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Un mot, un mot courant, de la vie de tous les jours, et une approche du développement durable, inspirée par ce mot. Tel est le principe de ce blog pour mieux comprendre la richesse de cette expression, née il y a plus de 20 ans et toujours mal connue.
Bienvenue sur ce site du développement durable, où vous trouverez avec 400 mots (complétés et mis à jour régulièrement) autant de portes d’entrées dans l’univers du développement durable.
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Vous y trouverez aussi des billets d’actualité, des liens vers des partenaires, une présentation des livres, des rapports et des articles que j’ai publiés sur le développement durable, avec notamment les dernières chroniques parues sur des blogs partenaires, et toutes les indications utiles sur ma société Dominique Bidou Développement durable, DBDD.
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Dominique Bidou |
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Écrit par Dominique Bidou
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Dimanche, 29 Novembre 2009 20:36 |
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Comme chacun sait, le silence peut être pesant. L’absence totale de bruits, de sons de toutes natures, est aussi redoutable que le vacarme, à ceci près qu’il ne laisse pas de séquelles physique irréversibles. Le silence aussi, qui parfois fait le plus grand bien, doit être consommé avec modération. Les bruits sont des signaux, ils nous informent, ils nous donnent des repères, et comme toujours c’est l’excès de bruit, ou le désordre qui empêche de reconnaître le Paysage sonore, qu’il faut éliminer. Nous avons vu les ravages que les tondeuses à gazon provoquent, à la fois pour le bruit et la pollution de l’air, et le choix du Grand Lyon de confier la tonte de certains parcs à des Moutons. Les soufflettes, instruments barbares pour pousser les feuilles tombées, sont maintenant souvent abandonnées au profit du bon vieux balai, également pour cause de bruit et de pollution de l’air. On voit aussi des chevaux revenir en ville, pour des travaux d’entretien ou l’enlèvement des déchets, toujours pour les mêmes raisons. Et maintenant, revoilà le faucheur. C’est à Lausanne que ça se passe. Les talus de la ville seront dorénavant passés à la faux, et non plus au débroussailleur. 40 jardiniers municipaux volontaires ont été formés cet été, et ont été armés d’une faux à leur main. Une étape de plus vers la gestion écologique des pelouses, amorcée à Lausanne dès 1991. Les gazons entretenus ras dans les années 1970 sont aujourd’hui des prairies fleuries, avec orchidées et papillons. Après la protection de la biodiversité, c’est le tour du paysage sonore.
A Montréal, un étudiant en électroacoustique au département de musique de l’Université Concordia a eu l’idée, avec son frère, de dresser une cartographie sonore de Montréal(http://cessa.music.concordia.ca/soundmap/fr/) . Du parc Lafontaine à la rue Sainte-Catherine, en passant par le canal Lachine et la gare Bonaventure, chaque quartier a sa propre marque sonore, variant au fil des heures, des mois et des saisons. Le résultat est une carte sonore interactive où chacun peut apporter des sons, ou les télécharger pour les exploiter. Les séquences sonores produisent des spectrogrammes colorés directement lisibles sur la carte de la ville. Plus les couleurs sont vives, plus la fréquence est haute et plus le son est fort. En un seul clic, l’image sonore dévoile le rythme et l’intensité de l’échantillon sonore.
Autre initiative à Montréal, toujours pour redonner du sens à l’Ecoute dans la ville. La journée « en ville sans ma voiture », le 22 septembre dernier, a permis à une coopérative d’artistes Audiotopie (www.audiotopie.org ) de faire découvrir les bruits de la ville sans les voitures. L’objectif est de mettre en évidence les gains que le promeneur trouve à la disparition d’un bruit permanent et sans intérêt, qui masque les bruits témoins de la vie courante, et les émotions qui vont avec. Un audio guide est proposé aux promeneurs qui découvrent en déambulant le paysage sonore de leur ville sans voitures.
Plus que le silence, le calme est une qualité à rechercher. Il reste à le définir, ce qui n’est pas chose aisée. L’Union européenne a officialisé le concept de « zone calme », dans sa directive « sur l’évaluation et la gestion du bruit dans l’environnement », du 25 juin 2002. Transposée dans le code français de l’environnement (article L. 572-6), ce sont « des espaces extérieurs remarquables par leur faible exposition au bruit, dans lesquels l’autorité qui établit le plan souhaite maîtriser l’évolution de cette exposition compte tenu des activités humaines pratiquées ou prévues ». Une définition qui laisse de la marge d’appréciation. Plusieurs initiatives ont été prises, en Europe, à Florence, Oslo, Stockholm, Bristol, Hambourg, et en France, à Paris, Rennes, Strasbourg. Des enquêtes ont été menées pour appréhender l’attente du public. Les acousticiens étaient partis sur des mesures de niveaux sonores, en croisant différents indicateurs. Ils avaient bien du mal à se mettre d’accord. L’opinion du public enrichit sensiblement l’approche. Il ne s’agit pas que de décibels, mais aussi de qualités plus générales, relevant de l’environnement au sens large, physique et sociologique. Au-delà des caractéristiques physiques des lieux, nous sommes dans un domaine culturel. Etre au calme, c’est disposer à côté de chez soi d’espaces agréables au sens général, paysage, accès à la nature, présence de l’eau, etc. Tous les sens sont au rendez-vous, l’ouïe, bien sûr, mais aussi la vue et les odeurs, sans oublier la liberté de mouvement. Une exigence exclusivement acoustique accouche dans les faits d’une approche de qualité globale des espaces. On ne distingue pas les différentes dimensions, on en a une perception intégrée. Nul doute que le spectacle du faucheur en action participe autant au calme que l’absence de bruit de son geste. Les décibels émis par les sabots des chevaux sur les pavés troublent moins le calme que le passage d’une benne électrique à ordures, malgré ce que peut en dire le sonomètre. Le développement durable est bien la conjugaison des dimensions de la vie, certaines physiques et d’autres culturelles. Une exigence affirmée dans un domaine retentit sur tous les autres. Elle révèle une attente large, comme le concept de calme débouche sur une qualité totale. Tous les chemins mènent au développement durable, pour peu que l’on abandonne ses œillères.
NB. Pour plus d’informations sur les zones calmes, on pourra se reporter à l’article de Guillaume Faburel et Nathalie Gourlot « Un référentiel national pour définir et créer des zones calmes en vile », dans le numéro de juin 2009 d’Echo Bruit. On pourra aussi participer à la conférence internationale sur le sujet organisée le 12 février prochain par la Ville de Paris, le CIDB (centre d’information et de documentation sur le briut) et Bruitparif (renseignements :
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Mise à jour le Dimanche, 29 Novembre 2009 21:37 |
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Écrit par Dominique Bidou
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Dimanche, 29 Novembre 2009 00:00 |
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Sur ce point, je ne ferais pas référence à Georges Brassens chantant le célèbre poème de Louis Aragon « il n’y a pas d’amour heureux », que certains ont vite fait de transposer en « il n’y a pas de développement heureux ». Je serais plutôt enclin à suivre le joyeux standard américain « This can’t be love because I feel so well », à transposer pour le développement durable. Un développement sans tristesse ni regret, où l’on se sent si bien !
La musique offre une merveilleuse illustration de ce que peut être le développement durable.
Tout d’abord, une immense variété de genres, baroque, classique, jazz, rap, orientale, celtique, latin, sacré, guerrier, dansant, etc. chacun avec leurs spécificités et leur public, leur histoire : ils ne sont pas concurrents, mais complémentaires ; ils se conjuguent et se fécondent mutuellement, ils composent un Paysage riche et diversifié. Ensuite, les mêmes ingrédients, les notes, peuvent être exploités à l’infini, un thème très simple donnant lieu à de multiples variations. Elle évolue en permanence, se recycle, traduisant ainsi l’évolution de nos sociétés, leur sensibilité, leurs angoisses, leurs sonorités, leurs techniques. Les Talent s individuels sont intégrés dans une œuvre collective, où se conjuguent ceux du compositeur, des interprètes, des luthiers et autres facteurs d’instruments de musique, sans oublier les techniciens qui prennent le son et le transmettent. Chaque interprétation de la même œuvre est différente, la création est permanente, avec ses succès et ses ratés. La création est collective, et chacun doit jouer son rôle, même s’il y les chefs d’orchestre, des solistes, des arrangeurs, comme les musiciens d’orchestre et les choristes.
La musique crée de la richesse, à la mesure des émotions qu’elle procure (voir Clameur), sans prélever de ressources naturelles. Elle contribue à dématérialiser l’économie, et offre des débouchés à une croissance qui ne sait plus dans quelle direction progresser. Elle n’en est pas moins gratuite, car ne semble pas répondre à des nécessités vitales, comme le manger et le boire, ou encore le logement et la santé. Mais l’émotion artistique ne constitue-t-elle pas un véritable besoin fondamental pour l’équilibre de nos sociétés ? L’homme des cavernes, pourtant en situation bien précaire au fond de sa grotte, éprouvait le besoin d’expression artistique, et ce n’est pas au moment de l’inauguration du musée des arts premiers que l’on va contester cette puissante attraction pour ces créations dont la valeur est avant tout sociale, et non matérielle. Enfin, elle peut constituer un « ascenseur social » très efficace pour ceux qui ont un peu de chance en plus de leur talent.
Ces qualités ne sont pas propres à la musique, elles se trouvent dans la plupart des activités artistiques. La fabrication de biens matériels étant de plus en plus efficace, comme nous l’avons vu par exemple à propos du mot Productivité, la fabrication d’émotions et de valeurs sociales, activité aussi vieille que le monde, est appelée à se développer au-delà de ce qu’elle n’a jamais été. Cette activité n’est pas totalement immatérielle, il faut du cuivre et de l’électronique, sans parler de l’ivoire des touches de piano. Il faut des déplacements, des salles de concert, des affiches dans les rues, mais tout ça reste modeste par rapport aux flux financiers et à la valeur créée. Il ne faut par pour autant négliger l’impact de la fabrication et de la destruction finale, non pas d’un stradivarius, formidable source d’immatérialités, mais des multiples appareils électroniques, baladeurs et autres chaînes dont il ne faut surtout pas oublier de recycler les composants, au terme d’une vie souvent bien courte.
L’art et la musique ne sont pas des activités secondaires, périphériques dans des sociétés matérialistes que l’on a tendance à décrire avec complaisance. Ils constituent une dimension incontournable du développement durable. Ils fournissent des modèles de développement, des occasions de croissance formelle sans impact sur l’environnement et les ressources. Certains ont voulu ajouter la diversité culturelle aux trois « piliers » du développement durable. L’art et la musique peuvent être déclinés dans chacun des autres piliers, environnement, économie et social, comme il a été esquissé dans ce billet. Et c’est peut-être mieux ainsi, car cela permet d’y instiller aussi du talent et de la sensibilité, indispensables pour stimuler la création technique et le progrès social.
Chronique revue le 29 novembre 2008. Première édition le 25 juilet 2006
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Mise à jour le Dimanche, 29 Novembre 2009 21:19 |
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Écrit par Dominique Bidou
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Dimanche, 29 Novembre 2009 00:00 |
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Ce terme peut vous rappeler vos vacances, si vous êtes marin. L’écoute vous permet de tenir la Voile, et ainsi de sentir ses réactions et de comprendre la force et les orientations des Vents. L’écoute vous aide à capter au mieux les flux d’énergie qui passent sur votre bateau, énergie gratuite mais irrégulière. L’écoute n’est pas qu’un cordage, un bout de ficelle ordinaire, mais une attitude d’éveil aux signaux, un instrument d’appréhension d’une réalité complexe, de phénomènes à la fois utiles et indomptés. Les forces de la nature sont généreuses, puissantes, mais elles restent sauvages, et il faut apprendre à les comprendre si l’on veut en tirer profit. Il faut pour cela un véritable savoir faire, acquis par l’expérience, l’apprentissage, l’étude, avec une bonne dose de patience et de modestie. C’est sans doute parce que ça dure trop longtemps que les forces artificielles, fabriquées de la main de l’Homme et par suite maîtrisée en principe, sont souvent préférées à celles que la nature nous propose. Une bonne chaudière, à charbon hier, ou au pétrole aujourd’hui, c’est quand même plus performant que d’attendre que le vent veuille bien se lever. Peut-être, mais à quel Prix ? Financier et environnemental. Nous voyons aujourd’hui les limites du recours systématique aux énergies fossiles, et l’intérêt qu’il y a à les combiner avec d’autres, moins régulières mais gratuites à tous égards.
L’écoute, c’est l’attention portée aux éléments, mais aussi aux autres. Il ne s’agit pas ici de Morale, mais d’une simple recherche d’efficacité. Les défis à relever sont tels qu’il serait bien illusoire de croire qu’une personne ou qu’un groupe pourrait trouver la solution à soi tout seul. Il faut combiner des énergies, des compétences, des ambitions. Il faut s’intéresser aux autres, comprendre leurs sensibilités, les forces qui les animent, pour construire des collaborations, pour créer des partenariats qui permette à chaque partie de gagner plus que ce qu’elle aurait gagné toute seule. Cette écoute est en quelque sorte une marque de respect, mais aussi l’affirmation d’un sentiment d’ouverture, d’attente de contributions nouvelles, de recherche d’avancées dans des terres inconnues. C’est le contraire d’une approche personnelle, perso comme on dit au football, où un partenaire impose aux autres sa propre vision, sans égards pour les apports qu’il aurait pu recueillir. C’est le modèle de la solution Unique, impérialiste, assénée par les experts qui n’ont ni le temps ni la patience d’écouter. Ce n’est pas comme ça que l’on innove, que l’on s’adapte à des contextes variés, mais c’est souvent comme ça que des groupes dominants fonctionnent.
L’écoute est parfois considérée comme dégradante, c’est admettre que l’on n’est pas le plus fort. C’est le cas de ceux qui font du bruit, qui expriment bien haut leur opinion. A défaut de convaincre, sachons intimider. Plus on écoute, moins on fait de bruit, est-il rappelé dans une brochure sur l’éveil à l’environnement sonore.
Ca vaut bien sûr pour le bruit physique, dans l’acoustique, mais il semble bien que cette phrase puisse être étendue à bien d’autres domaines. Plus on éclaire, moins on voit, vous diront les astronomes qui tente d’observer les étoiles. L’écoute permet de mieux comprendre, d’entrer en harmonie avec d’autres personnes ou des phénomènes physiques, et de s’en enrichir, au contraire du bruit qui s’impose autour de lui, masque les nuances, et ferme les esprits. Le développement durable est un pari sur l’intelligence. Il a besoin de la matière grise, de l’habilité des humains pour pousser les murs, pour répondre à un besoin de développement indéfini, dans un monde fini. La bonne gouvernance est l’art de mobiliser cette intelligence, et l’écoute figure sans conteste parmi ses instruments privilégiés.
Chronique revue le 29 novembre 2009. Première publication le 9 octobre 2008
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Mise à jour le Dimanche, 29 Novembre 2009 21:32 |
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