| Mes chroniques chez les amis |
|
Vancouver : vertu écologique ou green washing ?Bien avant l'ouverture des J.O de Vancouver, l'un de nos contributeurs s'extasiait de voir s'organiser des jeux "verts". Quelques médailles plus tard, Dominique Bidou lui répond, et le met en garde contre cette dose de greenwashing... Diversion ou green washing, les JO de Vancouver furent une aubaine pour le Canada. Une bonne occasion de se peindre en vert et de faire oublier leur carence en matière de lutte contre le réchauffement climatique. A la veille des JO, le Canada s’était engagé à s’aligner sur les Etats Unis dans leurs objectifs de lutte contre l’effet de serre : -17% d’ici 2020, par rapport à 2005. Le changement de référence n’a pas trompé Greenpeace, qui a observé que les nouveaux objectifs étaient en retrait par rapport aux engagements antérieurs : les émissions ont été en hausse de 2,5% par rapport à la référence de 1990, au lieu d’une baisse de 3% annoncée précédemment.
Pour allumer et éteindre, pour manifester sa présence, pour ouvrir et fermer, pour appeler, pour faire exploser une bombe, il suffit d’appuyer sur un bouton. C’est tellement simple ! Par extension, au-delà du bouton, on pourrait aussi citer le robinet. Ouvrir un robinet ou aller chercher l’eau au puits, voici une alternative où chacun aura vite fait de choisir. Le 'progrès' simplifie la vie et c’est tant mieux.
De plus en plus de formules permettent de jouir d'un bien sans en être propriétaire. Mais cette "économie de fonctionnalité" suppose un nouvel environnement technologique. La société numérique est en train de le produire. Contre toute attente, les campagnes résistent. Avec leurs villages et leurs petites villes, elles attirent du monde : les recensements montrent la bonne santé démographique des zones rurales, en plein renouveau, et une stagnation des populations des grandes villes. Le modèle urbain piétine, malgré une culture dominante, et un discours officiel à la gloire de la métropolisation. Il y a certainement des solutions à trouver pour des campagnes écologiques, mais il est important aussi de redonner goût à la ville. On parle aujourd’hui d’éco-quartiers, et il est vrai qu’un nouveau modèle de développement urbain est nécessaire pour que les lumières de la ville fassent à nouveau rêver.
Notre société est en profonde mutation. Confrontée à des crises multiples, alimentaires, financières, humanitaires, pétrolières, etc., elle cherche désespérément des réponses, avec un souci bien compréhensible d’immédiateté. La pression est forte, les contradictions multiples, les intérêts divergents, du moins en apparence et à court terme. Il faut donc créer un cadre, à la fois rassurant, ancré dans le réel, immédiatement opérationnel et porteur d’innovations, libérant du carcan des solutions traditionnelles, prêt à porter ou prêt à penser. Une contradiction qui peut être fructueuse si on sait en sortir par le haut. Des recettes pour y parvenir sont bien utiles et Cyber Archi a déjà publié, pour amorcer la pompe, onze recettes du développement durable, de janvier 2007 à juin 2008*. Mais l’expérience nous enseigne qu’il arrive parfois que les recettes, imaginées pour stimuler la créativité en la dégageant de contingences multiples, enferment ou inhibent ceux qu’elles doivent aider. Faute d’en intégrer la signification, d’en comprendre la substance, la recette peut devenir une prison et freiner la découverte de nouveaux horizons. La recette a pris le contrôle des opérations, au lieu de les servir, elle n’est plus pilotée, l’avion est devenu fou.
Copenhague : il est temps pour les ONG de se remettre en cause(mardi 29 décembre 2009 08:01)
La mobilisation pour Copenhague a été un grand succès pour les ONG. C'est en tout cas ce que disent celles-ci. L’échec de la conférence, c’est la faute des autres. Notamment les Etats, et leur égoïsme, ou les procédures de l’ONU. Il est permis de s’interroger : les ONG n’étaient-elles pas tenues à une obligation de résultats et ne devraient-elles pas analyser leur stratégie, voire se remettre en cause ? Les ONG demandaient que la conférence de Copenhague accouche d’un accord contraignant. Mais était-ce possible ? Les rencontres de l’après Copenhague nous donnent une réponse claire : non. Et les ONG le savaient depuis plusieurs mois. Beaucoup de pays ne sont pas prêts à accepter des contrôles, à voir leur souveraineté écornée, à admettre que leurs économies doivent changer de cap. L’arrivée de Barack Obama ne suffit pas pour convertir un peuple et ses représentants, qui doivent ratifier tout accord. Le président des Etats Unis ne pouvait faire le choix d’un échec annoncé, surtout qu’il a d’autres réformes sur le feu, comme la santé. Pourquoi donc les ONG sont-elles restées sur leurs positions, qui les conduisaient tout droit à un échec, car l’échec de la conférence est l’échec de tous, ONG comprises. Et tout d’abord, un accord contraignant est-il la meilleure manière de procéder ? L’application du protocole de Kyoto nous donne une idée de la réponse : les 2/3 des pays qui l’ont ratifié ne le respectent pas. Le champion dans ce domaine est le Canada, qui non seulement dérape sans contrôle par rapport à ses engagements, et qui en plus dévaste une région entière de son territoire, l’Alberta, pour en extraire le pétrole des schistes bitumineux. Va-t-on envoyer la redoutable armée des Nations Unies pour faire entendre raison aux Canadiens, va-t-on les soumettre à un blocus ? Va-t-on boycotter leurs jeux olympiques pour les punir du réchauffement dont ils sont responsables ? La valeur du mot contraignant doit être relativisée. Il y a sans doute d’autres moyens pour faire avancer la cause du climat. L’illusion semble bien accrochée, qu’il suffise d’une pression sur les chefs d’Etat pour changer le monde. Comme si c’étaient eux qui décidaient de tout. Ils ont évidemment un rôle important à tenir, ils peuvent provoquer des évolutions, ils donnent des signaux, provoquent des prises de conscience, mais ils ne substituent pas aux acteurs. Pour qu’un Etat s’engage, il faut qu’il sache comment maîtriser les modes de production et de consommation de son pays. Même dans un pays totalitaire, ça ne sa fait pas tout seul. Bien sûr, la lutte contre le réchauffement climatique impose des changements dans les modes de vie, et nous savons bien que ça ne se fera pas par décret. C’est l’adhésion des acteurs, citoyens, consommateurs, élus, entreprises, qu’il faut obtenir. Croire que la pression sur les chefs d’Etat est un bon raccourci pour y parvenir est une erreur, et peut même dissuader les esprits libres, qui y voient une forme de néo colonialisme sous couvert de planète. Il est vrai que le sentiment d’urgence pousse à chercher des accélérateurs de changement, et la mobilisation citoyenne peut en être un. La rencontre d’ONG de types différents, spécialisée dans le climat, la lutte contre la faim et la pauvreté, les altermondialistes, peut être un facteur positif, s’il amène chacun à relativiser sa position. Et à condition de ne pas foncer droit sur l’écueil de la condamnation facile. La recherche d’un coupable, l’indignation, la morale bien pensante ne font pas avancer les choses, même s’il y a des coupables, si l’indignation est légitime et qu’un peu de morale ne ferait pas de mal. Ce n’est pas là qu’il faut chercher les moteurs du changement, mais dans la recherche d’arguments positifs, qui rendent attractifs de nouveaux modèles de développement. Les arguments diffèrent selon les pays, les cultures. Les pays émergents sont tiraillés entre l’attachement à leur croissance, vécue comme une libération, et le besoin de jouer un rôle dans le concert des nations, d’être reconnus comme de grandes puissances. Un siège au conseil de sécurité des Nations Unies, contre un effort sur la forêt. A trop jouer sur la culpabilité, le message de l’intérêt propre de la lutte contre le réchauffement climatique devient inaudible. Le concept même d’ultimatum, pour reprendre une expression souvent employée, n’est-il pas contre productif quand il s’applique à des décisions dont on sait pertinemment qu’elles ne seront pas prises, et que l’on a en plus aucun moyen de sanctionner l’échec. Ne pouvait-on trouver d’autres objectifs, pour Copenhague, qu’un accord hors de portée ? Des objectifs partiels, limités, mais porteurs d’une dynamique, subversifs par l’enchainement des décisions qu’ils auraient provoqués, démonstrateurs doux «qu’un autre monde est possible».
C'est par touches successives que le tableau du développement durable est composé sur ce site. Des touches construites à partir d'un mot, mot simple inspiré de l'actualité ou de la vie de tous les jours. Ni une encyclopédie ni un traité de morale, ce blog est une invitation à donner un sens au développement durable, au jour le jour, dans les actes, et avec une conviction bien accrochée : que nous avons tous à y gagner ! Chaque lundi. http://moniblogs.lemoniteur-expert.com/developpement_durable/ Les notes récentes
![]()
|
Mes chroniques chez les amis


