Le DD par les mots

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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.  Il faut lui donner un sens plus pratique, plus proche de la réalité quotidienne, sans pour autant lui faire perdre sa force et son caractère universel. Chaque mot, pris dans l'actualité ou au fil d'une conversation, donne l'occasion d'une réflexion sur le développement durable. Au lieu de partir du développement durable, et de tenter de l'expliquer, nous allons partir de la vie et des mots ordinaires, pour aller vers le développement durable. Près de 400 mots ont ainsi été déclinés dans l'univers du développement durable, de janvier 2006 à juin 2009. Un livre a été publié en 2007 à partir des 80 premiers mots Coup de shampoing sur le développement durable, préfacé par Didier ADES.
L'été 2009 sera l'occasion d'une mutation. Vous trouverez dans quelques mois une présentation de tous les mots têtes de chapitre, plus de nombreux autres très présents dans les textes. Un accès facile pour circuler dans l'univers du développement durable à partir de l'une ou l'autre de ces multplies portes d'entrée.
Entre temps, il n'y aura plus de chronique régulière, juste parfois des billets d'humeur. Vous trouverez aussi la liste des mots par ordre alphabétique, et la présentation, à l'occasion, de billets que j'ai l'occasion de publier sur d'autres supports.
Pour être tenu informé de la suite de ce blog sans avoir à y penser, il suffit de vous isncrire à l'aide de la case juste au dessous, en suivant les instructions. C'est très simple. A bientôt

Dominique Bidou
 

Une approche offensive

Il nous faut inventer le monde de demain, en mobilisant le plus d'énergies possible. L’approche proposée dans ce blog est résolument offensive, et fondée sur deux lignes directrices 

-  Anticiper et se placer de manière à bénéficier des changements à venir. Inventer un monde nouveau est à la fois un projet enthousiasmant, une obligation éthique et une opportunité économique.
-   Adapter le concept de développement durable à chaque cas d’espèce, en s’inspirant de recettes simples et de méthodes éprouvées à décliner dans chaque contexte. 

Les bouquets du DD

 Un bouquet pour la finance bouquet-finances.pdf bouquet-finances.pdf

Un bouquet pour les dividendes bouquet-dividendes.pdf bouquet-dividendes.pdf

Un bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

dans la série Les péchés capitaux au service dudéveloppement durable, un bouquet pour l 'orgueil Bouquet-orgueil.pdf Bouquet-orgueil.pdf , un bouquet pour l'envie Bouquet-envie.pdfBouquet-envie.pdf , un bouquet pour l'avarice Bouquet-Avarice.pdf Bouquet-Avarice.pdf

Présentation

Jeudi 28 décembre 2006

Fin

Non, ce n’est pas la fin du blog du développement durable, encore moins la fin du monde dont il sera question ici à l’occasion de la fin de l’année 2006. Puisque ce blog est construit autour des mots pris dans l'air du temps, le mot fin s'impose dans l'actualité du moment. On aurait aussi pu choisir Sylvestre, ce qui nous aurait renvoyé dans la forêt, thème déjà abordé dans la chronique Bois[1]. Revenons donc à fin et déclinons ce mot au filtre du développement durable.

 

Dans une chronique sur le développement durable, il y a un certain paradoxe à parler de fin. Le développement durable n’est-il pas justement celui qui n’a pas de fin ?

 

Les nombreux romans sur l’immortalité montrent qu’il n’est pas toujours enviable de ne pas connaître de fin, mais n’entrons pas dans ce propos et voyons si le mot fin a un sens dans notre approche du développement durable.

 

Bien sûr, nous vivons la fin d’une époque. L’humanité avait reçu sa feuille de route, croissez et multipliez, et on arrive à l’évidence à la fin de la colonisation de la planète. Il existe encore quelques coins reculés, ou des abysses non explorées, mais dans l’ensemble, l’humanité a bien pris possession de la Terre, et tente même de prendre pied sur la lune, en attendant d’autres planètes. Il va bien falloir trouver d’autres objectifs, et en finir avec une croissance quantitative, une multiplication des pains déjà évoquée dans ce blog[2].

 

Il faut savoir finir une grève, un classique du genre, mais il faut aussi savoir finir une action sans lendemain, mal engagée, ou mal conduite. Perseverare diabolicum ! Les exemples sont nombreux de politiques que l’on ne sait pas arrêter. Parfois, ce sont de bonnes intentions qui ne produisent pas les effets escomptés, comme l’envoi de surplus de médicaments en Afrique. Les associations spécialisées crient casse-cou, à cause des effets pervers de cette démonstration de charité, mais la générosité ne comprend pas toujours qu’elle n’est pas appropriée.

 

Il y a les opérations surdimensionnées, qui doivent malgré tout trouver une fin honorable. Les hectares de zones industrielles qui attendent des preneurs depuis des années ne peuvent être maintenus éternellement dans cette situation. Il faut boucler les programmes, et remettre les surfaces toujours non occupées à de nouvelles activités. Ce n’est pas facile, si les lots attribués l’ont été dans le désordre, mais cela vaut mieux que des friches, aussi bien pour la collectivité que pour les premiers occupants de ces zones. Redimensionner un projet, le revoir à la baisse, est une décision de sagesse qu’il faut savoir prendre.

 

Parmi les mots clés du développement durable, figurent adaptabilité et réversibilité. Il faut prévoir que les réalisations humaines doivent parfois être revues, qu’il faut mettre fin à une filière, à une organisation, qu’il faut transformer un ouvrage. Il faut accepter que nos œuvres aient une fin, la fin d’un cycle de vie, et alors penser au devenir des restes. C’est le phénix qui l’objectif, une nouvelle vie à partir des restes du passé.

 

Les meilleures choses ont une fin, également, comme certaines politiques volontaristes d’environnement. Ou si ce n’est leur fin, du moins leur transformation, leur adaptation à de nouvelles réalités. On l’a vu pour les grandes pollutions, les pollutions transfrontières, transportées par le vent ou les fleuves. La lutte a été organisée dans les pays occidentaux en premier, et elle a donné  des fruits. Il faut continuer, mais on sait bien que l’urgence s’est déplacée. Ce sont les pays moins développés, qui n’ont pas adopté de mesures pour lutter contre les pollutions, qui sont devenus les secteurs sensibles, avec des marges de progrès considérables. Un euro dépensé dans ces pays pour réduire des émissions polluantes y est cent fois plus efficace que dans les pays où les gains les plus faciles ont été engrangés depuis longtemps. Les mécanismes de développement propre, qui incitent les industriels des pays riches à contribuer activement aux politiques environnementales des entreprises du « Sud », sont une traduction de cette observation.

 

De bonnes politiques, qui ont produit de bons résultats, doivent aussi savoir finir ou s’adapter. Prenez une protection d’une espèce en danger sur un territoire. Le succès même de la protection n’est-il pas de créer les conditions de sa propre fin, ou de sa modulation ? A défaut, ne risque-t-on pas de provoquer l’incompréhension devant ce qui sera perçu comme un acharnement ? On se plaint souvent de la dérégulation. N'est -ce pas la conséquence d'un défaut d'adaptation de la régulation ? Celle-ci doit suivre le cours des choses, et se transformer en permanence pour rester pertinente. Une régulation trop rigide, sacralisée, perd souvent sa légitimité, et risque d'être emportée par le courant d'hostilité qu'elle aura provoqué. La fin, toute regrettable soit elle, est alors la conséquence de l'incapacité à évoluer. Le syndrome des dinosaures.

 

On le voit, le durable se compose de nombreuses fins. Il y a les fins conséquences de la non durabilité, que Jared Diamond décrit si bien dans son ouvrage Effondrement[3], mais il y a des fins qui ne sont que le prélude à de nouveaux commencements, qui ne sont qu’un point dans un cycle. Mais ne nous trompons pas : sans mettre fin à  la croissance continue de prélèvements et de rejets, nous ne pouvons espérer devenir durables, et ce sera la fin !

 

 

Prochaine chronique : Programme



[1] Publiée le 26 octobre 2006

 

[2] Multiplication, chronique publiée le 30 novembre 2006

 

[3] Effondrement, Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, NRF essais, Gallimard, 2006

 

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Lundi 25 décembre 2006

En période de fêtes, on pense d’abord aux petits. Quels cadeaux leur faire pour ne pas les entraîner dans une société de consommation dont nous voyons les limites ? Comment leur faire plaisir, comment fêter dignement Noël sans tomber dans le gaspillage de ressources, les emballages et les piles, les jouets neufs qui chassent les anciens à peine usés ?

 

Pour notre génération, c’est trop tard, il faut miser sur les enfants. Cette expression défaitiste, que l’on entend souvent comme bonne raison pour ne pas changer de comportement, reporte sur les petits toute la responsabilité de sauver la planète. On la leur rend invivable, ils devront payer la note et éponger le résultat de notre incurie, mais continuons comme ça, à eux de se préparer aux changements que nous n’avons pas su prendre. Un beau cadeau de Noël ! Bien sûr, il faut leur communiquer des nouvelles valeurs et les accoutumer à des comportements plus responsables, mais sans se dédouaner pour autant, sans attendre que les petits ne deviennent grands. C’est aux grands d’aujourd’hui de passer dès maintenant à l’ère du développement durable. Une bonne résolution à prendre pour la nouvelle année.

 

 

Changeons de chapitre, toujours en restant petit. Small is beautifull, disait-on, pour montrer la réserve qu’inspirent les grandes machines, qui vivent sur leurs propres logiques et que plus personne ne contrôle. Haro sur le gigantisme ! Oui mais le petit est éclaté, il constitue une infinité de centres de décision, avec des modes de fonctionnement différents. Quand il faut régler des problèmes massifs, comme la réduction des gaz à effet de serre, cet éclatement n’est pas favorable. Dans notre histoire récente, les primes aux agriculteurs pour augmenter ou réduire leur production, selon les cas, ont donné une impression d’aller et retours affligeants. Tantôt on abat les vaches laitières, tantôt on encourage les élevages. C’est que le réglage est délicat, quand on est en face de centaines de milliers de décideurs indépendants. Ce n’est pas la sidérurgie, où un seul contrat permet de régler la question de l’ajustement à la demande. Si le niveau des primes est trop faible, rien ne se passe, et un faible accroissement peut déclencher une réponse excessive, qui entraînera une pénurie et demandera des mesures opposées. On a essayé les quotas, qui ressemblent un peu à des tickets de rationnement, et qui peuvent parfois faire l’objet de transactions. Cela revient à doubler les échanges d’argent par des échanges « matières ». Dispositif efficace, mais non exempt de défauts, sur les effets d’aubaine et la rigidité qui en est la conséquence.

 

Pareil pour les entreprises du bâtiment. On pense aux plus grosses qui construisent les palais de la république ou les sièges sociaux des groupes internationaux, mais elles sont au total 300 000, avec beaucoup de petites ou de très petites, qui réagissent difficilement aux sollicitations des pouvoirs publics. Une offre atomisée convient bien dans un contexte stable, mais quand il faut s’équiper, se former, proposer des réponses combinant plusieurs spécialités, c’est un véritable défi à relever. C’est la même chose du côté des clients, qui sont, pour les neuf dixièmes, des particuliers, sans expérience de ce qu’on appelle en termes professionnels « la maîtrise d’ouvrage », et qui sont démunis devant le moindre problème technique ou juridique. Le parc de logements leur appartient pour l’essentiel, et son amélioration se fait lentement. Si on ajoute que les offres de ce secteur très émietté ne sont pas agressives pour ne pas dire inexistantes, comme le sont celles des gros industriels, de voiture ou de télévisions, sans oublier les marchands de voyages, on voit que la demande pour rendre les logements plus confortables et plus efficaces n’est pas près de se développer. Le besoin est là, il s’exprime dans des enquêtes, mais il ne se transforme pas en travaux. Ce n’est pas comme ça que l’on divisera par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

 

Pour la réduction des gaz à effet de serre, le petit n’a pas été très favorable jusqu’à présent. Les gros consommateurs, fournisseurs d’énergie et grandes industries, qui représentent 30% des émissions, ont réduit de 20% leurs émissions depuis 1990, et sont facilement intégrables dans des marchés valorisant la tonne de gaz carbonique évitée. Il n’en est pas de même pour les petits, consommateurs individuels et petites entreprises, qui ensemble constituent de gros bataillons, mais dont la multitude rend une gestion fine très difficile.

 

La solution ? Pourquoi opposer petits et grands ? Les grands sont les intermédiaires tout désignés pour atteindre les petits, qui sont leurs clients, ou leurs partenaires. Les fournisseurs d’énergie, électricité, gaz, pétrole, ont des contacts réguliers avec leurs clients, pourquoi ne pas en faire les ambassadeurs des économies d’énergie ? On tente un nouveau dispositif, celui des certificats d’énergie, pour que leurs efforts pour provoquer des économies soient comptabilisés, et valorisés. On met en place un marché des tonnes de carbone évité, mais comment y intégrer la multitude de petites décisions qui, pourtant, font de gros chiffres quand on les cumule ?  On a appelé ces petits projets des « projets domestiques », et il y a 15 millions de tonnes de CO² à gagner d’ici 2012, sur un total de 563, soit 2,5%, ce qui reste bien modeste (mais ce n’est qu’un début). Le problème est que les petits projets ne sont pas intégrés au marché tout nouveau des tonnes de carbone évitées, et qu’ils ne bénéficient pas, comme les gros, de la vente de quotas gagnés par des mesures d’économies. On arrive au paradoxe suivant : les petites émissions de gaz à effet de serre représentent, cumulées, plus de 70% du total, mais ne bénéficient pas des aides réservées aux 30% restants. Ce n’est pas comme ça que l’on gagnera la partie ! Pour que les petits deviennent grands, et soient intégrés à leur tour, il faut les grouper, et ce seront les banques, qui sont sollicitées pour financer ces projets, qui en seront chargées, sous la houlette d’un opérateur public, la Caisse des dépôts et consignations.

 

La question des transports illustre aussi cette question des petits : les modes les plus performants sont des systèmes de masse, le rail, la péniche ou le cargo, mais comment regrouper les petits effectifs ou les petites quantités, qui font notre quotidien, pour que les systèmes massifs fonctionnent à pleine efficacité ?

 

Small reste beautifull, et la relation directe, humaine, entre partenaires reste une valeur fondamentale pour un équilibre social ou sociétal. Il ne faut pas s’en satisfaire pour autant, et chercher à bénéficier aussi des avantages des systèmes de masse. Jouer à la fois le petit et le grand, encore une contradiction que le développement durable nous invite à surmonter. 

Prochaine chronique : Fin

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Jeudi 21 décembre 2006

Truffe

 

 

Abandonnons tout de suite l’organe olfactif de nos amis les chiens, et intéressons nous aux choses sérieuses : le champignon, le diamant noir !

 

 

La truffe offre une illustration formidable et appétissante du développement durable. Jugez-en vous-même, à partir du reportage de Gilles Vilain pour  Bois-forêt info[1].

 

 

Tout d’abord le phénomène naturel : la symbiose entre deux êtres complémentaires au plan biologique, le champignon apportant de la nourriture minérale à l’arbre, qui lui-même lui fournit des sucres issus de la photosynthèse. Une combinaison gagnante, où chaque partenaire trouve chez l’autre des facteurs de son développement, un peu comme les abeilles qui tirent du miel des fleurs tout en assurant leur fécondation. La complémentarité est une des voies du développement durable.

 

 

Cette complémentarité n’est pas que biologique. Elle est aussi économique, la truffe procurant des revenus qui permettent d’équilibrer les comptes de la forêt. La « sylviculture truffière » s’appuie sur des techniques forestières du XIXème siècle, en application dans la forêt méditerranéenne. Notons au passage une bonne exploitation de ressources patrimoniales et de savoir faire traditionnel, remis en valeur dans un contexte moderne. Il s’agit d’une gestion de la forêt propice au développement de la truffe, alors que le « trufficulture » ne s’occupe vraiment que de récolter le maximum de champignons. C’est le couple forêt – truffe qui est l’objet de l’exploitation, et non l’un ou l’autre de ces composants. La truffe apporte ainsi un revenu d’appoint à la forêt, laquelle est cultivée finement. Moins d’arbres à l’hectare, mais souvent le retour du petit gibier et une bonne protection contre les incendies de forêt, comme dividendes complémentaires de l’exploitation. Ajoutez à cela de l’accueil et du tourisme rural, bien sûr autour de la truffe, et vous avez un bon cocktail environnemental, économique et social.

 

 

« Pas étonnant, donc, que de plus en plus de propriétaires du pourtour méditerranéen y viennent dans l’espoir que la production de truffes améliore la rentabilité forestière » conclut Gilles Vilain. La pérennité et le bon entretien de cette forêt si sensible sont ainsi assurés, grâce aux plaisirs de la table.

 

 

Autre approche de la « durabilité » : une croissance qualitative. Le diamant noir est une source de richesse. Une richesse qui n’est pas fondée sur des prélèvements toujours plus massifs sur l’environnement, avec à l’autre bout de la chaîne des rejets toujours plus pénalisants. La ressource est ici renouvelable, et la sylviculture truffière est respectueuse des équilibres biologiques, qui en constituent le fondement. La truffe fournit des revenus appréciables pour ceux qui en bénéficient, et participe à ce titre au PIB dans d’excellentes conditions écologiques, sans émettre de gaz à effet de serre ni autre pollution. C’est une illustration de la dématérialisation de l’économie, c'est-à-dire d’une croissance de la masse monétaire qui n’entraîne pas de consommation de biens matériels, et ne provoque pas de pression sur l’environnement. Il y a en outre une économie rurale attachée à la truffe, avec sa transformation et la fabrication de produits à base de truffe. Une rencontre originale entre le terroir et le luxe, avec tous les aléas qu’une alliance de ce type contient.

 

 

D’autres produits de luxe n’ont pas le même impact environnemental, notamment ceux qui consomment de l’énergie, comme les voitures puissantes ou les week-ends en avion, à consommer avec modération. Le côté « produit de luxe » de la truffe pourrait faire penser qu’elle n’a rien à voir avec le développement durable. Ce serait se méprendre, car ce n’est pas la création d’un produit à forte valeur ajoutée qui est en soi contraire aux valeurs sociales du développement durable. C’est l’organisation économique des filières de production qui doit être examinée à ce filtre, c’est la répartition des bénéfices de cette manne et de ses nombreuses retombées, qui permettent de porter un jugement sur le caractère social ou non de la truffe. Celle-ci pourrait-elle être un instrument de redistribution des revenus ? Allons ! Une activité qui produit d’aussi bonnes choses et permet en outre de protéger la forêt ne doit pas être tout à fait mauvaise. Elle doit même pouvoir être durable.

 

 

Prochaine chronique : Petit



[1] Article de Gilles Vilain dans Bois forêt info du 13 janvier 2006 :www_bois-foret_info truffe et forêt.htm

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Lundi 18 décembre 2006

En ces périodes de fêtes, oublions la recette des impôts, et allons droit aux recettes de cuisine. Les meilleurs cuisiniers utilisent des recettes. Celles de leurs grand-mère, ou celles qu’ils rapportent de leurs voyages. Une recette, c’est une piste, un espoir de plat nouveau, alliant des saveurs en un savant mélange. Il y a une infinité de recettes, qui traduisent des savoir faire, des cultures, des sensibilités.

 

La cuisine est un art, qui s’exprime dans des situations très variées : chez soi, dans des grands restaurants, à la cantine. La satisfaction qu’elle procure est partagée entre le cuisinier et les convives : il faut leur plaire, connaître leurs goûts, les faire évoluer. Les recettes constituent une aide pour le cuisinier, une source d’inspiration. Bien sûr, il ne les suit pas à la lettre, il prend du recul, les recompose en fonction de sa propre sensibilité, il y met tout son talent. Avec la même recette, deux chefs différents font deux plats différents. Les ingrédients indiqués apportent la base, mais les carottes n’ont pas la même saveur selon leur provenance, le producteur, le marché où on se les procure. Et puis il y a quantité de condiments, d’herbes,  de petites choses que l’on ajoute et qui ne figurent dans aucune recette. Le tour de main, ensuite, la manière de préparer les plats, de les cuire, et ensuite de les présenter. Parlons maintenant du repas, composé à base de recettes : la diversité des plats successifs renforce celle du menu, sans parler du pain, de la boisson : les eaux comme le vin ont leur personnalité. Non, les recettes n’entraînent pas l’uniformité, si les cuisiniers sont à la hauteur !

 

Il en est de même du développement durable. Une affaire complexe, comme la cuisine, à faire partager du plus grand nombre, chacun avec sa personnalité, ses goûts, ses inhibitions. Il n’y a pas qu’un chef, mais le plus souvent plusieurs chefs dont les autorités se superposent, se conjuguent, s’opposent parfois. Pour s’y retrouver, et progresser sur la bonne voie, la recette peut être bien utile. Il s’agit de faciliter la tâche des protagonistes. Leur éviter de tout chercher alors que bien d’autres avant eux ont été confrontés aux mêmes problèmes. Les mêmes problèmes, dans des contextes différents, avec des partenaires ou des oppositions propres à chaque situation. Comment commencer ? Par où prendre le bébé ? Il est bien commode d’avoir recours à des recettes, éprouvées si possible, qui peuvent aider à ouvrir la discussion avec les « parties prenantes », les personnes concernées par l’affaire qui s’engage. Des recettes qui jalonnent des étapes à franchir[1] pour s’orienter vers le développement durable.

 

Tout comme le bon cuisinier, il faut juste comprendre le sens de la recette, il faut savoir l’interpréter, ne pas en devenir l’esclave ni l’otage. La recette donne des idées, guide l’action, mais n’empêche pas de penser ni de discuter (bien au contraire), et ne se substitue pas au pilote. La recette appliquée bêtement, à la lettre, sans imagination, ne donne rien de bon ni en cuisine ni en développement durable. Elle peut cependant contribuer à l’apprentissage des intéressés, leur permettre de prendre la mesure des insuffisances des approches trop rigides et uniformes. Elle leur donnera envie d’aller au-delà, voire de commettre quelques transgressions, qui leur ouvriront de nouveaux horizons.

 

Un exemple de recette pour le développement durable ?

 

Tout simplement le bel ouvrage, le travail sérieux, bien fait. On est parfois surpris, quand on examine certaines opérations exemplaires, par la banalité de la démarche suivie. On a respecté les règles traditionnelles, on ne s’est tout simplement pas fait de concessions. On a posé les questions avant d’y répondre, on a identifié les enjeux avant de se fixer des objectifs, on s’est donné les moyens de faire ce que l’on a décidé, on a refusé de tricher à la première difficulté. On appelle ça du bon sens, et c’en est assurément, mais l’expérience montre bien que ce n’est pas spontané, que ça demande un effort et de la rigueur.

 

Parfois, on choisit de garder la mémoire des étapes franchies, d’écrire ce que l’on fait, pourquoi on le fait, etc. On formalise ce cheminement, cette progression, de manière à pouvoir ensuite revenir sur la démarche, la comprendre, la critiquer, l’améliorer, capitaliser et écrire de nouvelles recettes pour soi-même ou d’autres personnes. Certains appellent ça des démarches de progrès.

 

On peut s’aider de méthodes, de recettes déjà écrites par d’autres, ou produites par des instances collectives, où de nombreux acteurs auront apporté leur point de vue. On pense alors à des démarches d’assurance de la qualité ou de management environnemental. Ca fait gagner du temps, mais cela ne dispense jamais de la réflexion sur la manière dont cette méthode s’applique dans le cas d’espèce. Ces méthodes doivent stimuler l’intelligence, en aucun cas s’y substituer, comme les recettes de cuisine, qui ne pourront jamais se substituer au talent du cuisinier.

 

 

 Prochaine chronique : Truffes

 



[1] Pour le mot étape on pourra se reporter à la chronique publiée sur ce blog le 6 novembre 2006

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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Jeudi 14 décembre 2006

La lumière symbolise souvent la joie, et en périodes de fêtes, les rues de nos villes participent activement à l’émerveillement général. Mais attention à n’éclairer que les rues et pas le ciel, qui n’en a pas besoin, et qui est peuplé de petites bêtes, chauves souris et insectes notamment, qui ont du mal à se repérer dans cette « pollution lumineuse », et peuvent en souffrir gravement.

 

Sécurité, prestige, les villes ont adopté des éclairages puissants, qui illuminent les rues toute la nuit. Depuis quelques années, et le coût de l’électricité aidant, certaines villes ont modifié leur politique, pour faire des économies : régulations, matériel et ampoules performantes, implantation des candélabres, modulations d’intensité en fonction des heures, toutes une batterie de mesures sont prises pour rationaliser l’éclairage public, traduction moderne des lumières de la ville.

 

Celles-ci sont là pour mettre la ville en valeur. Elles doivent manier le contraste, donner du relief, souligner telle curiosité, montrer le chemin, accompagner et rassurer le promeneur. Le célèbre film du même nom réalisé en 1931 par Charlie Chaplin nous donne des clés : les lumières pour mettre en vedette une jeune aveugle, un film sonore mais non parlant, bref un film refusant les facilités pour ne s’adresser qu’à la sensibilité du spectateur.

 

Bien sûr, les lumières de la ville sont devenues l’éclairage public, et la technique s’est substituée à la poésie, mais les choses bougent. De plus en plus de villes ont pris conscience de l’importance de ces lumières, qui font surgir, le soir venu, un paysage spécifique, parfois très différent de celui perçu en plein jour. Les lumières permettent de recomposer un univers, bien au-delà le la simple politique d’illumination et de sécurisation des rues. L’éclairage public participe ainsi à la requalification de quartiers, à la politique de la ville[1], et devient un facteur d’animation à part entière, comme en témoignent la fête de la lumière à Lyon en décembre, et les scintillements de la Tour Eiffel , qui donnent l’heure la nuit comme les cloches le font le jour.

 

Le concepteur lumière est devenu un artiste de la ville, tout comme l’architecte. Il compose des paysages nocturnes, qui se conjuguent avec d’autres paysages, fondés sur d’autres sens comme l’ouïe ou l’odorat.

 

Dans les maisons aussi, la lumière est importante. Lumière du jour, tout d’abord, par sa qualité et le contact avec l’extérieur qu’elle procure. Chaque orientation a ses vertus, et on sait par exemple que les studios des peintres privilégient la lumière du Nord. On utilise aujourd’hui des étagères spéciales pour favoriser la pénétration de la lumière dans les pièces. Les anciens égyptiens, quand ils creusaient des tombeaux des pharaons, utilisaient des jeux subtils de miroirs pour s’éclairer loin dans les entrailles de la terre.

 

La lumière artificielle vient naturellement au secours de celle du jour, et là encore la question de la qualité doit être posée. Les modalités de l’éclairage doivent apporter du confort, du relief, et renforcer la personnalité des lieux éclairés. Tout en faisant des économies d’énergie, ce qui est tout à fait possible avec les techniques actuelles.

 

Revenons dehors, où un merveilleux arc-en-ciel se déploie dans toute sa splendeur. Chaque couleur composant la lumière blanche apparaît et nous ramène avec force aux théories sur le développement durable et les éclaire s’il en est besoin.

 

Vous connaissez l’image. Il s’agit des trois cercles, qui symbolisent les trois dimensions, ou les trois piliers du développement durable. L’économie, le social et l’environnement. Trois cercles qui se coupent, et délimitent des parties communes. La vertu se trouve au centre du dessin, à l’intersection des trois cercles, qui ressemble en général à un minuscule bikini, pour ne pas dire un string pour faire moderne. C’est là qu’il faut se placer, pour être durable. C’est là, pour revenir à la lumière et à l’arc-en-ciel, que les lumières de couleur se superposent pour donner la lumière blanche. Oui, mais peut-on aussi faire bouger les cercles ? Doit-on se contenter d’un espace aussi réduit pour faire du développement durable ? Faire du développement durable, c’est aussi faire que les cercles se superposent au maximum, pour élargir leur intersection et par suite le champ du possible.  Il ne suffit pas de rechercher solutions saines à la fois pour l’environnement, le social et l’économie, mais de faire en sorte que de plus en plus de solutions entrent dans le champ du durable, dans cette intersection des trois cercles. Il faudra pour cela changer les règles du jeu, notamment pour que l’économie intègre mieux les coûts « externes », ceux qui sont reportés sur la collectivité au lieu d’être supportés par celui qui les occasionne. Il faut aussi que les modes de calcul intègrent la durée et la valeur des ressources, au-delà des simples coûts de leur mise à disposition. Il faut que la production d’utilités de toutes natures puisse être prises en compte. Aujourd’hui, le développement durable se recherche sur un minuscule atoll au milieu du Pacifique, qui a donné son nom au célèbre maillot de bain. On a bien du mal à y trouver des réponses à toutes nos questions sur l’avenir. Il faut l’élargir, et comme avec un projecteur, superposer au maximum les différentes lumières dont la conjugaison permet d’accéder au durable, la lumière blanche de notre analogie.

 

En élargissant le champ du durable, on gagne sur deux tableaux : en termes de sécurité tout d’abord, car on découvrira peut-être demain de nouvelles limites à notre développement, et plus ses assises seront larges, plus nous auront de chances de trouver des pistes pour surmonter ces crises ; et ensuite pour offrir à nos contemporains le plus grande variété possible de modes de vie durable, et leur donner ainsi plus de liberté, toujours dans une attitude de développement durable.

 

 

 Prochaine chronique : Recette



[1] On pourra se reporter sur ce point au document L’éclairage, un levier dynamique dans les politiques urbaines, publié par le CERTU en partenariat avec EDF (2006),  dans le prolongement de l’appel à projet DIV-EDF sur l’éclairage dans les quartiers sensibles (lancé en 2001).

 

Par Bidou - Publié dans : developpement-durable
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, Dominique Bidou Développement durable, est le support juridique (SARL) de mes interventions en tant que consultant. DBDD s’adresse aux collectivités, aux administrations, aux entreprises publiques et privées. Toutes les activités sont concernées, chacune avec ses spécificités qu’il convient d’intégrer dans les interventionsDBDD propose un accompagnement dans l’élaboration des politiques de développement durable, diagnostic, choix de lignes directrices, mobilisation des acteurs, personnels et partenaires, contrôles et évaluation.  contact@db-dd.org Pour une présentation plus complète, cliquer sur l'icône 
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quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable
- Rendre les villes intenses, Revue Urbanisme, septembre octobre 2008 Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf Rendre-les-villes-intenses-Urbanisme-sept-oct-2008.pdf
- 11 recettes pour le développement durable, chroniques publiées dans le magazine CyberArchi www.cyberarchi.com de janvier 2007 à juin 2008,11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf 11-recettes-pour-le-d-veloppement-durable-oct-08.pdf
- Le risque, composante du développement durable, La part du risque, septembre 2008, http://www.lapartderisque.fr/Le-risque-composante-du.html  
 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com  Voir rubrique ci-dessous

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com Voir rubrique ci-dessous

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

Deux livres sur le DD

Ma pratique professionnelle et associative du développement durable, et la rédaction régulière de ce blog m'ont conduit à écrire deux livres sur le développement durable, édités aux éditions Ibis Press (www.ibipress.com )  Le premier dont l'objectif esst tout simplement de donner l'envie d'y aller a été publié en 2003 sous le titre Tous gagnants, la dynamique du développement durable. Il est préfacé de Michel-Edouard Leclerc, et post facé de Jean-Claude Antonini. On trouvera ci-attaché, en cliquant sur l'icone correspondante, une présentation de l'ouvrage  pr-sentation-Tous-gagnants.pdf pr-sentation-Tous-gagnants.pdf  et le dépliant (avec bon de commande) flyertousgagnants.pdf flyertousgagnants.pdf .

Coup de shamping sur le développement durable (2007) est le rassemblement des 80 premiers billets de ce blog, mis en perspective par une introduction ( intro-Coup-de-shampoing.pdf intro-Coup-de-shampoing.pdf ) et une conclusion synthétiques. Didier ADES en a rédigé la préface. On trouvera ci après la présentation de l'ouvrage texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf texte-de-presentation-Coup-de-shampoing.pdf , et le dépliant Depliantcoupdeshampoing.pdf Depliantcoupdeshampoing.pdf
 

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