Le DD par les mots

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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Jeudi 27 septembre 2007

Nous avons déjà parle de croisées au féminin, c'est-à-dire des fenêtres[1]. Il y a aussi la croisée des chemins, où je ne pourrais que vous conseiller la voie du développement durable. Au masculin, les croisés historiques sont de redoutables guerriers ; les croisades d’aujourd’hui sont multiples, et la manière de les mener moins sanglantes. Il y a notamment des croisés du développement durable. Leur zèle est redoutable, surtout s’il s’agit de nouveaux convertis, dont on sait la ferveur. Le sentiment d’urgence[2], qui les anime souvent, les conduit parfois à brûler les étapes[3], et à vouloir imposer des solutions toutes faites pour redresser la situation. C’est oublier que ce sont les acteurs ordinaires de la société qui sont les mieux placés pour trouver les bonnes solutions, et que les zélateurs du développement durable doivent surtout leur en donner l’envie, et les aider à se repérer. Pas de leur dire ce qu’ils doivent faire. La bonne volonté et l’engagement personnel, bien sympathiques au demeurant, ne peuvent s’affranchir de la nécessité d’intégrer les réalités de la vie de ceux auxquels ils s’adressent.

Il faut porter le développement durable au sein des univers des autres, et ce sont eux qui sauront quoi en faire. Le fameux ouvrage d’Amin Maalouf, Les croisades vues par les arabes[4], montre clairement quels dégâts peuvent être faits au nom d’une noble cause.

Croisé, le mot évoque également l’occasion de voir d’autres gens, de croiser des points de vue, des cultures. Sans chercher une confrontation, c’est l’occasion d’enrichir des points de vue, en multipliant les approches des mêmes phénomènes, et d’en découvrir ainsi de nouvelles facettes. Une bonne manière de progresser dans la complexité.

A l’infinitif, Croiser nous renvoie aux trois dimensions du développement durable. Rappelez-vous, l’économique, le social (ou sociétal, mais ça se discute) et l’environnement, représentés par trois cercles, souvent ovoïdes d’ailleurs, qui se croisent et se coupent les uns les autres. Une approche un peu compliquée, se référent à la théorie des ensembles. Certains ont vite fait de croire qu’il suffit d’être présent dans une des cercles pour être durable. Ou que l’on peut faire son marché au sein des trois cercles, que l’on va prendre un aspect et le valoriser sans égard pour les autres. Il faut reprendre le petit dessin des trois cercles, que l’on croise et dont l’intersection commune donne le territoire du développement durable.

Une intersection ridicule, toute petite, difficile à atteindre, et qui restreint fortement le champ du possible. Mais les cercles peuvent bouger, et l’action des pouvoirs publics et des responsables économiques et sociaux est de les déplacer dans le bon sens. En réalité, ils bougent sans cesse, avec les nouvelles techniques qui se diffusent, les règlements, les équilibres économiques en perpétuel mouvement, les modes de vie eux-mêmes évolutifs, et. Tout l’art est parvenir à les superposer au maximum, comme on le fait pour obtenir une lumière blanche à partir des couleurs de l’arc en ciel[5]. Il est alors bien plus facile de faire du développement durable, et on n’est pas obligé de faire comme le voisin. La vertu devient attractive, voilà un bon croisement.

 

Prochaine chronique : Passé

[1] Chronique Fenêtre  du 07/02/2006, et n°26 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

[2] Urgence , chronique du14/05/2007

[3] Etape , chronique du 06/11/2006 et n°25 dans Coup de shampoing…

[4] Aux éditions Jean-Claude LATTES, 1983

[5] Voir la chronique Lumière du 14/12/2006 et n°39 dans Coup de shampoing…

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Lundi 24 septembre 2007
Je vous avais annoncé une chronique "Croisé", mais ce sera pour jeudi prochain. Entre temps, un mot s'est imposé dans l'actualité : faillite.

La France est-elle en faillite ? Le débat est ouvert ! La France s’enfonce dans un déficit non seulement chronique, mais qui s’accentue année après année. Cela fait des années que la France n’a pas adopté de budget en équilibre, les comptes sociaux creusent encore au fond de leur trou, etc. Que n’entend-on pas sur cette douloureuse question des dépenses publiques, avec en fond de décor le pacte de stabilité et des engagements européens et internationaux. Mais que dire de la planète, laquelle est en déficit de plus de 20% par an, un déficit qui pourrait atteindre 100% en 2050 si rien n’est fait pour réagir à ce délit massif de grivèlerie ? Il faut le dire clairement, nous consommons sans avoir les moyens de payer.

Il ne s’agit pas ici de déficit financier, mais d’un déficit matières. Et c’est beaucoup plus grave. La Terre consomme aujourd’hui un cinquième de plus que ce qu’elle produit, en richesses utiles à la vie, et non en papier monnaie. Les budgets financiers ne traduisent somme toute que des conventions entre les hommes, avec des institutions pour les gérer. Ce sont des constructions humaines, qui doivent rendre compte du niveau de production et d’échanges, mais qui ne s’intéresse guère au capital1 productif autre que celui créé et possédé par les hommes. Nous savons que ce n’est qu’une vision réductrice des choses, et qu’elle peut masquer l’essentiel. Les dettes des uns sont les créances des autres, et la question du déficit renvoie plutôt à celle du pouvoir : qui détient les rênes, qui contrôle, qui choisit notre avenir ? Nous conviendrons sans difficulté qu’il vaut mieux rester maître de son destin, et que l’endettement, dans cette perspective, n’est pas une bonne chose. Nous savons aussi que le créancier et le débiteur sont condamnés à vivre ensemble, dès que la dette atteint un niveau suffisant pour que le créancier s’en sente aussi responsable. Les endettés peuvent avoir une position dominante, comme les États-Unis, et on voit bien que la question de la dette est bien plus complexe qu’il ne paraît. On nous dit d’ailleurs que, toute endettée qu’elle soit, la France représente un bon risque2.

Il en est tout autrement quand il s’agit de la dette physique, en termes de richesses produites et de ressources consommées, surtout quand le calcul est fait à l’échelle de la planète. Il ne s’agit plus de convention ni de relations de pouvoir, mais bien de capacité à produire. On aimerait bien que les hautes personnalités qui s’intéressent aux déficits publics, que les bons apôtres de l’orthodoxie budgétaire se penchent sur cette question. Cela fait trente ans que la ligne rouge a été franchie, que la pression sur la planète, mesurée en prélèvements de ressources et en pouvoir de régénération de nos rejets dans les milieux, dépasse la capacité de compensation de la planète. Depuis le milieu des années 1970, l’empreinte écologique3 de la planète est supérieure à son enrichissement naturel. L’affaiblissement continu du capital nature, dont on mesure chaque jour les effets, est masqué par de fortes inégalités entre régions du globe, mais depuis la déclaration de Jacques Chirac à Johannesburg, en 2002, chacun sait qu’il faudrait trois planètes si tous les terriens vivaient comme les européens. Ces inégalités ont permis à une partie du monde de vivre largement au-dessus des standards que la planète autoriserait si elle pouvait s’exprimer. Aujourd’hui, avec la demande légitime de peuples très nombreux à sortir de la pauvreté et à atteindre un bon niveau de dignité, ce que l’on appelle le développement humain, il est clair que la question du déficit des comptes planétaires va se poser avec de plus en plus de force. Il va falloir trouver de nouveaux équilibres, qui permettront à l’humanité de vivre sur le flux des richesses produites chaque année par la planète, en renforçant sa capacité de production au lieu de la réduire comme on le constate, par exemple, avec la disparition de zones de forte productivité, comme les marais, et les difficultés croissantes de la pêche en mer.

La France en faillite est un bon débat de politique intérieure, qui ne doit pas être négligé, mais il reste mineur à coté de la question de la productivité de la planète, enjeu majeur du siècle qui vient de commencer. La faillite de la Terre nous menace. Au-delà des comptes financiers, il y a la réalité physique. Ne pas l’oublier est la première condition du développement durable.

1 Voir la chronique Capital du 22/02/2007

2 chronique Risque du 26/06/2006 et n°64 dans Coup de shampoing sur le développement durable, www.ibispress.com

3 Voir la chronique Hectare du 28/06/2006 et n°30 dans Coup de shampoing…


Prochaine chronique : Croisé

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Jeudi 20 septembre 2007
Un mot qui renvoie à la mode, et par suite aux saisons. La mode pousse à la consommation, à renouveler sans cesse ses vêtements ou tout autre objet qui ne serait pas tendance, ce qui nous éloigne du développement durable. Un mouvement pour une mode durable semble vouloir se faire jour, une mode où les vêtements pourraient s’adapter aux nouvelles exigences, forme, motifs, couleur. Une belle contradiction à résoudre, avec l’adaptabilité comme ligne de conduite. Changer de look, pourquoi pas, et même tant mieux si ça fait plaisir, mais comment faire pour ne pas, en même temps, accentuer une pression sur les ressources dont on sait qu’elles sont limitées ? Il est sans doute possible de développer des collections virtuelles.

Les musées, aussi, présentent des collections, mais bien réelles, et sans conséquence fâcheuses pour le patrimoine, bien au contraire, à moins qu’elles ne provoquent des vagues de pillage de sites et de monuments, ce dont il faut se préserver. Le musée des monuments français, qui vient d’ouvrir ses portes au Trocadéro, est de point de vue irréprochable. Il s’agit de collections de moulages et de maquettes, qui montrent de manière saisissante la qualité du patrimoine. Un magnifique instrument de diffusion de connaissances, et surtout du goût de l’architecture, ancienne ou moderne.

Un autre musée démarre en marge de cette cité de l’architecture. Un musée vivant, dont l’ambition est de réunir 51 pièces. Autant que de communes qui ont été réunies dans une grande opération d’aménagement sur la Seine à l’ouest de Paris, dans le Mantois (opération d’intérêt national Seine-Aval). Elles ont décidé, non pas de créer une ville nouvelle, comme d’autres dans les années passées, mais de créer une dynamique collective pour leur territoire, déjà bien structuré, en lançant un projet fédérateur. Dans un territoire frappé durement par la désindustrialisation après la période faste des trente glorieuses, il fallait fixer un objectif ambitieux qui mobilise l’ensemble de ses habitants, de ses élus et de ses décideurs, pour en sortir par le haut.

D’autres sites industriels fameux, comme Bilbao et Birmingham, ont su retrouver un équilibre et même un réel prestige grâce à des initiatives fortes en matière d’aménagement et de références culturelles. Ici, c’est l’architecture durable qui a été retenue pour cristalliser cet objectif de renouveau. Une formidable collection de maisons durables est ainsi lancée, couplée avec un grand prix, international, d’architecture durable[1]. Un projet qui s’inscrit dans la modernité, et dans une perspective internationale, puisque les architectes de ces maisons seront les lauréats du concours. Un lauréat par an, une œuvre par lauréat, 51 communes pour les accueillir, un programme pour 51 ans. C’est une collection manifeste qui démarre, dans un territoire complexe, avec son histoire et ses habitants.  

C’est la qualité[2] qui sera le moteur de ce renouveau : Une relation directe avec la Cité de l’architecture et du patrimoine pour le concours, et la recherche de l’excellence par la mobilisation de grands architectes qui vont jalonner les transformations de ce territoire.

S’il est bien sûr trop tôt pour crier victoire, il faut souligner l’intérêt de la démarche retenue, du point de vue du développement durable. L’enjeu de la construction durable est capital pour la planète. Dans les pays industrialisés, c’est près de la moitié de l’énergie consommée qui l’est dans les bâtiments, pour les chauffer, les éclairer, faire la cuisine, faire tourner tous les matériels de la vie quotidienne. Un quart de l’effet de serre peut leur être attribué. La construction de maisons modifie en profondeur le régime des eaux, les paysages, les équilibres écologiques locaux. On ouvre des carrières pour y trouver les matériaux nécessaires, etc. Et il faut bien construire pour loger les mal logés et les nouveaux candidats au logement, pour accueillir les activités de toutes natures et les équipements publics comme les écoles. Nous n’avons pas le choix : les constructions doivent être écologiques, c'est-à-dire rendre le service que l’on attend d’elles au moindre coût environnemental, et même, si possible, en provoquant des bénéfices environnementaux. On vise ainsi la maison à énergie positive[3], qui crée plus d’énergie qu’elle n’en consomme, on enrichit la biodiversité dans l’aménagement des espaces extérieurs, on qualifie des paysages dégradés, etc.

Voilà donc une collection durable qui s’engage. Souhaitons qu’au-delà de la dynamique attendue pour le Mantois et ses environs, son influence irrigue durablement tout le secteur économique de la construction. 

Prochaine chronique : Croisé



[1] www.global-award.org

[2] Qualité , chronique du 02/04/2006, et n°60 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

 

[3] Voir chronique Positif du 17/05/2007

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Lundi 17 septembre 2007
Un mot qui raisonne de nombreuses manières !

Commençons par les mauvais souvenirs, pas pour les oublier ensuite mais pour en tirer tous les enseignements. On peut dater l’évènement : le 15 août 1944. Les alliés débarquent à Cavalaire-sur-mer, en Provence. Leur matériel est dans des caisses tout droit venues des Etats-Unis. Avec la liberté, elles apportent un champignon, le chancre du platane. Voilà un arbre dont la durée de vie s’étage de 500 à 2000 ans subitement menacé. L’arbre dont le bois avait servi à confectionner le cheval de Troie, vous vous rendez compte ! Les passagers clandestins du genre chancre du platane sont nombreux. Les bateaux ont colporté bien des parasites à la surface de la planète, avec les rats ou divers supports pour mieux les diffuser. Des graines de plantes s’accrochent aux roues des avions, et maintenant de sont les moustiques qui s’invitent dans les habitacles, avec leurs charge en virus et autres chikungunya[1]. Les espèces animales ou végétales étrangères sont parfois des bénédictions, comme l’ont été la pomme de terre et la tomate en Europe, ou le cheval percheron en Amérique. Mais elles peuvent aussi, faute de précautions, s’avérer destructrices. Introduites parfois par inadvertance, comme le chancre du platane, elles le sont parfois très volontairement, comme les écrevisses américaines qui prennent la place des européennes et déséquilibrent les rivières, qui n’en avaient pas besoin tant elles sont agressées de mille manières. On peut aussi évoquer les tortues de Floride, remises dans la nature quand on en a assez de les nourrir chez soi, et bien d’autres animaux faussement domestiques et qui n’aspirent qu’à se retrouver dans la nature. Celle-ci n’est pas préparée à cette invasion, et quand les espèces nouvelles sont adaptées au contexte, elles font des ravages. Ces phénomènes sont hélas très difficiles à endiguer, et c’est leur quasi irréversibilité qui pose le problème principal. Comment retrouver un équilibre après de telles agressions ? Le réchauffement climatique est d’ailleurs propice à l’acclimatation de ces espèces qui viennent du Sud, et qui ne trouvaient pas dans nos régions du Nord de conditions favorables à leur développement.

Une caisse n’est pas qu’un assemblage de planches. C’est aussi là où on met de l’argent, ainsi que, plus familièrement, une voiture. Deux significations habilement regroupées par la société Caisse-commune[2], qui propose des voitures en auto partage : C’est un service qui consiste à mettre en commun une flotte de véhicules. On peut en réserver une à tout moment par téléphone ou Internet, pour en disposer le temps que l’on veut[3]. Objectif : avoir une caisse quand on veut, et faire des économies sur sa caisse, car ça coûte bien moins cher, pour les utilisateurs occasionnels de voitures que nous sommes pour la plupart, d’avoir accès à la voiture sans devoir en être propriétaire. Cette formule se développe en France et en Europe, d’autres sociétés se mettent sur ce marché, bref les habitudes changent. La France n’est pas la dernière dans ces évolutions que l’on observe, sur la mobilité. Une étude récente du BIPE[4] montre que la France a pris un virage depuis 2003, plus accentué que les autres pays étudiés, le Royaume Uni, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne. De 2003 à 2005, la mobilité automobile (mesurée par le nombre de voyageur-km) s’est réduite en France de 0,8%, de à 0,3% en Allemagne, de 0,2% en Italie, alors qu’elle augmente encore un peu au Royaume Uni, de 0,4% et beaucoup en Espagne, de 2,4%. Ce dernier chiffre s’explique par le rattrapage en cours sur le réseau routier en Espagne. Le retournement de tendance que l’on perçoit en France, Italie et Allemagne s’explique par de nombreux facteurs, comme le prix du carburant et les contraintes de plus en plus fortes sur l’usage de l’automobile, notamment pour le stationnement. L’offre de transports en commun qui se renforce, métro et tramway en ville, TGV en inter urbain, capte une partie croissante de la mobilité sous toutes ses formes, qui, elle, continue à augmenter. Le résultat est que chaque voiture parcoure moins de kilomètres par an. L’auto partage a de beaux jours devant lui, de même que les nouveaux transports en commun. Une vingtaine de projets de tram-train ont été lancés en France récemment. La dernière en date, entre Thann et Mulhouse, en Alsace, va améliorer sensiblement la qualité su service offert aux voyageurs. Il est attendu une hausse du trafic de 60%. Il y a des caisses qui vont rester au garage !

Prochaine chronique : Collection

 



[1] Voir sur ce point Moustique, chronique du 24/02/2006 et n°42 dans Coup de shampoing sur le développement durable, www.ibispress.com

[2] http://www.caisse-commune.com/

[3] Voir Location, chronique du 07/03/2006 et n°37 dans Coup de shampoing…

[4] www.bipe.fr

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Jeudi 13 septembre 2007
La nature est généreuse, mais elle est capricieuse. C’est devenu un gros défaut, car nos besoins sont, eux, à peu près constants, et les fluctuations des bienfaits de dame nature nous posent souvent un problème. Pendant des siècles, l’Homme a essayé de faire des provisions, de prévoir la disette et s’est efforcé de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, pour assurer au maximum ses approvisionnements. A cette stratégie, nécessaire pour faire face aux caprices de la nature, se substitue progressivement l’idée que, au 21e siècle, on pourrait bien domestiquer la nature,  manifester ainsi notre puissance et régenter toute forme de vie à la surface de la planète. Les fluctuations dans les apports de la nature nous font parfois oublier l’abondance[1] de sa production. C’est un peu la poule aux œufs d’or, les œufs ne nous satisfont plus, on voudrait bien avoir tout le trésor, et tout de suite. Depuis toujours, l’Homme tente de réguler les flux de la nature, en sélectionnant ses produits par l’agriculture, et en multipliant les ouvrages, canaux, tuyaux, capteurs de toutes natures.

Cette collecte des produits de la nature, gratuits[2] par définition, ou dons de Dieu dans certaines cultures, a provoqué des trésors d’ingéniosité, a stimulé l’intelligence et entraîné des progrès techniques extraordinaires.

L’Homme est orgueilleux. Il veut se mesurer au créateur, ce qui lui a valu d’être chassé du jardin d’Eden. Il persévère quand même dans son désir : Regardez la production agricole. Il croit que c’est la sienne, alors que son rôle s’est borné à organiser, à orienter, à sélectionner des richesses produites par la nature, la photosynthèse, le travail des vers de terre, du patrimoine génétique des plantes, de l’eau qui tombe du ciel, du soleil. C’est un rôle marginal par rapport à celui de la nature, même s’il est déterminant pour répondre aux besoins des hommes. Retirez les apports de la nature, et l’agriculteur ne peut plus rien. On l’a vu, les richesses produites par la nature sont abondantes, et leur exploitation par l’homme peut faire illusion. Il croit que c’est lui qui produit, alors qu’il ne fait qu’accompagner et guider une production qui aurait eu lieu de toutes façons, mais sous une autre forme. Depuis toujours, l’activité humaine s’est, tout naturellement, ingénié à obtenir de la nature le maximum de richesses utilisables. Elle s’est adaptée aux circonstances, au contexte, au climat, et les besoins des hommes se sont aussi forgés, en retour, en fonction de ce que la nature peut apporter. Il semble aujourd’hui que ça ne suffise plus. L’Homme veut asservir la nature, il n’accepte plus de devoir s’adapter aux lois de la nature.

La production agricole est un exemple, et on peut dire la même chose pour le chauffage. On doit beaucoup au soleil sur ce point, mais on ne comptabilise guère ses apports. Bien sûr, il y a le gros morceau, de porter la planète dans une bonne moyenne, bien au dessus du zéro absolu qui se situe, rappelons-le, à -273 degrés Celsius. La vie terrestre s’est développée dans cette configuration, et admettons que ça ne compte pas. Le soleil nous chauffe de mille manières, directement ou indirectement, et notre travail consiste à capter cette énergie gratuite, à isoler une maison pour confiner ces calories venues du ciel, à créer une multitude de micro effets de serre pour absorber lumière et chaleur sans en rejeter trop.

Les ressources minières sont d’autres apports de la nature, tout comme l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons. Ces ressources ne sont pas inépuisables, elles sont fragiles, même si on peut les régénérer en partie. Et n’oublions pas notre patrimoine génétique, le logiciel, comme on dit aujourd’hui dans les salons, qui constitue notre identité, notre mode de fonctionnement.

Nous avons vite fait d’oublier d’où viennent ces bienfaits. Surtout qu’ils ne sont pas toujours conformes à nos souhaits, et que parfois les fantaisies de la nature font très mal. Alors la tentation vient de se substituer à la nature. On fera de l’agriculture hors sol, on recompose les patrimoines génétiques, on joue avec la matière pour produire de énergie. L’Homme croit ainsi s’affranchir de la nature. C’est le règne de l’artificiel. Outre qu’il est inquiétant de voir ainsi se concrétiser Le meilleur des mondes, cette évolution est parfaitement anti économique. Les apports gratuits, non comptabilisés, sont absents des calculs. Le travail de l’Homme, qui consiste à valoriser ces ressources, a fait oublier l’essentiel.

L’artificiel tient aujourd’hui le haut du pavé. Molécules de synthèse, matières recomposées. Même les attitudes, les comportements, sont artificiels : on a chassé l’effort physique de la vie courante, et on l’introduit artificiellement le weekend, avec le jogging et la remise en forme.

Combien de temps cette domination de l’artifice durera-t-elle ? En remontant les chaînes de production de ces biens artificiels que nous consommons, on trouve toujours au point de départ des ressources naturelles, matières, énergie, produits de la terre ou de la mer. Tout se passe comme si l’agriculture, par exemple, avait pour but de produire des produits primaires à partir des produits de l’industrie. Le monde à l’envers. Le faible rendement des biocarburants de première génération illustre bien cette dérive. Un artifice réellement productif, et par suite durable, serait de faire en sorte que les chaînes soient sources d’économies, et permettent un meilleur rendement des ressources primaires : le travail et l’intelligence de l’Homme trouveraient ainsi leur pleine efficacité, en complément des apports de la nature, en dernier maillon dont le rôle serait de transformer les apports de la nature en service pour ses contemporains. Le potentiel de la nature resterait alors intact, et il pourrait même s’enrichir progressivement, comme une terre travaillée régulièrement peut le faire.

Au lieu de cela, la tendance que bous observons est bien de se substituer à toute la chaîne. Les connaissances de la matière et du vivant sont exploitées non plus pour valoriser leur potentiel et en tirer le maximum de services, mais pour recomposer un monde qui serait totalement sous contrôle. Tout se passe comme si le capital nature était oublié[3]. Mauvaise piste, quand on connaît l’ampleur des défis à relever pour que notre développement soit durable…

Prochaine chronique : Caisse

 

 



[1]  Chronique Abondance du 19/03/2007

[2] Chronique Gratuit  du 30/04/2007

[3] Voir la chronique Capital , du 22/02/2007

 

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DBDD

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, Dominique Bidou Développement durable, est le support juridique (SARL) de mes interventions en tant que consultant. DBDD s’adresse aux collectivités, aux administrations, aux entreprises publiques et privées. Toutes les activités sont concernées, chacune avec ses spécificités qu’il convient d’intégrer dans les interventionsDBDD propose un accompagnement dans l’élaboration des politiques de développement durable, diagnostic, choix de lignes directrices, mobilisation des acteurs, personnels et partenaires, contrôles et évaluation.  contact@db-dd.org Pour une présentation plus complète, cliquer sur l'icône 
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quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

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