|
Développement durable -
Rejets, Pollutions et nuisances,
|
|
Écrit par Dominique Bidou
|
|
Lundi, 26 Décembre 2011 09:54 |
|
La lutte contre les pollutions est un des piliers de toute politique d'environnement. Elle comporte des aspects humains, techniques, mais aussi financiers.
Selon une récente étude de l’agence européenne de l’environnement (1) la pollution des industries et des centrales électriques coûte entre 100 et 169 Milliards € par an. Cela représente de 200 à 330 euros pour chacun d’entre nous. Des Coûts provoqués par l’activité de 10 000 établissements. Parmi toutes ces usines, c’est un Petit nombre, 2% de l’ensemble, qui est responsable de la moitié de la note. Principalement des centrales électriques. Dans l’Absolu, ce sont l'Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni, suivis de près par la France et l'Italie qui sont les plus polluants, du fait de l’importance de leurs activités. Rapportés aux PIB de chaque pays, le trio de tête est composé de la Bulgarie, la Roumanie et l'Estonie. Des pays qui ont de gros besoins de modernisation de leurs industries. Vous aurez noté qu’il ne s’agit là que de la pollution industrielle. Des noms sympathiques pour bien la situer : NH3, NOx, PM10, SO2, composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), des métaux lourds (arsenic, cadmium, chrome, plomb, mercure et nickel), des micropolluants organiques (benzène, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dioxines et furanes), et le CO2. Il faudrait ajouter la contribution des transports et des ménages, pour leur chauffage par exemple. Même si des efforts de réduction des émissions par les véhicules sont réels, et si les chaudières modernes sont bien plus performantes que les anciennes, ces pollutions sont du même ordre de grandeur que celles de l’industrie. Calcul grossier, bien sûr, puisque ce ne sont pas les mêmes polluants, mais c’est juste pour fixer les idées. Et puis il faudrait ajouter un effet cocktail, pour prendre en compte les mélanges et les combinaisons de tous ces polluants. Merci aux lecteurs qui auraient des données précises sur ce point. Aux Etats-Unis, le coût de la pollution atmosphérique se situerait dans une fourchette de 0,7 à 2,8 % du PIB (2), ce qui n’est pas anodin, une fourchette qui montre d’ailleurs la difficulté de chiffrer avec exactitude. En Chine, le coût sanitaire de la pollution atmosphérique est bien plus élevé : 3,8 % environ du PIB de ce pays, selon la Banque mondiale (3). Le problème est que ces coûts ne sont pas défalqués de la croissance, mesurée par le PIB. Ils y contribuent plutôt, avec les dépenses des ménages consacrées aux médicaments et à la Prévention. Les Finances publiques sont également affectées, notamment par les dépenses de soins de santé. D’un autre côté, la pollution entraîne des pertes de Productivité qui réduisent le PIB. Il faudrait en outre compter les pertes en termes humains, souffrances, décès prématurés, désorganisation de la vie de famille, etc. qui présentent un coût social lourd, en plus du coût économique. Au total, le coût des pollutions que nous subissons finissent par s’accumuler et atteindre des niveaux non négligeables. Par exemple, le coût social du Bruit des transports en Europe a été estimé à ½ point de PIB. Quant la pollution de l’eau, elle entraine des surcoûts sur le prix de l’eau que nous tirons au Robinet. En évitant de polluer les sols des secteurs de captage, on divise ce prix par 2,5 (4). D’une manière générale, les politiques préventives bien menées s’avèrent très rentables. Les Retards dans leur mise en œuvre sont couteux. Résultats d’atermoiements et d’hésitations, d’inquiétudes sur l’augmentation des Prélèvements (Taxes diverses) nécessaires pour financer la prévention, elles peuvent en outre se trouver à l’amende. Pour reprendre la pollution de l’Air, la Commission européenne a engagé des poursuites à l'encontre de la France pour non respect des seuils européens en matière de pollution de l'air par les Particules fines. Elle estime que "la France n'a pas pris à ce jour de mesures efficaces pour remédier au problème des émissions excessives de ce type de particules dans plusieurs zones du pays". La Loi sur l’air(5) avait prévu de nombreuses dispositions, notamment sur les transports avec les PDU (plan de déplacements urbains). Des observatoires dans les grandes Villes et des Plans de protection de l'atmosphère (PPA) complètent ce dispositif. La loi Grenelle 2 le renforce encore en créant des zones d'action prioritaires pour l'air (ZAPA) en cours de mise en place actuellement. Des instruments pour permettre aux villes de lutter plus particulièrement contre la pollution automobile, en limitant l’accès des véhicules les plus polluants par exemple.
Avant de conclure, notons qu’il ne s’agit ici que de la pollution extérieure. La qualité de l’air dans les logements et les lieux de Travail constituent un autre chapitre de la question, avec leurs composants spécifiques liés aux activités et à la nature des produits utilisés dans les maisons, et à ceux présents dans les Murs, les sols et les meubles.
Au total, l’air que nous respirons, l’air du temps, un bien à la fois essentiel et Gratuit, se révèle un enjeu économique lourd. Environnement, santé, vie sociale, économie, tous les ingrédients du développement durable sont réunis.
1 - "Révéler les coûts de la pollution atmosphérique provenant d'établissements industriels en Europe". Publié le 24 novembre 2011 2 - Source : L’Observateur de l’OCDE n°263, octobre 2007 3 - Banque mondiale Costs of Pollution in China: Economic Estimates of Physical Damages (2007) 4 - Voir le note Source sur ce point 5 - Loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie du 30 décembre 1996, couramment appelée Loi sur l'Air, LAURE ou encore loi Lepage
Chronique mise en ligne le 26 décembre 2011
|
|
Mise à jour le Lundi, 26 Décembre 2011 10:56 |
|
Développement durable -
Culture, valeurs, morale et bonne conduite
|
|
Écrit par Dominique Bidou
|
|
Lundi, 07 Février 2011 13:51 |
|
L'ouvrage de Stéphane Hessel, Indigez-vous, a eu un écho incontestable. Voilà une excellente occasion de décliner le mot Indignation dans l'univers du développement durable.
Il y a de nombreuses raisons de s’indigner. Le nombre de sans domicile fixe, par exemple, en France. On parle de 10 000 personnes qui dorment dans la rue chaque soir à Paris. Si l’on en croit la Fondation Abbé Pierre qui vient de publier son 4e rapport sur le logement, la situation aurait plutôt tendance à s’aggraver. Tout ça avec un PIB qui, bien que faiblement, ne cesse de croître. La France est bien plus riche qu’il y a 20 ans, et pourtant, il y a plus de pauvres. La pauvreté et la misère, que l’on croyait en régression, se portent bien. Changeons d’Echelle, et quittons la France pour embrasser le monde. Ce sont les objectifs du Millenium qui sont la référence. L’accès à l’eau potable, la lutte contre la faim, pour l’Ecole et le Statut des femmes, et bien d’autres « biens essentiels ». 10 ans après, le bilan, tiré par l’ONU (juin 2010), est décevant. Les Progrès sont lents, l’Argent et la Volonté manquent manifestement. Près d’un milliard d’êtres humains souffrent de la faim. Pendant ceTemps là, la croissance continue. La crise a bien secoué certains pays, mais les bourses ont retrouvé le niveau d’avant la crise. Et on parle d’un nouveau Mur, entre la Turquie et la Grèce. Ce n’est pas dans le cas présent pour séparer des populations « Ennemies héréditaires », mais pour protéger le monde prospère de la pression des affamés. Partout on voit se dresser des barrières. C’est une sorte d’apartheid mondial qui se met en place sous nos yeux. Les ressources de la planète ne suffisent pas pour satisfaire tous les besoins. Alors les plus gourmands, les prédateurs, se protègent des plus Faibles. L’accès rapide de grands pays à des niveaux de consommation significatifs ne fait qu’accentuer la pression, avec comme conséquences le repli communautaire, les zones protégées à toutes les échelles. Il y a vraiment de quoi s’indigner. Les réactions à cet état de choses suscitent aussi l’indignation. Il a le mépris des financiers, enfermés dans leurs logiques, et rassurés par l’issue des évènements récents. Ils sont « too big to fail », trop gros pour tomber, ils peuvent rester dans leur logique sans se poser de questions. On parle encore de Milliards de bonus… Il y a aussi les économistes et les technocrates. Ils admettent volontiers qu’ils se sont trompés. Ils n’ont pas vu venir la crise, mais n’en continuent pas moins à faire des prévisions, à donner des notes. Le déclassement de la Tunisie après sa révolution, qui alourdit sa dette et rend encore plus difficile son redressement, traduit bien l’indifférence de leur monde face aux difficultés vécues dans une bonne partie de l’humanité. N’oublions pas la bonne conscience et le moralisme. Quelle indignation de voir des groupes enlever des enfants, comme à Haïti, au nom de leur religion. Les ONG qui adoptent des stratégies imbéciles, agitant le spectre de la Peur des lendemains, au lieu d’inciter à construire soi-même ces lendemains. La peur ne provoque que le repli, alors que nous avons besoin de créativité. L’indignation chère à Stéphane Hessel est donc notre compagne. Il reste à lui donner un sens Positif, comme a su le faire en son temps le Conseil National de la Résistance. L’ours blanc en sursis sur la banquise comme l’émigrant balloté sur son boat people n’ont que faire d’une indignation stérile, se cantonnant à affirmer un désaccord, sans propositions ni action. Réaffirmer des Valeurs est une première nécessité, face au cynisme de dirigeants qui parlent facilement de naïveté et de réalisme pour excuser leur démission face aux problèmes les plus criants. Mais ça ne suffit pas, il faut aussi des suites concrètes. A chacun de trouver la porte étroite, celle qui permet de progresser dans un univers pas forcément hostile, mais le plus souvent sceptique. Le chemin n’est pas tracé d’avance, il faut trouver les bons Leviers, ne pas s’attaquer d’emblée aux forteresses imprenables, trouver des alliés. Ni périr ni trahir, la formule s’applique là encore : ne pas s’aventurer sur des terrains trop dangereux, mais ne pas abandonner pour autant une grande ambition. Commencer avec ce que l’on peut faire tout de suite, dans son milieu personnel ou Professionnel, mais surtout provoquer des Dynamiques, entraîner des partenaires pour changer d’échelle. Bref il y a de nombreuses manières de faire. Vous saurez trouver la vôtre. Indignez-vous, certes, mais indignez-vous utilement.
Chronique mise en ligne le 7 février 2011
|
|
Mise à jour le Lundi, 14 Mars 2011 11:28 |
|
|
Développement durable -
Société, Population
|
|
Écrit par Dominique Bidou
|
|
Dimanche, 04 Décembre 2011 15:32 |
|
L’équilibre population/ressource est un sujet d’inquiétude popularisé par Thomas Malthus à la charnière du 18e et du 19e siècle, en pleine révolution industrielle. Une question qui se pose aujourd’hui dans des termes bien différents.
7 Milliards d’humains. C’est une petite fille née début novembre aux Philippines qui serait la 7 milliardième, et nous lui souhaitons tout le Bonheur du monde. Nous étions 3 milliards il y a 50 ans, en 1960, 4 milliards en 1974, 5 en 1987, 6 en 1999, à la veille du changement de millénaire. Nous devrions être à peu près 9 milliards en 2050. Une population mondiale qui vieillit, régulièrement et inexorablement. Les Progrès de la médecine, de l’hygiène et de l’alimentation, associés à la Réduction du nombre d’enfants par femme, en sont la cause, et on espère que la tendance se prolongera. Bien sûr, nous ne sommes pas à l’abri d’une Catastrophe qui remettrait en cause ces prévisions, une catastrophe qui peut prendre des formes multiples, sanitaire notamment, avec en fond de décor un Risque de conflit pour l’accès aux ressources. Une population mal répartie sur le globe, avec des régions surpeuplées, notamment des grands deltas, et d’immenses territoires Vides ou presque, de véritables déserts, chauds ou froids. Un accès aux ressources inégalitaire, et une Contribution au réchauffement climatique également très mal répartie. Un tableau contrasté, qui interdit toute conclusion hâtive et absolue sur le phénomène. le grand écart guette. Il est fréquent que l’on s’inquiète de cette croissance démographique, tout en se félicitant de la bonne Santé de notre fécondité en France. Comment imaginer que notre pays pourrait échapper à la stabilisation ? Celle-ci est attendue et souhaitée pour réduire la pression qu’exerce l’humanité sur la planète, avec la crainte de manquer de ressources. Elle se manifeste, sous des formes spécifiques, dans chaque région du monde, dans chaque pays. L’augmentation des prélèvements de ressources naturelles au cours des 13 dernières années est évaluée à 40%. Chiffre à rapprocher de la croissance démographique sur la même période, 17%, un milliard d’êtres humains en plus. En Chine, pays dont le PIB augmente à peu près de 10% par an, la population n’augmente que de 1% par an. Un rapport de 1 à 10. La pression sur l’environnement et les ressources ne dépend pas que du nombre d’humains, mais aussi et bien plus de leur Consommation « par tête ». Celle-ci évolue rapidement, dans les pays développés et surtout dans les pays émergents. La croissance démographique est marquée par une Forte inertie. Les changements d’attitude face à la composition des familles sont lents, mais partout dans le monde on observe qu’ils accompagnent la « modernisation » des sociétés, l’augmentation du niveau de vie, l’amélioration du Statut des femmes, les progrès de la scolarisation, le « développement humain » pour résumer. Ce sont les pays les plus pauvres, essentiellement d’Afrique subsaharienne, qui ont le plus de mal à stabiliser leur situation démographique. On peut malgré tout espérer que leur développement prendra son essor dans les prochaines années, avec les effets attendus sur leur population. L’action Politique peut accélérer la stabilisation démographique mondiale, et les Perspectives pour ce siècle sont établies par les experts de l’ONU et des institutions spécialisées. Prenons-les comme une donnée, pour rechercher le nécessaire équilibre entre les ressources disponibles et les besoins humains. La question de la population mondiale reste un facteur important, les nouveaux venus étant destinés à consommer plus que leurs parents dans la plupart des pays. Mais l’Avenir repose essentiellement sur les modes de vie, et par suite des modes de production et de consommation. L’efficacité dans l’usage des ressources primaires, nos modalités de prélèvement de ces ressources, notre capacité à faciliter leur Usage renouvellement, sont des paramètres au moins aussi importants que le nombre d’humains. Le développement durable est la recherche de ces modes de vie plus performants dans l’utilisation des ressources, mais aussi moins exigeant de biens matériels. Des vies où l’émotion viendra plus de la Qualité des relations humaines, de la créativité des sociétés, d’une Intensité d’ordre culturel, que de l’accumulation de produits à la vie souvent éphémères. Un pari sur l’Homme.
Chronique mise en ligne le 4 décembre 2011
|
|
Mise à jour le Lundi, 05 Décembre 2011 07:27 |
|
Développement durable -
Politique
|
|
Écrit par Dominique Bidou
|
|
Dimanche, 23 Janvier 2011 17:54 |
|
Changer d'époque, de mode de vie et de façon de penser,voilà une épreuve redoutable. Un peu plus tard, Monsieur le bourreau ! Tout est bon pour rejeter les porteurs de progrès, notamment les épouvantails habilement manoeuvrés.
Il y a des épouvantails bien Utiles pour écarter toute idée nouvelle. Des groupes ou des idées que l’on agite pour justifier différentes mesures contraignantes. Les spectres du désordre, du racisme, de l’intégrisme sont utilisés chaque jour pour verrouiller encore un peu plus la société. Dommage, au moment où il faudrait à l’inverse favoriser sa créativité pour relever les Défis de ce siècle. Et en plus, comme ça ne sert pas à grand-chose, les problèmes demeurent, et les véritables solutions restent bloquées. Le développement durable est ainsi freiné par des épouvantails. Il faut les remettre à leur juste place, et les affronter avec sérieux. L’Islamisme radical est un bel exemple des ces épouvantails. Il est le Prétexte à de nombreuses restrictions de liberté, y compris dans des pays réputés démocratiques comme on a pu le voir aux Etats Unis après le 11 septembre 2001. Il a aussi justifié le soutien sans faille à des régimes autoritaires. Il fallait bien constituer des remparts face à ces dangers. La solution qui consiste à créer des barrages pour endiguer un flux ne sert que si l’on s’attaque par ailleurs audit flux, et que l’on parvient à le réduire progressivement. Le barrage ne suffit pas, il ne peut durablement tenir lieu de Politique. Maintenu, le flux finit par saper les bases du barrage, sans parler d’une conjoncture particulière, crise alimentaire par exemple, qui accentue la pression et finit par faire sauter les Ouvrages les plus résistants. Vivre à l’abri d’un barrage est toujours dangereux. Une illusion de sécurité endort vite les populations. Les Précautions s’oublient, les contrôles se font plus lâches, le Coût de la vigilance apparait trop élevé et les moyens s’étiolent. L’abri devient un élément de vulnérabilité, au lieu d’être une protection. C’est le contraire du développement durable. Cela est vrai de barrages Physiques, comme les digues qui se rompent un jour, ou une Nuit, où les éléments se déchainent tous ensemble. Cela est vrai aussi des barrages institutionnels, qui volent en éclat quand la crise s’étend. En écologie comme dans la vie sociale, les barrages font souvent des dégâts. Les milieux sont artificialisés, appauvris. Dans le champ politique, le barrage est érigé par les Lois électorales. L’épouvantail du désordre ou celui du fascisme ont ainsi justifié un rétrécissement de la vie politique. Les modes de scrutin ont été choisis pour éliminer les gêneurs. Certains ont disparu de la société, avec leur Capital de créativité, d’autres sont restés, plutôt ceux qui se fondent sur des Valeurs de refus, de repli, qui perdurent plus facilement que les valeurs de créativité et d’ouverture. C’est comme les insecticides en Agriculture, ils tuent les « mauvais » insectes comme les bons, les prédateurs comme les auxiliaires des cultures. En Tunisie, l’épouvantail de l’islamisme a lontemps permis d’éliminer les partis démocratiques, alors que justement ils portent les valeurs du renouveau propre à résister à l’extrémisme religieux. Celui-ci prospère le plus souvent sur fond de crise sociale ou sociétale, il offre le recours au sacré pour résister au totalitarisme : un totalitarisme peut en cacher un autre, comme on l’a vu en Iran après la chute du Shah. Heureusement pour la Tunisie, les mouvements démocratiques ont pu survivre sur place ou en exil. Espérons que les soubresauts qui accompagnent inévitablement la chute des dictatures n’ouvriront pas un boulevard à d’autres velléités totalitaires. En France, c’est l’Extrême droite qui justifie des lois qui tiennent à l’écart les formations politiques minoritaires. Victoire formelle des grands partis, mais trompeuse et doublement néfaste. D’une part parce qu’une réponse institutionnelle pourrait laisser penser que la question ne se pose plus, et dispenser d’une approche sur le fond. D’autre part par ce que sont éliminés - ou asservis - du même coup les groupes indépendants, ceux qui apportent à la vie politique sa créativité et ses capacités de renouveau. Les Mouvements innovants, non englués dans les Systèmes de pensée hérités d’une autre époque, sont marginalisés et tenus à l’écart des institutions. Les grandes formations sont par nature conservatrices, avec leurs caciques qui contrôlent les rouages, et leur position dominante à défendre. La créativité les gêne, elle ébranle les certitudes, les positions traditionnelles. Elle pourrait déranger leurs électeurs. Le mode de scrutin majoritaire protège les forts, il crée un état d’esprit défensif, refermé sur de vieilles structures de pensée. L’appauvrissement de la vie politique qui en résulte, la sclérose, au lieu de repousser la montée des extrêmes, la favorise en leur donnant l’argument de l’immobilisme et de la fermeture du « microcosme ». Quand ils quittent les champs, les épouvantails de tous poils sont des instruments de repli sur soi et de conservatisme. Le développement durable est la création d’un monde nouveau, qui ne peut s’imaginer sans la plus grande liberté de pensée, et de penser à plusieurs.
Chronique mise en ligne le 23 janvier 2011
|
|
Mise à jour le Lundi, 14 Février 2011 15:23 |
|