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Hervé le Bras Le Pommier, cité des sciences et de l’industrie, 2009

Un petit livre bien instructif, et facile à lire, ça fait beaucoup de qualités. Un ouvrage de référence, où le développement durable est très présent, à travers l’analyse de la pensée et des théories sur le concept de population mondiale. Concept moins évident qu’il n’y parait, tant sont grands les écarts entre groupes sociaux, entre cultures, entre modes de vie. Un concept qui a mis du temps à émerger, car il suppose la vision d’une humanité universelle, où les hommes sont égaux, où l’on puisse faire des comptes, des additions, où l’on puisse mesurer des progressions. Longtemps, la division entre classes et catégories sociales ont empêché cette approche, qui n’est apparue qu’au milieu du XVIIe siècle, en Angleterre. Comment mélanger les propriétaires terriens et les prolétaires ? L’essai d’arithmétique politique de William Petty qui tente cette première approche de la population mondiale est une étape marquante dans une histoire riche en rebondissements, où il apparaît clairement que le concept même et les instruments de mesure qu’il suscite sont de haute portée idéologique, et par suite politique. Les développements en sont encore très présents dans les interventions soutenues par les organisations internationales et de grandes fondations américaines pour maîtriser l’évolution de la population mondiale. La relation aux ressources, au niveau de développement et d’éducation, au chômage, à l’économie en général sont omniprésentes dans ces théories, pour lesquelles le concept de population est souvent un argument bien opportun, pas toujours très scientifique. Un livre que l’on pourrait qualifier de salutaire, tant il fait bien le ménage dans la pensée sur les questions de population, trop souvent détournée, benoitement conventionnelle et surexploitée .
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