mais comme pour le beau temps, c’est peut-être l’alternance qui est intéressante, la capacité à jouer avec la différence de vitesse, des moments à vitesse négative, ceux où l’on capitalise du potentiel de mobilité, et ceux où on en profite, mais à condition de savoir raison garder, et de ne pas passer l’essentiel de sa vie capitaliser pour une mobilité dont on ne sait que faire, ou récupérée au profit d’autres personnes. Là encore les notions d’efficacité et d’équité doit être présente. Combien de temps a-t-il été capitalisé pour les voyages des astronautes, et quelle est leur vitesse réelle ? Mais l’élargissement du cercle des déplacements possibles est source de richesse, d’échanges de matières, de savoirs, de cultures, et il serait bien dommage de crier trop vite « haro sur la vitesse » ! Elle a du bon, si on en connaît le sens, si on n’en est pas l’otage. A l’inverse, l’éloge de la lenteur doit aussi être fait, à l’instar de Pierre Sansot. La vitesse empêche de profiter de bien de richesses, et la capacité à choisir sa vitesse ne doit pas basculer exclusivement vers la rapidité maximale. Quiconque a navigué sur les canaux de France ou d’ailleurs en est vite convaincu, encore faut-il que ce ne soit pas réservé aux seuls moments de loisir.

 

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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, Dominique Bidou Développement durable, est le support juridique (SARL) de mes interventions en tant que consultant. DBDD s’adresse aux collectivités, aux administrations, aux entreprises publiques et privées. Toutes les activités sont concernées, chacune avec ses spécificités qu’il convient d’intégrer dans les interventionsDBDD propose un accompagnement dans l’élaboration des politiques de développement durable, diagnostic, choix de lignes directrices, mobilisation des acteurs, personnels et partenaires, contrôles et évaluation.  contact@db-dd.org Pour une présentation plus complète, cliquer sur l'icône 
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quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

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